La Russie et les va-t-en-guerre occidentaux : la « menace russe » une affirmation aussi extravagante que le « péril rouge » lors de la « guerre froide »… par Louis SAISI

La Russie et les va-t-en-guerre occidentaux : la « menace russe », une affirmation aussi extravagante que le « péril rouge » lors de la « guerre froide »…

par Louis SAISI

SOMMAIRE

Introduction

I/ De l’identification du péril

A/ La communauté d’appartenance à l’OTAN

B/ Les promesses de l’association de la RUSSIE à l’OTAN (1997-2014) et le double jeu de l’OTAN

II/ Qui veut la paix en Europe ? Les tensions entre la Russie et l’OTAN entre 1997 et 2014 résultant du double jeu de l’OTAN

A/ L’OTAN et la guerre du Kosovo (1998-1999)

B/ La fin des relations OTAN/RUSSIE

1/ L’extension de l’OTAN à l’Est

– L’extension de l’OTAN à l’Est : une promesse d’abstention non tenue

2/ La remise en cause d’une doctrine de la sécurité partagée par les USA et l’URSS depuis 1962 : la fin de la doctrine des fusées de Cuba : une alliance politique et militaire ne doit pas devenir une menace pour la sécurité d’un État tiers (octobre 1962)

2.1/ La crise des missiles de Cuba

2.2/ Les éléments du casus belli

2.3/ La résolution du conflit avec ses obligations réciproques pour les deux parties

3/ La remise en cause de cette doctrine KENNEDY-KHROUCHTCHEV de la sécurité des « 2 Grands » respectée jusqu’à la fin de la « guerre froide » et même jusqu’à 1997

CONCLUSIONS (1, 2, 3)

———

Par ces temps d’obscurantisme, sachons raison garder…

Le 18 novembre 2025, lors du Congrès des maires de France, le général Fabien MANDON, Chef d’État-major des armées françaises, avec des accents dramatiques guerriers, a évoqué notre sécurité nationale et, en vue de la préparation de la France à un éventuel conflit armé avec la Russie, il n’a pas hésité à affirmer que notre pays devait être prêt à faire des sacrifices tant économiques qu’humains pour se défendre, avertissant même nos concitoyens qu’ils devaient être prêts à perdre leurs enfants pour protéger nos intérêts…

Ci-dessous, le général Fabien MANDON, Chef d’État-Major de nos armées dans son discours du 18 novembre 2025 devant les Maires de France 

On peut s’étonner d’une telle initiative qui, si elle a été parfois à juste titre contestée, ne l’a néanmoins pas été sous l’angle qui nous paraît ici essentiel.

En effet, en principe, dans une République, les militaires étant subordonnés à l’autorité du pouvoir civil, les chefs militaires – y compris les chefs d’État-major – ne sont pas habilités à faire des déclarations publiques politiques (car ce n’est pas leur métier) – surtout aussi fracassantes – désignant directement à l’opinion un ennemi précis et en appelant aux citoyens pour leur demander du sang et des larmes…

Et le fait que le propos du Chef d’État-major ait été validé et « couvert », postérieurement à ses déclarations tonitruantes, par le président Emmanuel MACRON ne change rien à cette règle fondamentale relative au bon fonctionnement de notre République. Cela est valable de manière permanente même lorsque les militaires ne défiant pas l’autorité civile sont en accord avec elle, car cela ne les autorise pas à parler à sa place… Et il ne saurait y avoir une absolution présidentielle en l’occurrence. Chacun à sa place, et cela entre dans le respect de la séparation des pouvoirs civils et militaires qui dépasse la fonction du Chef de l’État.

Notre Chef de l’État lui-même – troquant de plus en plus, dans sa pratique solitaire du pouvoir, ses habits civils pour son képi de chef des armées [1] -, à la suite de la guerre russo-ukrainienne, ne cesse de répéter à satiété, que nous serions nous-mêmes très exposés à une menace russe contre notre intégrité territoriale et notre liberté. C’est donc par rapport à ce contexte et ses discours antérieurs qu’il faut replacer son discours du 27 novembre 2025, à VARCES-ALLIERES-et-RISSET (Isère) dans laquelle, toujours aussi « va-t-en-guerre », Emmanuel MACRON, considérant notre patrie en danger devant « la menace », a cru devoir faire appel, à son tour, sinon à une levée en masse [2], comme aux heures glorieuses de notre Révolution, au moins à une nouvelle forme de mobilisation non contraignante de notre jeunesse, lors de son annonce d’un service national, volontaire et purement militaire de dix mois, qui débuterait à l’été 2026 [3]. 

Sur le fond du propos, c’est aussi grave, car nos dirigeants civils et leurs affidés militaires – Chef d’État-major [4] mais aussi de nombreux généraux en retraite défilant sur les plateaux radio et télé avec leurs savoirs martiaux qui ne sont pas forcément toujours des savoirs géopolitiques avisés – s’efforcent d’accréditer, dans l’esprit de nos concitoyens, l’imminence d’une guerre préparée par la RUSSIE contre certains États européens (mais lesquels ?), voire pis, contre l’Europe entière…

Devant l’épouvantail russe régulièrement agité, la classe politique, quant à elle, pratique « l’union sacrée » (regroupant la droite libérale macroniste, le Rassemblement national, l’Union des droites pour la République d’Eric Ciotti, la Droite républicaine, les indépendants de LIOT et, à gauche, le Parti socialiste)  comme l’a montré son vote, à l’Assemblée nationale, du 10 décembre 2025, adoptant le principe de la hausse prévue par le Gouvernement de 6,7 milliards d’euros des crédits des armées en 2026, avec 411 voix pour et 88 contre, et 22 abstentions [5].

La France insoumise et les Communistes (du groupe de la Gauche démocrate et républicaine de l’Assemblée nationale) ont voté contre, et les écologistes se sont majoritairement, assez curieusement, abstenus [6].

C’est ce détestable climat de guerre anti-russe que reflète implicitement ce vote d’adhésion à l’Assemblée nationale. Il a été instauré initialement par le Chef de l’Etat puis s’est répandu et installé sur la scène publique, de manière de plus en plus pesante, comme si une « guerre » contre la RUSSIE était devenue inévitable, voire imminente, et surtout rigoureusement avérée et crédible, sachant que cette hystérie collective, entretenue de manière malsaine par nos gouvernants actuels avec l’actif concours du monde médiatique, favorise, en France et en Europe, l’accroissement des budgets militaires avec l’équipement, qui va avec, en armes de combat de plus en plus sophistiquées (drones et autres dernières trouvailles guerrières) et puissamment meurtrières …

Si, nous, citoyens, nous baissons les bras et laissons faire, l’industrie de l’armement a de beaux jours devant elle, pour les 10 à 15 années qui viennent…

Or, comme on le sait, la course aux armements qui précéda la Première Guerre mondiale – notamment entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne – qui fut alimentée par la volonté de la Grande-Bretagne de protéger son empire, celle de l’Allemagne de construire un empire ainsi que par un climat général de méfiance entre les grandes puissances – conduisit à la formation de deux blocs d’alliances opposés qui s’affrontèrent dans la triste et terrible conflagration générale faisant de l’Europe, entre 1914 et 1918, un vaste champ de morts et de ruines…

Certes, la course aux armements n’était pas la seule ni même la principale raison pour laquelle la guerre éclata en Europe en 1914, mais elle fut très certainement l’une des nombreuses causes de la Première Guerre mondiale car à vouloir s’armer de manière obsessionnelle en fabriquant ou achetant des armes de destruction, l’on finit toujours par s’en servir… Si l’on veut la paix, on prépare la paix et non la guerre… Et notre jeunesse, comme ses aînés, aspire avant tout à la paix…

L’on se retrouve à nouveau aujourd’hui, comme entre 1992-1999, lors de l’éclatement de l’ex-YOUGOSLAVIE, face au “complexe militaro-médiatique” occidental dénoncé justement, à l’époque, par le journaliste David MATHIEU [7], à propos de la guerre du KOSOVO.

And last but not least, les journaux de presse – version papier ou en ligne -, les radios où sévissent de pseudo-« informés » (le plus souvent plutôt déformés, comme sur franceinfo supposée être encore une radio du service public), les « plateaux-télé », avec leurs fausses tables rondes d’invités, d’accord sur tout, sont tous à l’unisson pour parler d’une telle « menace russe », sans aucune distance critique, la considérant comme une évidence narrative…

L’on pourrait reprendre, aujourd’hui, ce que disait déjà Régis DEBRAY, en 1999, à propos de la guerre du KOSOVO, dans laquelle il releva que les médias, à quelques rares exceptions près, avaient alors fonctionné comme le « journal unique d’une pensée unique. » [8]

Quant à l’OTAN, comme nous l’avons montré dans notre article sur cette organisation publié sur notre site le 27 juin 2022, si elle n’en est pas à sa première intervention en Europe – aujourd’hui certes non offensive mais directe – et bien qu’elle soit seulement pourvoyeuse d’armes de guerre au profit de l’Ukraine, elle n’en participe pas moins à une forme d’alliance guerrière dirigée contre l’un des belligérants, en l’occurrence la RUSSIE.

Rappelons que depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN est en effet déjà intervenue deux fois en Europe à l’occasion de l’éclatement de l’ancienne fédération des Républiques de YOUGOSLAVIE.

La première fois, en septembre 1992, ce fut à la suite de l’indépendance de la BOSNIE-HERZEGOVINE, qui engendra la guerre dans cette région, de 1992 à 1995, mettant aux prises les bosniaques de cette République aux entités autoproclamées serbe et croate de BOSNIE, soutenues respectivement par la SERBIE et la CROATIE, qui cherchaient à diviser la BOSNIE, ce qui se traduisit par une intervention de l’OTAN procédant à une campagne de bombardements aériens qui se déroula entre le 30 août et le 20 septembre 1995. Elle visa les positions militaires de l’Armée de la république serbe de Bosnie dans le but de l’affaiblir.

La seconde fois, ce fut lors de la guerre du KOSOVO, autre guerre de YOUGOSLAVIE, qui se déroula du 6 mars 1998 au 10 juin 1999, avec, à nouveau, l’intervention de l’OTAN au moyen d’une campagne de bombardements aériens, à partir du 24 mars 1999, contre les serbes [9].

Dans ces deux situations, qu’il nous soit permis de rappeler qu’aucun des États membres de l’OTAN [10] n’avait été agressé, et l’intervention de l’organisation atlantique, en principe défensive, se fit en dehors de l’article 5 du Traité. Elle n’était donc pas conforme à la nature défensive de cette organisation.

I/ De l’identification du péril

S’agissant de l’identification du péril, l’Histoire bégaie parfois…

En 1949, c’était le « péril communiste » – invoquée par les occidentaux – qui avait été mis en avant pour justifier l’OTAN, mais il ne peut plus, aujourd’hui, être invoqué car, si tant est qu’il ait jamais existé, il a disparu depuis les années 1990-1991, avec l’implosion de l’ex-URSS. Cette donne géopolitique nouvelle aurait donc dû normalement entraîner la dissolution de l’organisation militaire atlantique, mais assez paradoxalement, l’OTAN lui a survécu, le péril russe ayant pris la suite du péril soviétique

Aujourd’hui, comme en 1949, ce « péril » – devenu « RUSSE » – est-il vraiment aux portes de l’Europe composée par les États membres de l’Union européenne ?

Sous cet angle, l’expérience et la réflexion du général Jean VALLUY sont éclairantes [11]. En effet, en juin 1952, il entama une carrière interalliée comme adjoint du général américain GRUENTHER au SHAPE [12]. Il succéda ensuite au général Paul ÉLY comme représentant de la France au groupe permanent de l’OTAN à Washington en 1953. Après avoir été promu général d’armée le 1er novembre 1955, il fut nommé, en octobre 1956, Commandant en Chef Centre-Europe (CINCCENT) et prit le Commandement des Forces alliées en Centre-Europe (AFCENT) de l’OTAN, alors à Fontainebleau, où il remplaça, à ce poste, le maréchal Alphonse JUIN, de 1956 à 1960.

Quelques années plus tard, en 1963, il s’interrogeait sur la pertinence de la création de l’OTAN. Le fil conducteur de sa réflexion était le suivant : « Ce qui est ainsi indirectement posé c’est le problème déterminant du péril communiste, son ampleur, son acuité qui ont été à la source de la naissance et de la croissance de l’OTAN. Il importe d’en refaire un examen clinique complet sans braquer le radioscope sur un seul organe. » [13]

A/ La communauté d’appartenance à l’OTAN

Une certaine communauté d’appartenance à l’OTAN – constituée par les américains et l’Union européenne [14], laquelle compte, en commun avec l’organisation atlantique militaire, 23 membres [15] – fait dire aujourd’hui aux alliés du pacte atlantique militaire que la RUSSIE menacerait l’Europe depuis qu’elle a envahi – incontestablement au mépris de la souveraineté d’un État et du droit international – une partie de l’UKRAINE. Les alliés du Pacte atlantique omettent néanmoins la raison invoquée par la RUSSIE, à savoir la nécessité impérieuse et vitale, pour elle, de garantir la sécurité de ses frontières, suite à l’expansion de l’OTAN à l’Est qui a intégré, entre 1997 et 2020, 11 Etats d’Europe centrale et orientale ainsi que les trois États baltes, sans parler, en 2023 et 2024, respectivement de la FINLANDE et de la SUÈDE qui viennent ainsi de sortir de leur neutralité historique.

Ainsi par rapport à leurs 16 États membres des années 1949-1982 (12 + 4), le nombre des États membres de l’OTAN a doublé, ayant été porté à 32 aujourd’hui, depuis la fin de la guerre froide…

Pourtant, dès 1991, les contacts et la coopération officiels entre la RUSSIE et l’OTAN avaient démarré sous de bons auspices, dans le cadre du Conseil de coopération nord-atlantique (renommé plus tard Conseil de partenariat euro-atlantique). Ils furent approfondis par l’adhésion de la Russie au programme du Partenariat pour la paix le 22 juin 1994.

Le mouvement naturel d’un tel rapprochement aurait dû conduire normalement à l’intégration de la RUSSIE dans l’OTAN, ce qui aurait donné naissance à une nouvelle configuration de l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural [16], conformément à la célèbre formule chère au général DE GAULLE qui contestait la division Est-Ouest, et qui fut lui-même l’artisan de l’ouverture de la France à l’Est, à partir de 1966.

Ci-dessous, le général de GAULLE à Moscou, du 20 au 22 juin 1966, avec les dirigeants soviétiques. Le président français parcourt des milliers de kilomètres, prononce plus de trente déclarations publiques et s’entretient sans relâche avec les dirigeants soviétiques de chacune des régions visitées. Partout, l’accueil est amical et chaleureux. Le voyage se poursuit en Sibérie, puis passe par Léningrad (Saint-Pétersbourg), Kiev et Volgograd

Comme le souligne l’éminent professeur de science politique Edmond JOUVE, auteur lui-même de l’ouvrage Le Général de Gaulle et la construction de l’Europe (Ed. LGDJ, 1967, 2 vol.), le général DE GAULLE séjourna lui-même longuement en Union soviétique, du 20 juin au 1er juillet 1966. À l’issue de sa visite, le chef d’État français tira ainsi les conclusions de son voyage :

« Si la France et l’Union soviétique, chacune de son côté, ont ce qu’il leur faut pour vivre, il est clair, qu’en s’aidant l’une et l’autre, elles ont à gagner beaucoup. Il s’agit aussi de mettre en oeuvre successivement : la détente, l’entente et la coopération dans notre Europe tout entière, afin qu’elle se donne à elle-même sa propre sécurité après tant de combats, de ruines et de déchirements. Il s’agit, par-là, de faire en sorte que notre Ancien Continent, uni et non plus divisé, reprenne le rôle capital qui lui revient, pour l’équilibre, le progrès et la paix de l’univers. » [17]

B/ Les promesses de l’association de la RUSSIE à l’OTAN (1997-2014) et le double jeu de l’OTAN

Au départ, les relations entre l’alliance militaire OTAN et la Fédération de Russie avaient été établies en 1991 dans le cadre du « Conseil de partenariat euro-atlantique ».

Ci-dessus, CLINTON et ELTSINE à Naples, le 10 juillet 1994, en marge du G7, ont un entretien de 90 minutes, et prennent rendez-vous pour un sommet annoncé comme devant se tenir à Washington les 27 et 28 septembre 1994 pour donner une substance au concept de « nouveau partenariat » post-guerre froide entre les deux pays. Sur la photo, à l’arrière-plan, le Vésuve, est en sommeil…  L’éruption n’aura lieu qu’à Budapest, le 5 décembre 1994, lors du sommet de la CSCE où ELTSINE, devant la volte-face de CLINTON d’étendre l’OTAN aux pays d’Europe centrale et orientale, manifeste fermement son opposition et revendique que la sécurité de la RUSSIE soit prise en compte pour consolider l’unité européenne et pour que l’Europe se libère de « l’héritage de la guerre froide ».

En 1994, le président ELTSINE avait fait la proposition que l’entrée des pays d’Europe centrale et orientale dans l’OTAN soit subordonnée à l’entrée préalable de la RUSSIE dans l’organisation militaire atlantique.

C’est ainsi que voulant montrer la voie à suivre, en 1994, la RUSSIE adhéra au programme du « Partenariat pour la paix » et signa ensuite avec l’OTAN plusieurs accords de coopération importants.

Par ailleurs, l’Assemblée parlementaire de Strasbourg approuva, par 164 voix contre 35 et 15 abstentions, l’adhésion de la Russie au Conseil de l’Europe, qui fut effective le 1er mars 1996 [18). Le document approuvé par l’Assemblée parlementaire recommanda la ratification par Moscou de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales qui fut ratifiée par la loi fédérale no 54-FZ du 30 mars 1998 et entra en vigueur le 5 mai 1998. Par le même acte, la Russie admettait le droit de requête individuelle et la juridiction obligatoire de la Cour européenne des droits de l’homme [19].

En 2000, Vladimir POUTINE, proposa même, au président américain Bill CLINTON, l’idée d’une adhésion à l’OTAN de la RUSSIE, lors d’une visite à Moscou de celui-ci.

L’affaire remonte au 4 juin 2000. Achevant sa tournée européenne, le président Bill CLINTON a prévu une visite de trois jours à Moscou, du 3 au 5 juin 2000, pour une rencontre avec le nouveau président russe Vladimir POUTINE. Ce sommet entre le président américain Bill CLINTON et Vladimir POUTINE – ayant succédé au Kremlin, depuis trois mois, à Boris ELTSINE – est principalement consacré aux questions de désarmement. Le président CLINTON arrive à la fin de son second mandat présidentiel et s’apprête à quitter la Maison-Blanche où il cédera, un peu plus tard, sa place au républicain George BUSH. Dans l’euphorie d’un dîner de 3 heures bien arrosé, POUTINE aurait demandé à CLINTON si la Russie avait une chance de pouvoir intégrer l’OTAN. À sa surprise, le président américain lui aurait initialement répondu positivement, suggérant que l’adhésion de la RUSSIE à l’alliance militaire était envisageable. Cependant, l’espoir des russes fut rapidement déçu lorsque CLINTON changea d’avis lors d’un dîner ultérieur, affirmant que cette perspective n’était pas réalisable à ce stade.

Après celle que le même Bill CLINTON infligea 6 ans plus tôt, en 1994, à son prédécesseur Boris ELTSINE (cf. supra), cette nouvelle volte-face du 42ème président des USA, encore en place pour quelques mois à la Maison Blanche, choqua profondément POUTINE, qui ne put s’empêcher d’exprimer un sentiment de trahison, déclarant : « Vous nous avez trompés ».

Cette déception découla en partie de l’absence de concrétisation des espoirs de la RUSSIE qui, à partir de son partenariat conclu avec l’OTAN, comme nous allons le voir ci-dessous, aspirait à être enfin « accueillie dans la famille fraternelle des nations civilisées ».

Ainsi, sans jamais dire explicitement « non », les occidentaux furent toujours réticents, notamment du côté anglo-saxon, comme le montre également l’attitude de Malcolm RIFKIND [20], lorsque, en 1994, Secrétaire d’Etat à la Défense (10 avril 1992-5 juillet 1995) dans le gouvernement du conservateur John MAJOR ( au , il n’hésitait pas à exprimer ses craintes vis-à-vis de la RUSSIE en ces termes : « En mon for intérieur, je n’avais aucun doute que la Russie pourrait jamais devenir membre à part entière de l’OTAN sans détruire l’objectif même de l’OTAN ».

C’est dire que l’OTAN a toujours constamment maintenu à distance la RUSSIE en lui fermant la porte de l’organisation : coopération, «oui» ; adhésion, « non ».

C’est ainsi que l’acte fondateur sur les relations mutuelles, la coopération et la sécurité est signé à Paris le 27 mai 1997, lors du sommet de l’OTAN. La France, l’OTAN et la RUSSIE signent alors une feuille de route pour une éventuelle coopération entre l’OTAN et la RUSSIE. Les parties avaient déclaré qu’elles ne se voyaient pas comme des adversaires mais que, au contraire, « sur la base d’un engagement politique durable pris au plus haut niveau politique, (elles) établiraient ensemble une paix durable et inclusive dans la zone euro-atlantique, fondée sur les principes de la démocratie et de la sécurité coopérative ».

Ci-dessus, la signature à Paris entre les présidents CLINTON, CHIRAC et ELTSINE de l’acte fondateur OTAN/RUSSIE lors du sommet de l’OTAN le 27 mai 1997 dans la capitale française

Un tel dessein commence à voir le jour avec la création, le 28 mai 2002, lors du sommet de l’OTAN à Rome, du Conseil Russie-OTAN impliquant « la recherche d’un consensus, des consultations, des décisions communes et des actions communes » pour traiter des questions de sécurité et des projets communs. La coopération entre la RUSSIE et l’OTAN se développa désormais dans plusieurs secteurs principaux : lutte contre le terrorisme, coopération militaire, coopération en Afghanistan (y compris le transport par la Russie de fret non militaire de la Force internationale d’assistance et de sécurité et la lutte contre la production locale de drogue), coopération industrielle et non-prolifération des armes.

En Afghanistan, alors que, de 1979 à 1989, les États-Unis avaient soutenu la résistance antisoviétique, leur intervention de 2001 les conduisit à demander la coopération de la Russie contre les talibans [21]…

Washington contribua ainsi à remettre Moscou dans le jeu des grandes nations [22]. C’est dans ce contexte qu’en décembre 2009, l’OTAN sollicita l’aide de la RUSSIE en Afghanistan [23] pour lui demander d’autoriser le transport de cargaisons (y compris éventuellement militaires) sur le territoire russe jusqu’en Afghanistan et la fourniture de plus nombreux hélicoptères aux forces armées afghanes. Jusqu’en 2009, la RUSSIE rejeta ces demandes, même si elle continua à autoriser le transit de fournitures non militaires sur son territoire.

Mais en avril 2011, les États-Unis et la Russie, en dehors de l’OTAN, trouvèrent finalement un accord pour la fourniture par Moscou de 21 hélicoptères militaires MI-17 à l’Afghanistan. En projet depuis l’année précédente, la commande, qui devait à l’origine être passée par l’OTAN, le fut directement par Washington pour une somme approchant les 367 millions de dollars. Il s’agit-là d’un témoignage de la qualité de la nouvelle relation russo-américaine qui se mit alors en place.

Le 6 juin 2011, l’OTAN et la RUSSIE participèrent à leur tout premier exercice aérien, baptisé « Vigilant Skies 2011 ». Depuis la fin de la guerre froide, il ne s’agit que de la deuxième entreprise militaire conjointe entre l’alliance et la RUSSIE, la première étant un exercice naval conjoint qui avait débuté le 30 mai 2011.

Ainsi, de 1991 à 2011, les rapports de coopération de la RUSSIE avec l’OTAN furent positifs et l’on peut se demander pourquoi, après avoir traité des questions de sécurité, de nombreux projets communs et donné ainsi des gages de sa bonne volonté à coopérer sur les questions de sécurité au sein du Conseil Russie-OTAN, la RUSSIE n’a jamais été intégrée dans l’OTAN ?

La réponse réside sans doute dans le contexte de la période de la fin des années 90 et des initiatives de l’OTAN qui ont pu constituer des freins à un rapprochement plus fusionnel entre la RUSSIE et l’organisation atlantique.

II/ Qui veut la paix en Europe ? Les tensions entre la Russie et l’OTAN entre 1997 et 2014 résultant du double jeu de l’OTAN

Bien avant son intervention au KOSOVO, l’OTAN avait pris le parti, en 1995, comme on l’a déjà évoqué, de la jeune république de BOSNIE-HERZÉGOVINE contre les visées serbes sécessionnistes au sein de celle-ci.

A/ L’OTAN et la guerre du Kosovo (1998-1999)

Tensions au Kosovo : 5 questions pour comprendre les violences contre ...La guerre du KOSOVO fut l’une des guerres de Yougoslavie, qui se déroula sur la courte période du 6 mars 1998 au 10 juin 1999, sur le territoire de la république fédérale de Yougoslavie alors en proie, depuis la fin de la guerre froide, à des mouvements ethniques identitaires [24]. Dès 1991, la guerre a déchiré l’ex-Yougoslavie. Slovènes contre Serbes, Serbes contre Croates, puis Serbes et Croates contre Bosniaques [25], avant que le Kosovo ne s’enflamme à son tour…

Au KOSOVO, elle opposa l’armée yougoslave à l’Armée de libération du Kosovo (UÇK).

Les origines de cette guerre remontent au début des années 1990 où, en réaction contre la persécution des Albanais du Kosovo par les Serbes, l’UÇK se constitua en une force de résistance et commença sa première campagne en 1995 en lançant des attaques contre les forces de l’ordre serbes au Kosovo. En juin 1996, pendant l’insurrection du Kosovo, le groupe de résistance revendiqua la responsabilité d’actes de sabotage visant les postes de police du Kosovo.

En 1997, l’organisation acquit une grande quantité d’armes grâce à la contrebande d’armes venant de l’Albanie voisine, à la suite d’une rébellion au cours de laquelle des armes furent pillées dans des postes de police et de l’armée du pays. Au début de 1998, les attaques de l’UÇK contre les autorités yougoslaves au Kosovo se traduisirent par une présence accrue de forces paramilitaires serbes et de forces régulières qui commencèrent à mener une campagne de représailles contre les sympathisants de l’UÇK et les opposants politiques ; cette campagne fit entre 1 500 à 2 000 victimes civiles et combattantes de l’UÇK.

Le 20 mars 1999, les forces yougoslaves lancèrent une campagne massive de répression et d’expulsions d’Albanais du Kosovo à la suite du retrait de la Mission de vérification au Kosovo (KVM) de l’OSCE  et de l’échec de la Conférence de Rambouillet.

L’OTAN répliqua par une campagne de bombardements aériens à partir du 24 mars 1999, en justifiant son intervention au motif qu’il s’agissait d’une « guerre humanitaire ».

En 2001, une Cour suprême administrée par les Nations unies, basée au Kosovo, constata qu’il y avait eu « une campagne systématique de terreur, comprenant des meurtres, des viols, des incendies et de graves mauvais traitements », mais que les troupes yougoslaves avaient tenté d’expulser plutôt que d’éradiquer la population d’origine albanaise.

Quel rôle peut encore jouer l'OTAN aujourd'hui ? - RTBF ActusEn réplique, l’intervention militaire de l’OTAN aurait dû se limiter à des bombardements symboliques durant 3 ou 4 jours pour ramener Belgrade à la table des négociations comme cela s’était passé pour en terminer avec la guerre de Bosnie-Herzégovine mais ces bombardements ont finalement duré 78 jours.

Or cette modération dans la réplique, à laquelle l’on aurait pu raisonnablement s’attendre de la part de l’OTAN, aurait dû être commandée par le fait que l’intervention militaire de l’OTAN ne fut pas autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU, malgré les demandes de pays de l’organisation atlantique.

Le 10 juin 1999, les bombardements de l’OTAN cessent et les forces serbes commencent à se retirer du Kosovo qui est alors investi par la force internationale mandatée par les Nations unies, la KFOR, dans le cadre de l’opération Joint Guardian et placé alors sous l’administration de la Mission intérimaire des Nations Unies au Kosovo en vertu de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies [26].

Le conflit armé aboutit le 11 juin 1999 au retrait des troupes yougoslaves du territoire du Kosovo.

Mais dans la nuit du 11 au 12 juin, soit deux jours après la cessation des combats, un bataillon russe faisant partie de la force de maintien de la paix des Nations unies en Bosnie-Herzégovine prend l’aéroport de Pristina avant les troupes britanniques. C’est alors l’occasion d’un face-à-face tendu lorsque les blindés britanniques se présentent finalement devant l’aéroport tenu par les militaires russes. Les deux parties se font face, sans céder un pouce.

Les Russes souhaitent ainsi marquer leur volonté de peser sur l’administration de la province du Kosovo, en se plaçant en protecteurs des minorités serbes de la province (voir carte ci-dessus). Mais l’OTAN refuse d’attribuer à la Fédération de Russie un secteur autonome, ne voulant pas voir resurgir certaines périodes de la Guerre froide. C’est ainsi que les troupes russes vont être disséminées au sein des différentes secteurs d’administration occidentaux du Kosovo.

La guerre prend fin avec les accords de Kumanovo [27]. Les forces yougoslaves et serbes, ne pouvant résister à la force américaine et de l’OTAN, décident immédiatement de se retirer du Kosovo.

Après la fin de la guerre du Kosovo, en 1999, l’administration de l’ONU a pris le contrôle de la région.

Le 17 février 2008, le KOSOVO, petit territoire de moins de 11 000 km2 et d’un peu plus de 1 600 000 habitants, se déclara indépendant avec Pristina comme capitale [28].

Comme nous l’avons déjà souligné, l’OTAN est intervenue de manière unilatérale dans le conflit – sans l’accord du Conseil de sécurité de l’ONU – et sans qu’elle ait pu revendiquer la moindre légitimité pour le faire car aucun des belligérants n’était membre de l’OTAN pour justifier une intervention défensive en principe devant être nécessairement fondée sur l’article 5 des statuts de l’organisation.

La RUSSIE a longtemps soutenu la Serbie dans son opposition à l’indépendance du Kosovo. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, la RUSSIE a utilisé son veto à plusieurs reprises pour bloquer la reconnaissance du Kosovo en tant qu’État indépendant. Moscou considère que l’indépendance du Kosovo constitue une violation du droit international et des principes de souveraineté des États.

Dans les deux guerres de l’ex-Yougoslavie, l’on peut s’étonner que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n’ait pas joué un rôle plus actif et ai dû rapidement céder la place à l’OTAN qui se manifesta par une intervention militaire.

En effet, l’OSCE (voir la carte ci-dessous) est une organisation régionale de sécurité qui a succédé, en 1995, à la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe née elle-même à la suite des accords d’HELSINKI (1975) sur la sécurité et la coopération en Europe.

L’OSCE traite normalement des questions relevant de la coopération entre ses États participants en matière de sécurité et de dimension humaine, telles que la maîtrise des armements, le terrorisme, la bonne gouvernance, la sécurité énergétique, la traite des êtres humains, la démocratisation, la liberté des médias et les minorités nationales.

L’OSCE [29] est considérée comme un acteur essentiel de la sécurité paneuropéenne, en sa qualité de seule institution où la RUSSIE, les ÉTATS-UNIS, le CANADA, tous les pays d’Europe et d’Asie centrale – soit 57 Etats –  peuvent dialoguer directement dans un cadre multilatéral et sur un pied d’égalité.

Sur la carte de l’OSCE ci-dessus (57 Etats) : 

En vert : États participants

En orange : États partenaires

Couvrant toute l’Europe mais aussi les anciennes républiques d’Asie centrale de l’ex-URSS, l’OSCE est aussi l’héritage de la guerre froide et de la CSCE, puisque les États-Unis et le Canada en sont également membres. Dès lors, la question de leur présence ne manque pas de se poser à l’intérieur d’une organisation conçue comme une organisation régionale reconnue par l’ONU. Cela signifie qu’au 21ème siècle, encore nombreux sont les États européens qui considèrent que leur sécurité est indissociablement liée à l’engagement américain à leur côté.

La même question doit également être posée aujourd’hui à l’égard de la guerre russo-ukrainienne à propos de laquelle MOSCOU a dénoncé la partialité de l’OSCE et a estimé, à partir de juillet 2024, devoir suspendre sa participation à cette organisation ainsi que sa contribution mais sans néanmoins s’en retirer [30].

Pourquoi est-ce l’OTAN qui intervient – par ses livraisons régulières d’armes à l’UKraine, son soutien politique et diplomatique – dans un conflit où aucun membre de l’OTAN n’est partie ?

Cette question doit être posée car l’instance internationale de médiation est incontestablement l’ONU et régionalement l’OSCE, comme on l’a déjà souligné.

Certes, l’OSCE est traversée de tensions entre les occidentaux et les russes qui se sont accrues à partir, précisément, de la guerre russo-ukrainienne (février 2022). Par ailleurs, l’OSCE est une organisation sui generis qui ne repose pas sur un traité constitutif international et ne possède pas une personnalité juridique autonome. Ses décisions supposent un consensus entre ses cinquante-sept États membres, et elles ne sont contraignantes que sur le plan politique et non sur le plan juridique. Elle ne dispose d’aucune force armée pour faire appliquer ses délibérations. Mais toutes ces faiblesses intrinsèques et congénitales de l’OSCE et les tensions actuelles entre la Russsie et les occidentaux en son sein ne justifient pas pour autant que l’OTAN doive s’estimer habilitée à occuper la place vide du fait du dysfonctionnemment de l’organisation européenne qui pourrait être revue, réformée et restructurée.

L’Amérique de TRUMP – qui a offert ses bons offices de médiateur – n’est pas plus concernée que l’OTAN, et par ailleurs, dès le début, elle a pris partie pour l’Ukraine et elle essaie, aujourd’hui, maladroitement, de rétablir la balance en faisant la leçon à l’Ukraine, ou en la sommant de négocier…

Quant à l’Union européenne, ayant pris, dès le début du conflit, fait et cause pour l’Ukraine, elle ne peut prétendre jouer un rôle actif dans sa résolution, et d’ailleurs elle n’en joue aucun, malgré les gesticulations permanentes du président MACRON et les dernières propositions du chancelier allemand Friedrich MERZ, celui-ci n’ayant pas hésité à défendre, à Bruxelles, le scénario d’un recours aux avoirs russes gelés pour financer l’effort de guerre de Kiev…

C’est dire combien l’on peut regretter que les européens, comme la France, aient largement démontré, dans ce conflit, l’absence d’une vision géopolitique au service de la paix.

B/ La fin des relations OTAN/RUSSIE

Suite à l’annexion de la Crimée par la Russie dans le cadre du conflit russo-ukrainien, le 1er avril 2014, l’OTAN décida, à l’unanimité, de suspendre la coopération avec la Fédération de Russie. Le 18 février 2017, Sergueï LAVROV, ministre russe des Affaires étrangères, déclara qu’il souhaitait la reprise de la coopération militaire avec l’OTAN. Les relations se dégradèrent encore plus significativement durant la crise diplomatique russo-ukrainienne ayant démarré en mars 2021, et qui fut suivie de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.

Une autre cause de tension entre l’OTAN et la RUSSIE entre 1997 et 2014, moins ponctuelle que la guerre du Kosovo mais plus continue, résidait dans l’extension de l’OTAN à l’Est, jusque parfois aux confins des frontières russes, ce qui, en réplique, déclencha chez les russes l’annexion de la Crimée sus-évoquée et plus tard l’invasion de l’Ukraine le

1/ L’extension de l’OTAN à l’Est 

  • L’extension de l’OTAN à l’Est : une promesse d’abstention non tenue

Après l’implosion du bloc communiste et sa chute (1989/1991), la survivance de l’OTAN était en soi déjà discutable si l’on avait voulu s’orienter vers un monde de paix puisque le Pacte de Varsovie, inféodé à Moscou, s’était écroulé en même temps que le bloc soviétique.

Par symétrie, l’on aurait pu s’attendre au même phénomène de l’alliance militaire atlantique sous hégémonie américaine à l’Ouest.

Mais à l’Ouest il n’y eut rien de nouveau et l’on fit comme s’il ne s’était rien passé, sauf le sentiment – quasi guerrier – d’avoir gagné la guerre idéologique et économique contre le communisme mais qui ne devait surtout pas se traduire par une remise en cause de l’ordre de la guerre froide (course aux armements militaires et jeu de défenses militaires), même si cela devait engendrer désormais, au niveau du rapport des forces, une inégalité favorable au bloc occidental toujours sous hégémonie militaire américaine par OTAN interposée .

L’URSS avait perdu, certes, mais inutile de vouloir intégrer ce qu’il en restait – la Fédération de RUSSIE – au sein de l’Europe occidentale devenue l’Union européenne, ce qui eut été possible si une volonté s’était plus clairement manifestée à l’Ouest.

Il n’est pas indifférent de considérer que malgré les assurances données aux dirigeants russes, l’Occident entendait pousser ses pions – ceux de son influence et présence – toujours plus à l’Est, et au lieu de la dissolution de l’OTAN se produisit, au contraire, son extension à l’Est.

Nous avons analysé sur ce site dans notre article sur l’OTAN (Il était une fois l’OTAN) les différentes étapes de l’expansion de l’OTAN à l’Est.  https://ideesaisies.deploie.com/il-etait-une-foi…-par-louis-saisi/, 27 juin 2022.

Le « bloc soviétique » (URSS et démocraties populaires) ne s’organise en un bloc militaire qu’à partir de la création du Pacte de Varsovie (1955) qui constitue lui-même une réplique au réarmement allemand et à l’entrée de l’Allemagne dans l’OTAN.

En effet, par les accords de Paris de 1955 signés le 23 octobre 1954 et ratifiés le 9 mai 1955 par tous les pays européens et américains, la République fédérale d’Allemagne, « en voie de remilitarisation », est autorisée à entrer dans l’OTAN.

C’est donc l’adhésion de l’Allemagne au traité de l’OTAN qui conduit l’Union soviétique à créer, le 14 mai 1955, avec le Pacte de VARSOVIE, sa propre alliance militaire défensive.

La date de la création du Pacte de Varsovie est donc très postérieure à la naissance de l’OTAN (1949) qui est l’élément originaire, annonciateur et constitutif de la « guerre froide ».

Ci-dessous, George H. W. BUSH, président des USA et Mikhaïl Sergueïevitch GORBATCHEV,

Secrétaire général du comité central du Parti communiste de l’Union soviétique,

lors du sommet de MALTE, du 2 au 4 décembre 1989

Malta Summit Bush Gorbachev 1989À l’occasion du sommet de MALTE des 2 au 4 décembre 1989, le président George H. W. BUSH (1989-1993) promet à Mikhaïl Sergueïevitch GORBATCHEV, Secrétaire général du comité central du Parti communiste de l’Union soviétique (1985 – 1991) que le fait que les pays d’Europe de l’Est seront conduits à choisir librement leur régime politique n’entraînera pas, pour les États-Unis, une attitude expansionniste visant à en profiter pour développer et conforter leur présence en Europe par l’intermédiaire de l’OTAN.

Implicitement au moins, cela revient à dire que faire entrer dans l’OTAN des pays qui étaient, hier, dans le Pacte de Varsovie, reviendrait à « profiter » de la situation nouvelle créée par l’implosion de l’URSS.

Une telle interprétation est corroborée l’année suivante (1990) par l’assurance donnée à GORBATCHEV – bien qu’elle ne figure dans aucun traité formel – que si une Allemagne unifiée était autorisée à rester dans l’OTAN, il n’y aurait pas de déplacement de la juridiction de l’OTAN vers l’Est : « pas d’un pouce vers l’est » promet le secrétaire d’État américain James BAKER concernant l’expansion éventuelle de l’OTAN lors de sa rencontre avec le dirigeant soviétique Mikhaïl GORBATCHEV le 9 février 1990.

Nonobstant un tel engagement, avec le nouveau président américain Bill CLINTON ( au , le sommet de Madrid du 7 juillet 1997 se traduit par l’élargissement à l’Est de l’Alliance, avec l’entrée de trois nouveaux partenaires : POLOGNE, HONGRIE et RÉPUBLIQUE TCHÈQUE.

L’extension de l’OTAN aux portes de la RUSSIE se poursuit avec l’intégration de nouveaux pays de l’Est entre 1997 et 2002 par l’adjonction de 10 nouveaux partenaires, puis, entre 2009 et 2012, par l’adhésion de 4 nouveaux partenaires à l’occasion de la série des « sommets » suivants :

Le sommet de Prague du 21 novembre 2002 intègre à l’OTAN les 7 nouveaux pays suivants : la BULGARIE, L’ESTONIE, LA LETTONIE, LA LITUANIE, LA ROUMANIE, LA SLOVAQUIE et la SLOVÉNIE.

À propos de l’intégration des trois pays baltes, l’OTAN, sur son site « NATO » écrit, comme un bulletin de victoire, le 23 mars 2004 : « L’Alliance va étendre ses frontières aux portes de la RUSSIE en acceptant les trois républiques baltes, jadis annexées par l’Union soviétique ».

L’ALBANIE et la CROATIE rejoignent l’Alliance le 1er avril 2009, un peu avant le sommet STRASBOURG-KEHL des 3 et 4 avril 2009 qui scelle le retour au sein de l’Alliance militaire de la France.

L’adhésion à l’OTAN du MONTÉNÉGRO devint effective le 7 juin 2017, et celle de la MACÉDOINE DU NORD le 27 mars 2020.

Le 24 avril 1999 à Washington une déclaration rappelle d’une part les avancées du partenariat de l’OTAN avec l’UKRAINE ; d’autre part la continuité de la politique d’expansion de l’OTAN.

2/ La remise en cause d’une doctrine de la sécurité partagée par les USA et l’URSS depuis 1962 : la fin de la doctrine des fusées de Cuba : une alliance politique et militaire ne doit pas devenir une menace pour la sécurité d’un État tiers (octobre 1962)

2.1/ La crise des missiles de CUBA

Depuis l’affaire des missiles de CUBA (qui éclata du 14 au 27 octobre 1962), l’on sait qu’une alliance politique et militaire ne doit pas devenir une menace pour la sécurité d’un Etat et qu’une bonne distance entre un Etat et l’allié militaire d’un autre Etat rival doit être respectée pour ne pas obérer sa sécurité. C’est cette jurisprudence – règle non écrite mais reposant sur un accord de volontés – qui résulta de la négociation finale entre J.F. KENNEDY et N. KHROUCHTCHEV.

En l’occurrence, il s’agissait de l’alliance de CUBA avec l’URSS s’étant traduite par l’installation de fusées sur le territoire de CUBA pour défendre, en cas de nécessité, cet Etat de l’ingérence américaine, voire d’une tentative d’invasion fomentée et réalisée par les Etats-Unis, lors de la lamentable expédition de la baie des Cochons le 17 avril 1961.

L’on sait que durant les années 1950, les États-Unis avaient acquis et développé une grande influence sur la politique de la république de Cuba, devenue indépendante de l’Espagne en 1898 à la suite de la guerre hispano-américaine.

Mais, à la suite de la révolution cubaine du 31 décembre 1958 et la prise de pouvoir par Fidel CASTRO, malgré leur reconnaissance du nouveau régime politique, les USA perdirent rapidement toute influence sur la politique de CUBA, ce qu’ils eurent du mal à accepter, d’où leurs tentatives permanentes de complot contre les nouveaux dirigeants cubains et leur tentative d’envahir l’île en avril 1961.

A la suite du rapprochement de CUBA avec l’URSS dans les années 1960, le président américain J.F. KENNEDY décrète le 7 février 1962, l’embargo des États-Unis contre Cuba et en même temps les États-Unis préparent également l’« Opération Ortsac », destinée à renverser Fidel Castro à l’automne 1962.

En mai 1962, Nikita KHROUCHTCHEV déclenche l’opération Anadyr en envoyant 50 000 soldats, 36 missiles nucléaires SS-4 et 2 SS-5 ainsi que 4 sous-marins à Cuba pour empêcher les États-Unis d’envahir l’île.

Le 14 octobre 1962, un avion espion U-2 photographie les sites d’installation des missiles. Le lendemain, la lecture des films révèle aux États-Unis que l’Union soviétique est en train d’installer des missiles SS-4 à tête nucléaire à Cuba. Des rampes de lancement, missiles, bombardiers, fusées et conseillers soviétiques sont repérés à Cuba. On identifie également 26 navires soviétiques transportant des ogives nucléaires (opérationnelles en 10 jours) en route vers l’île.

La crise des fusées de Cuba (1962) ou le paroxysme de l’affrontement ...2.2/ Les éléments du casus belli côté américain

Mais ces fusées soviétiques – chargées de défendre l’État de CUBA contre toute nouvelle tentative d’invasion américaine – situées à quelques centaines de Kms des côtes de Floride sont considérées par le président KENNEDY comme menaçant la sécurité des USA et doivent donc être impérativement retirées, et elles vont l’être.

2.3/ La résolution du conflit avec ses obligations pour les deux parties

Le retrait des fusées soviétiques de CUBA fut salué par le bloc occidental – qui n’avait rien compris – et considéré comme la victoire de KENNEDY en omettant d’analyser les contreparties obtenues par l’URSS.

En effet, si les fusées soviétiques furent retirées de CUBA c’était d’une part en contrepartie, pour les USA, de prendre l’engagement de respecter la souveraineté et l’indépendance de CUBA ; d’autre part, à la suite de compensations concédées par les USA sur d’autres théâtres d’opération en Europe.

La contrepartie imposée aux américains vis-à-vis de CUBA est qu’ils s’engagent désormais à ne plus essayer d’envahir CUBA pour y instaurer un régime à leur dévotion. La compensation vis-à-vis de l’URSS est que les USA doivent à leur tour dégager leurs missiles nucléaires de Turquie et d’Italie considérés par l’URSS comme une menace certaine pour sa sécurité.

C’est cet arrangement entre les deux Grands qui devint très vite une doctrine très avisée et bénéfique pour la paix du monde qui perdura pendant près de 30 ans jusqu’à la fin de la guerre froide.

3/ La remise en cause de cette doctrine KENNEDY-KHROUCHTCHEV de la sécurité des « 2 Grands » respectée jusqu’à la fin de la « guerre froide » et même jusqu’à 1997

De la même manière que les fusées de Cuba pointées contre les côtes américaines en 1962 étaient considérées comme un casus belli par les USA, la présence de l’OTAN et de ses bases à l’Est et dont l’extension était à nouveau envisagée dans un nouvel Etat (en l’occurrence l’UKRAINE) frontalier de la RUSSIE – et l’on n’est plus ici à des centaines de Kms des frontières russes, comme les côtes américaines l’étaient en 1962 par rapport à Cuba, mais sur la ligne même de frontière – a pu être analysée par la RUSSIE comme une menace pour sa propre sécurité, comme l’était déjà l’entrée des pays baltes dans l’OTAN en 2002.

Depuis la faute originelle belliciste sus-rappelée de la RUSSIE, cette communauté d’appartenance à l’OTAN et à l’Union européenne est aujourd’hui dirigée nettement contre elle de la part des USA [31] comme de l’ensemble des Etats européens membres de l’OTAN qui, militairement, soutiennent puissamment l’Ukraine depuis son invasion.

CONCLUSIONS

Est-il vraiment sérieux d’affirmer que la guerre en Ukraine – aussi regrettable et condamnable qu’elle soit – menace la sécurité du continent européen, même s’il n’est guère contestable que la RUSSIE, en envahissant l’Ukraine, a commis une faute contre le droit international ?

1/ La RUSSIE a commis cette infraction au nom de la défense de sa sécurité – conformément à la doctrine KENNEDY-KHROUCHTHEV de 1962 – compte tenu de la volonté de l’UKRAINE, pays frontalier avec elle, d’entrer dans l’OTAN rencontrant celle de l’OTAN, depuis 1997, de s’étendre à l’Est en incluant également l’UKRAINE faisant suite à la série des vagues d’intégration successives de nouveaux Etats membres issus des pays d’Europe centrale et orientale (PECOS constitués par les anciennes « démocraties populaires ») auxquels s’est ajoutée, en 2002, lors du sommet de Prague, l’adhésion des trois Etats baltes dont l’Estonie et la Lettonie partagent leur frontière avec la RUSSIE.

L’expansion de l’OTAN toujours plus à l’Est est une des formes de manifestation de l’impérialisme occidental qui se développe depuis la fin des années 1990 sous la houlette des USA dont nous avons vu les méfaits, en 2003, avec l’invasion puis la destruction de l’Irak contraire au droit international et à la souveraineté d’un Etat.

Certes, cette invasion d’un Etat souverain ne se fit pas directement sous la bannière directe de l’OTAN.

Malgré l’opposition de la Chine, la Russie, la France et l’Allemagne – qui tentèrent de stopper, à l’ONU, le projet destruteur américain dirigé contre l’Irak -, l’invasion puis la destruction de l’Irak furent rendues possibles par la puissance hégémonique des USA au sein de l’OTAN, qui, au moyen d’une propagande honteusement mensongère entraînèrent néanmoins dans leur sillage pas moins de 49 États dont 16 étaient leurs alliés dans l’organisation militaire atlantique [32], et auxquels il faut ajouter l’Ukraine associée à l’OTAN par la Charte de partenariat spécifique signée à Madrid, en juillet 1997, et renforcée par la Déclaration de Washington du 24 avril 1999.

2/ Moins de 10 ans après la chute du bloc communiste, cette expansion de l’OTAN à l’Est, à partir de 1997, a signé le fait que les puissances occidentales poussent leurs pions en allumant une nouvelle guerre froide – justement relevée récemment par la CHINE [33] – avec le risque qu’elle ne devienne vite chaude et en en faisant, assez paradoxalement, supporter la responsabilité première à la RUSSIE…

Parce qu’elle fait – certes à tort – la guerre à l’Ukraine, il est faux d’en déduire l’idée que la RUSSIE menacerait l’Europe aujourd’hui, car cela relève, en France et dans de nombreux autres États européens, d’une propagande d’État qui, habituellement, est plutôt la marque des pays totalitaires abusant constamment leur opinion nationale.

3/ La RUSSIE est avant tout soucieuse de sa sécurité. Comment lui reprocher une telle préoccupation identique à celle de tous les États voulant rester souverains et indépendants et maîtres de leur destin et de leurs choix politiques ?

Mais, précisément, la sécurité de la RUSSIE, aujourd’hui, ne passe pas par l’invasion de l’Europe ni d’un quelconque État membre de l’OTAN pour la bonne et simple raison qu’un tel acte serait aberrant et même suicidaire pour MOSCOU, étant donné que la RUSSIE, seule et isolée, se heurterait alors à la riposte militaire de l’ensemble des forces de l’OTAN sans pouvoir espérer gagner une telle guerre car suite au mécanisme de l’article 5 du Traité de l’organisation, elle devrait affronter une coalition militaire de pas moins de 32 États membres de cette organisation qui lui est largement supérieure, en armes et en soldats.

Alors, pourquoi cette nouvelle course aux armements des pays de l’OTAN alors que de la comparaison exhaustive que nous avons opérée entre les forces armées de l’organisation atlantique et celles de la RUSSIE, dans notre article précité du 27 juin 2022 sur l’OTAN, il résulte que celle-ci est ajourd’hui bien supérieure, en soldats et en armements, à la RUSSIE [34] ? L’OTAN demeure, depuis 2016, l’organisation militaire la plus puissante du monde (les dernières actualisations n’ayant pas modifié la très nette domination de l’OTAN dans son rapport de force avec la RUSSIE).

Mais nul ne saurait se réjouir d’une telle suprématie militaire, d’où qu’elle émane et quel que soit son glorieux lauréat, car elle n’est pas une bonne chose pour la paix du monde dès lors que toute organisation – et cela vaut aussi pour les États continents comme les USA, la CHINE ou la RUSSIE – qui possède un pouvoir sans limites, du fait de l’absence d’un contrepouvoir pour la contenir, échappe ainsi à tout contrôle la portant naturellement à en abuser…

L’équilibre des forces, la limitation des armements, le multilatéralisme, la démocratie et l’équitable répartition des richesses invitent à la fraternité des peuples et doivent inciter leurs gouvernants à l’humilité, au dialogue et au respect de l’autre, car ces cinq objectifs sont  sources de paix et de développement économique, social, culturel et moral.

Louis SAISI,

Paris, le 12 décembre 2025

NOTES

[1] Article 15 de notre Constitution du 4 octobre 1958.

[2] La France étant menacée par les monarchies européennes hostiles à sa Révolution de 1789, par un premier décret du 24 février 1793, la Convention nationale décida la levée en masse de 300 000 hommes, pris parmi les célibataires ou veufs de 18 à 40 ans. Chaque département de France devant fournir des volontaires, complétés par des hommes requis par désignation ou par tirage au sort. Quelques mois plus tard, par un second décret du 23 août 1793, une nouvelle levée en masse des hommes de 18 à 25 ans fut décrétée à la suite du rapport Barère. Alors qu’en février 1793, la France n’avait que 200 000 hommes sous les drapeaux, elle en compta 500 000 en juillet, 732 000 en septembre, et 804 000 en décembre 1793 répartis en 15 armées, chiffre considérable pour l’époque.

[3] Le cœur de ce service national serait majoritairement constitué par des jeunes âgés de 18 à 19 ans (avec la possibilité de candidater jusqu’à 25 ans). Ils seraient ensuite sélectionnés pour répondre aux besoins des armées. Les volontaires servant sous statut militaire, seraient dotés d’un uniforme, d’une solde et d’un équipement.

[4] Depuis 2017, la tendance des Chefs d’Etat major et des militaires de vouloir jouer un rôle actif sur les questions liées à notre défense militaire est manifeste. L’on se souvient, en juillet 2017, du conflit ayant opposé le Chef de l’Etat à son Chef d’Etat-major des armées, Pierre DEVILLIERS, en ce qui concerne la programmation du budget de la Défense revu à la baisse, malgré l’engagement du Chef de l’Etat de le porter à 2% du PIB. Avec la réduction des dépenses de 850 millions d’euros, l’Etat n’assumait pas les surcoûts des opérations extérieures, comme le prévoyait la loi, et les armées devaient économiser cette somme sur leurs équipements, ce qui entraîna la colère et l’opposition du Chef d’Etat- major des armées qui exprima publiquement son désaccord. Malgré une tentative d’étouffement du conflit, celui-ci perdura et le général DEVILLIERS dut présenter sa démission au président MACRON le 19 juillet 2017. Dans un communiqué, le Chef d’Etat-major considéra « ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel [il] croit pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd’hui et demain ».  Le président de la République accepta la démission du chef d’Etat-major des armées, situation jusqu’alors inédite sous la Ve République.

[5] Malgré plusieurs tentatives nous n’avons pu accéder sur le site de l’Assemblée nationale au détail des votes concernant les divers groupes parlementaires. Nous avons donc dû prendre comme source les indications données par Le Monde en ligne (10 décembre 2025) :  Budget 2026 :  » L’Assemblée nationale se prononce très largement en faveur d’une hausse des moyens de la défense lors d’un vote symbolique « .

[6] Même remarque que celle de la note 5 ci-dessus, et même source : Le Monde en ligne précité.

[7] Voir David MATHIEU, cité à propos de la guerre du KOSOVO, dans notre article du 27 juin 2022 publié sur notre site :  « Il était une fois l’OTAN » https://ideesaisies.deploie.com/il-etait-une-foi…-par-louis-saisi/

[8] Voir l’interview de Régis DEBRAY dans l’Espace des Amis de l’Humanité, donnée le 14 septembre 1999, dans laquelle il souligna que, à part, L’HumanitéLe Monde diplomatique et Marianne, les médias ont fonctionné comme le journal unique d’une pensée unique.  » S’agissant plus précisément du journal de JAURÈS, il ajouta :  » En publiant les uns et les autres, vous avez pu apparaître comme une sorte de havre « , quand les questions éminemment complexes posées par le conflit – les nationalismes, leurs enracinements, leurs affrontements, les problèmes touchant au droit international… – étaient la plupart du temps traités au travers du prisme du « travail de communication de l’OTAN » (cf. L’Humanité du 14 septembre 1999 : «  RÉGIS DEBRAY ET  » L’EFFET KOSOVO « ).

[9] En l’occurrence l’indépendance et la sécession du Kosovo ne fut pas sanctionnée par l’OTAN comme le fut la création des républiques serbes et croates autoproclamées en Bosnie-Herzégovine.

[10] Avant son épopée à l’Est, l’OTAN, à l’époque (début des années 1990 et avant 1997), comptait les 16 membres suivants :  ETATS-UNIS ; CANADA ; ROYAUME-UNI ; FRANCE ; BELGIQUE ; PAYS-BAS ; LUXEMBOURG ; ITALIE ; PORTUGAL ; DANEMARK ; ISLANDE ; NORVEGE ; GRÈCE ; TURQUIE ; Allemagne (de l’Ouest) ; Espagne.

[11] Jean VALLUY (1899-1970) fut un général et un historien français. Il devint chef d’état-major du général DE LATTRE DE TASSIGNY à la 1re armée française en 1944. À ce titre, Il débarqua le 15 août 1944 en Provence et participa ensuite à la bataille des Vosges et à la bataille d’Alsace. En 1945, il prit le commandement de la 9e division d’infanterie coloniale qui, la première, franchira le Rhin à Leimersheim, prit Karlsruhe, Baden-Baden, Rastatt et Kehl, avant de pousser vers le Haut-Danube et la frontière suisse. Débarqué en décembre 1945 avec la 9e division d’infanterie coloniale, il est nommé commandant supérieur des troupes d’Indochine en 1946 en remplacement du général LECLERC. En 1952, il entama une carrière interalliée comme adjoint du général GRUENTHER au SHAPE. Il fut ensuite le représentant de la France au groupe permanent de l’OTAN à Washington en 1953. Trois ans plus tard, il devint commandant en chef de centre-Europe à Fontainebleau. Ainsi il alterna au cours de sa carrière les séjours métropolitains avec les expéditions et les séjours Outre-mer et à l’étranger, totalisant sept ans en Asie, neuf en Afrique et trois en Amérique. Il prit sa retraite en mai 1960. Il fut nommé secrétaire général de l’Association internationale du traité de l’Atlantique (ATA) et président de la Saint-Cyrienne en 1961 et le restera jusqu’en 1965. Grièvement blessé lors d’un accident de chemin de fer près de Vallorbe en juillet 1964, il consacra ses années de retraite à l’histoire et à la pensée militaire.

[12] Le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (en anglais : Supreme Headquarters Allied Powers Europe, soit le sigle SHAPE, le mot anglais « shape » signifiant « forme » ou « modeler ») est le quartier général du Commandement allié Opérations (en) (ACO) de l’OTAN.

[13] Cité par la Revue des deux Mondes du 4 avril 2016 : « 4 avril 1949 : Fondation de l’OTAN ».

[14] L’Union européenne (UE) (27 Etats) est pour l’OTAN (32 membres) un partenaire incontournable. Partageant les mêmes valeurs et les mêmes intérêts stratégiques et comptant la majorité de leurs pays membres en commun, l’OTAN et l’UE coopèrent dans les domaines de la gestion de crise et du développement capacitaire, travaillent de concert pour lutter contre les menaces hybrides et répondre aux enjeux découlant de l’intensification de la compétition stratégique, et contribuent ensemble au renforcement des capacités de leurs partenaires communs à l’est et au sud. L’osmose est très grande entre les deux organisations et l’Union européenne manifeste un fort attachement au bouclier otanien sous emprise américaine et craint d’être abandonnée par TRUMP qui rechigne à être financièrement le plus gros contributeur de l’OTAN.

[15]  Les 23 pays membres communs à l’OTAN et à l’Union européenne sont les suivants : l’Allemagne, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède et la Tchéquie.

[16] Edmond JOUVE : « L’Europe de l’Atlantique à l’Oural », Espoir n°18, 1977.

[17] Edmond JOUVE, op. cit.; voir également son ouvrage : Le Général de Gaulle et la construction de l’Europe (LGDJ, 1967, 2 vol.).

[18] La première guerre de Tchétchénie (11 décembre 1994-31 août 1996) opposant la Russie aux séparatistes tchétchènes avait constitué un obstacle à l’admission de la Russie avant le 1er mars 1996. C’est l’accord politique signé le  à Khassaviourt, au Daghestan, entre les deux belligérants qui mit temporairement fin à la guerre dans des conditions assez floues. L’accord consacrait le statu quo laissant à la Tchétchénie – rebaptisée « république tchétchène d’Itchkérie » – une autonomie gouvernementale de facto et reportant les pourparlers sur l’indépendance (« les bases des relations mutuelles ») jusqu’en 2001. Il fut suivi rapidement d’un second conflit armé – souvent appelé « seconde guerre de Tchétchénie » opposant à nouveau les mêmes protagonistes du  au , jour de la prise de Grozny, la capitale de la république tchtchène, par les troupes russes. Malgré la victoire russe, des opérations de contre-insurrection perdurèrent jusqu’au laissant subsister, au-delà de cette date, des affrontements entre les forces de l’ordre – troupes russes ou milices locales – et la rébellion qui subsistèrent, ainsi que des attentats, jusqu’en 2021.

[19] Kirill KOROTEEV : « La Russie et la Convention européenne des droits de l’Homme. Bilan jurisprudentiel et institutionnel », in Droits fondamentaux, n° 5, janvier – décembre 2005.

[20] Malcom RIFKIND, homme politique britannique né en 1946 en Ecosse (Edimbourg), est un ardent conservateur défenseur de l’ordre libéral. Il entra dans le gouvernement de Margareth Thatcher, en 1986, comme  secrétaire d’État pour l’Écosse (dont il est originaire). Il fut ensuite secrétaire d’État aux Transports en 1990, secrétaire d’État à la Défense en 1992, secrétaire d’État des Affaires étrangères et du Commonwealth en 1995. Son attitude très fermée à la perspective d’accueillir la RUSSIE dans l’OTAN est très révélatrice de celle de son parti et des britanniques en général qui ont une certaine dévotion pour l’organisation atlantique au service du capitalisme. C’est ainsi qu’en 1994, il rappela les quatre bases de « la communauté atlantique » en ces termes :  » la défense et la sécurité assurées pa l’OTAN, (…) le droit et la démocratie parlementaire, le capitalisme libéral et la liberté des échanges, l’héritage culturel commun, celui de la Grèce et de Rome et de la Renaissance ».

[21] Vassily A. KLIMENTOV (spécialiste de l’Asie centrale et de la politique étrangère russe) : « Russie-Afghanistan-États-Unis : un jeu à trois depuis 2001 », La Revue géopolitique, diploweb.com, le 6 mai 2011.

[22] À l’été 2007, la Russie va accepter de renoncer à 90% de la dette afghane de près de 11 milliards de dollars à l’Union Soviétique, supprimant le facteur central qui bloquait le développement des relations économiques. Il s’agit là finalement d’un pré-requis minimum, d’une nécessité politique, que Moscou doit mettre en place pour interagir avec l’Afghanistan dans le présent. Dans le sillage de cette décision, le commerce bilatéral va doubler sur deux ans, passant de 94 à 190 millions de dollars, entre 2006 et 2008. En janvier 2011, lors de son passage à Moscou, sur l’invitation des dirigeants russes, Hamid KARZAÏ a chiffré le commerce bilatéral à près de 500 millions de dollars par an. La visite a aussi été l’occasion pour les deux parties de signer un accord cadre sur la coopération en matière de commerce et d’économie. L’accent est désormais mis sur la nécessité de développer une coopération pratique, privilégiant la relation économique.

[23] L’année 2009 fut la plus meurtrière pour les forces internationales en Afghanistan depuis leur arrivée fin 2001. Fin août 2009, 295 militaires étrangers ont péri cette même année, soit plus d’un par jour, contre 294 pour toute l’année 2008, selon le site Internet indépendant icasualties.org.

[24] La Yougoslavie est d’abord née en 1918 du démembrement de l’Empire austro-hongrois à partir de la réunion des Slaves du Sud Serbes, Croates, Slovènes, Macédoniens, Monténégrins et « Musulmans » de Bosnie, ainsi que de deux minorités non slaves – principalement des Hongrois et les Albanais du Kosovo. Ce premier ensemble s’effondre en 1941 avec l’agression hitlérienne. La Yougoslavie est d’abord née en 1918 du démembrement de l’Empire austro-hongrois à partir de la réunion des Slaves du Sud Serbes, Croates, Slovènes, Macédoniens, Monténégrins et « Musulmans » de Bosnie, ainsi que de deux minorités non slaves – principalement des Hongrois et les Albanais du Kosovo. Ce premier ensemble s’effondre en 1941 avec l’agression hitlérienne. En 1945, malgré le rassemblement par TITO de tous ces peuples dans un même Etat fédéral, les séquelles des affrontements et massacres de la seconde guerre mondiale restaient toujours présentes. En Yougoslavie, on avait la citoyenneté yougoslave, mais aussi une nationalité croate, serbe, etc. Ce qui comptait le plus, du temps de Tito, c’était la citoyenneté yougoslave, le Parti communiste jouant le rôle d’une force centripète mais, après sa mort, en 1980, les forces centrifuges réapparaissent, dirigées contre le fédéralisme qui muselait ces entités nationales ethniques. En 1990, lors des élections libres, revendiquer la démocratie, cela signifiait voter pour un parti national, conçu sur une base ethnique, qui était supposé défendre le mieux son propre groupe. Comme dans d’autres cas, démocratie et nationalisme se sont trouvés inextricablement liés.

[25] Jacques SEMELIN : « Pourquoi les Yougoslaves se sont entretués », dans la Revue L’Histoire (en ligne), mensuel 311, daté juillet-août 2006.

[26] Le 10 juin 1999, le Conseil de sécurité des Nations unies vote la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies qui approuve l’accord négocié par l’OTAN, et décide de l’envoi d’une présence internationale civile et militaire au Kosovo.

[27] L’accord de Kumanovo a été signé entre la Force internationale de sécurité (KFOR) d’une part, et les gouvernements de la république fédérale de Yougoslavie et de la république de Serbie, d’autre part. Il s’agit d’un accord conclu le 9 juin 1999 à Kumanovo, en Macédoine. Cet accord visait à mettre un terme à la guerre du Kosovo et a établi de nouvelles relations entre la Yougoslavie et la Force du Kosovo, qui agirait pour remplacer les unités de l’armée yougoslave au Kosovo. Selon certaines sources, la Russie aurait joué un rôle non négligeable dans la résolution immédiate de l’accord. Certaines rumeurs firent état d’une rencontre entre le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov et la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright. Un premier accord fut conclu entre les deux parties, qui impliquait un engagement de la part de l’OTAN de cesser ses frappes aériennes et un autre accord concernait la suppression d’un passage que l’OTAN souhaitait inclure dans l’accord de Kumanovo.

[28] L’indépendance du KOSOVO fut contestée par la Serbie, considérant ce territoire comme une province autonome placée sous sa propre souveraineté.  L’indépendance du Kosovo n’est pas reconnue non plus par l’Organisation des Nations unies, ni par l’Union européenne (dont seuls 22 membres sur 27 ont reconnu l’indépendance de ce pays. En mars 2020, sur les 193 États membres de l’Organisation des Nations unies, 100 pays ont reconnu l’indépendance du Kosovo, 88 pays sont contre et cinq autres se sont abstenus.

[29] La Russie a pendant longtemps considéré l’OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) comme une alternative à l’OTAN. En 2008–2009, le président russe Dmitri MEDVEDEV avait même proposé une réforme de grande envergure de l’organisation, appelant une fois de plus à une «nouvelle architecture de sécurité européenne». L’idée trouva peu d’écho en Occident, qui y vit seulement une tentative visant à affaiblir le rôle de l’OTAN. Elle fut  ensuite mise de côté lorsque la Russie accepta la « réinitialisation » de ses relations avec les États-Unis proposée par l’administration Obama. Cette initiative illustra toutefois l’intérêt persistant de Moscou pour un renforcement du statut de l’OSCE au sein de l’architecture de sécurité européenne.

[30] Au cours des années 2010, Moscou se montra de plus en plus critique à l’égard de l’OSCE  la décrivant comme un instrument au service des intérêts occidentaux et l’accusant de faire « deux poids, deux mesures » dans son traitement de la Russie et de ses alliés par rapport aux autres États. Ainsi, selon le Kremlin, le BIDDH (Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme), organe d’assistance et de soutien de l’OSCE, effectuerait une surveillance bien plus stricte des élections en Russie et dans les autres pays post soviétiques qu’en Europe occidentale ou aux États-Unis. De même, Moscou accusa l’OSCE d’accorder une attention disproportionnée aux violations perpétrées par des acteurs proches de la Russie dans les conflits, notamment en Ukraine et en Géorgie, tout en minimisant les abus commis par des gouvernements alliés à l’Occident. Avec la guerre en Ukraine la situation se détériora encore davantage. L’OSCE traverse depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, en février 2022, la plus grave crise de son histoire. L’Ukraine réclame en vain l’exclusion de la Russie de l’OSCE, comme cela a été fait au Conseil de l’Europe que Moscou a quitté en 2022. En effet, la Russie n’est plus un Etat membre du Conseil de l’Europe qui l’a exclue de son organisation le 16 mars 2022, vingt-six ans après son adhésion. Réuni en session extraordinaire, le Comité des ministres a adopté à l’unanimité un avis qui sanctionne la Fédération de Russie, en expliquant que le pays « a fait le choix du recours à la force pour réaliser ses objectifs de politique étrangère, en violation des normes juridiques et morales qui régissent la coexistence pacifique des Etats« . Déjà, en 2014, les parlementaires russes siégeant à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (organe consultatif) avaient été privés de leurs droits de vote après l’annexion de la Crimée par la Russie. Mais en 2019, malgré 5 années de tensions, les Russes avaient réintégré l’Assemblée parlementaire. En 2024, c’est Moscou qui suspend sa participation à l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, invoquant la discrimination exercée par d’autres États participants à l’encontre des parlementaires russes.

[31] Le 26 mars 2022, à Varsovie, le président BIDEN qualifia de « boucher » le président Poutine et promis au président ZELENSKY toutes les armes qu’il pourrait souhaiter pour reconquérir le Donbass et la Crimée. Un mois plus tard, le 26 avril 2022, à Kiev, le Secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin exprima ses buts de guerre : « Nous voulons voir la Russie affaiblie, incapable de mener le type d’actions qu’elle a lancé sur l’Ukraine. » Les négociations d’Istanbul ont été suspendues et la guerre s’est poursuivie avec ses horreurs et ses crimes…

[32] En mars 2003, les 49 pays de la coalition cités par la Maison-Blanche sont : l’Afghanistan, lAlbanie, l’Angola, l’Australie, l’Azerbaïdjan, la Bulgarie, Colombie, la Corée du Sud, le Danemark, la République dominicaine, le Salvador, l’Érythrée, l’Espagne, l’Estonie, les États-Unis, l’Éthiopie, la Géorgie, le Honduras, la Hongrie, l’Italie, l’Islande, le Japon, le Koweït, la Lituanie, la république de Macédoine, les Îles Marshall, les États fédérés de Micronésie, la Mongolie, le Nicaragua, l’Ouganda, l’Ouzbékistan, les Palaos, Panama, les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, le Rwanda, Singapour, la Slovaquie, la République tchèque, le Royaume-Uni, les Tonga, la Turquie, l’Ukraine (les pays en gras étaient membres de l’OTAN en 2003).

L’ALBANIE et la CROATIE ne rejoignent l’Alliance que le 1er avril 2009, un peu avant le sommet STRASBOURG-KEHL des 3 et 4 avril 2009 qui scelle le retour de la France au sein de l’Alliance militaire.

L’adhésion à l’OTAN du MONTÉNÉGRO ne devint effective que le 7 juin 2017, et celle de la MACÉDOINE DU NORD le 27 mars 2020.

[33] Devant l’Assemblée générale des Nations-Unies, à New York, le 26 septembre 2025, le premier ministre chinois Li Qiang, sans mettre explicitement en cause les USA et le président Donald Trump, a présenté, dans son discours, la puissance asiatique comme le défenseur de l’ordre mondial dont Washington était jusqu’à récemment le principal gardien.

« Le monde est entré dans une nouvelle période de turbulences et de transformations », a-t-il déclaré.

« L’unilatéralisme et la mentalité de la guerre froide refont surface. Les règles et l’ordre internationaux établis au cours des 80 dernières années sont sérieusement remis en question et le système international, autrefois efficace, est constamment perturbé », a-t-il pointé.

[34] Voir sur ce site, notre article, du 27 juin 2022 :  « Il était une fois l’OTAN » https://ideesaisies.deploie.com/il-etait-une-foi…-par-louis-saisi/, notamment III/ L’OTAN : une force dans le monde, A/ Le rapport des forces militaires entre l’OTAN et la RUSSIE.

 

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