AUX ORIGINES DU RACISME MODERNE par Florence GAUTHIER, historienne des Révolutions de France et de Saint-Domingue/Haïti

Notre amie Florence GAUTHIER – qui a effectué toute sa carrière universitaire d’enseignant-chercheur à l’université Paris-Diderot (Paris 7) en tant  qu’historienne des Révolutions de France et de Saint-Domingue/Haïti – a consacré, entre autres thématiques [1], une partie majeure de ses travaux à l’histoire de l’abolition de l’esclavage, aux débats sur le préjugé de couleur et aux enjeux raciaux lors des Révolutions française et haïtienne.

C’est ainsi qu’elle a publié en 2007 son précieux ouvrage sur L’aristocratie de l’épiderme. Le combat de la Société des Citoyens de Couleur 1789-1791 (CNRS éditions) qui sera réédité sous le titre Aux origines du racisme moderne – 1789-1791 (Ed. CNRS, 2024).

Dans une brillante synthèse de son ouvrage précitée, dont elle reprend l’intitulé, elle se penche dans l’article ci-dessous sur la question centrale de savoir s’il y eut pendant la Révolution française une politique anticolonialiste, antiesclavagiste et antiraciste en abordant le rôle joué par la Déclaration des droits dans la révolte de Saint-Domingue qui conduisit à l’indépendance d’Haïti pour s’interroger enfin sur les effets de la contre-révolution du 27 juillet 1794.

Nous la remercions ici chaleureusement de nous permettre la publication sur notre site de sa lumineuse contribution à cette importante question trop souvent méconnue à travers l’enseignement de notre histoire nationale [2] ainsi que dans les publications académiques.

Louis SAISI

Paris, le 10 avril 2026

[1] Elle a collaboré à l’édition des Œuvres complètes de Robespierre, notamment tome 11 (Éditions du CNRS) et intervient régulièrement dans des colloques et séminaires spécialisés.

Dans son ouvrage Triomphe et mort du droit naturel en révolution 1789-1795-1802, (Paris, PUF, 1992), elle s’est également penchée sur l’évolution du droit naturel au XVIIIe siècle, analysant comment cette notion inhérente à l’homme a été théorisée par les philosophes des Lumières, puis a été incorporée dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789.

[2] Sans doute, l’enseignement de ce volet de la Révolution française risquait-il de jeter une interrogation forte et un doute sur la légitimité de l’expansion coloniale de la France sous la 3ème République…

 

 

AUX ORIGINES DU RACISME MODERNE

par Florence GAUTHIER, historienne des Révolutions

de France et de Saint-Domingue/Haïti

 

I. Y a-t-il eu une politique anticolonialiste, antiesclavagiste et antiraciste pendant la Révolution française ?

II. La Déclaration des droits a-t-elle joué un rôle dans la révolte des esclaves de Saint-Domingue qui mena à l’Indépendance d’Haïti de 1791 à 1804 ?

III. À l’heure de la contre-révolution en France, le 27 VII 1794, quel fut le résultat ?

 

Introduction

  Pour mieux comprendre la question, je dois vous rappeler que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui fut votée le 26 août 1789, définit la liberté propre au genre humain par opposition à la conquête et à la mise en esclavage. Et c’est très important à comprendre. Je cite l’article 1er de la Déclaration : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

Les êtres humains naissent libres et doivent le demeurer. Cette définition date du XIIè s en Italie et son auteur est GRATIEN à l’Université de Bologne. Mais elle est plus ancienne encore et renvoie à l’Antiquité qui fut, précisément, conquérante et esclavagiste.

  Certains peuples subissaient la conquête de leurs terres et celle de leur personne pour travailler comme esclaves. L’Europe de l’Ouest fut conquise par les Romains et mise en esclavage au 1er s av. JC, mais se révolta durant cinq siècles, jusqu’à la victoire finale, en 476, qui chassa les Romains [1]. Ce fut bien l’expérience historique subie de la conquête et de l’esclavage qui incita les peuples à concevoir une définition de la liberté propre à l’espèce humaine et la Déclaration des droits humains exprime cette opposition à la conquête et à la mise en esclavage.

    Donc, la Révolution française de 1789 commença en rappelant les principes de la liberté personnelle contre l’esclavage, et de la liberté politique contre toute conquête pour définir les droits élémentaires de l’homme et du citoyen.

  Je rappelle que le mot homme a deux significations en français, la 1ère : membre du genre humain, qui est un collectif, englobe les deux sexes ; et la seconde, le mâle par opposition à la femelle.

Notons que l’historiographie de la Révolution a oublié l’abolition de l’esclavage du 4 février 1794 par la Convention montagnarde, durant tout le XIXè s et une grande partie du XXè s. Lors de l’abolition de l’esclavage de 1848, on avait déjà « oublié » celle du 4 février 1794 !

   Pourquoi ? Vous n’ignorez pas que la Révolution française de 1789 à 1794 a effrayé considérablement les classes dominantes, et continue de les effrayer, en fondant une République démocratique, portée par le peuple, qui réussit de juillet 1789 à juillet 1794, mais qui fut victime d’un Coup d’état parlementaire le 27 juillet 1794, le 9 thermidor : qui a provoqué la contre-révolution en France.

   La contre-révolution Thermidorienne établit une nouvelle constitution en 1795, réservée à une aristocratie des mâles riches, qui excluaient toutes les femmes et tous les travailleurs ouvriers et paysans. Les nombreuses Constitutions qui suivirent jusqu’en 1946, réservèrent la citoyenneté aux mâles, excluant les femmes, en construisant une nouvelle forme de patriarcat moderne adapté au développement du capitalisme, dont Napoléon fut le promoteur fort actif avec son Code civil, fort viril [2]. Enfin, la contre-révolution thermidorienne renoua avec une politique coloniale esclavagiste que « le côté gauche » de la Révolution avait entrepris de détruire dès 1789.

I/ J’en viens à la 1ère partie de mon propos : Y a-t-il eu une politique anticolonialiste, antiesclavagiste et antiraciste de la Révolution française, de 1789-1794 ?

  À la suite de la découverte du Nouveau monde par Christophe COLOMB en 1492, l’Espagne et le Portugal se taillèrent de vastes empires coloniaux. La mise en esclavage des autochtones sur les terres conquises ayant échoué, ces conquérants sous la direction de COLOMB introduisirent l’esclavage des Africains déportés en Amérique.

  Notons que ce fut tardivement, au XVIIès que les royaumes de France et d’Angleterre s’intéressèrent à se constituer un empire colonial, limité pour l’heure à quelques îles des Antilles. Le roi de France, Louis XIV, acheta au roi d’Espagne la partie ouest de l’île de St-Domingue en 1697 et possédait quelques îles plus petites : Ste-Lucie, la Grenade, la Martinique, la Guadeloupe, et sur le continent la Guyane.

 Les colons français achetaient la main-d’œuvre à la gigantesque industrie de la traite des captifs africains, qui fournissait déjà des esclaves africains au monde musulman, et qui s’est agrandie en peuplant aussi l’Amérique d’esclaves. Depuis la découverte du Nouveau monde, les colonies européennes se spécialisaient surtout dans la production du café et du sucre, rivalisant avec l’Empire musulman, qui avait commencé depuis le VIès de notre ère.

  COQUERY-VIDROVITCH, spécialiste de l’Afrique, a estimé la traite des captifs africains qui ont peuplé la colonisation de l’Amérique à 15 millions, du XVIè s à 1848, date de la suppression de la traite des captifs africains et de l’esclavage [3].

   Par exemple, à St-Domingue, colonie du Roi de France, qui devint la Perle des Antilles au XVIIIè s., comme premier producteur de sucre du Nouveau monde, la population des colons était en 1687 de 4.400 et les esclaves 3.300, mais un siècle plus tard, en 1780, les colons étaient 65.000 pour 450.000 esclaves : la proportion a changé et le nombre d’esclaves est devenu impressionnant [4].

   En 1685, au tout début de la colonie du Roi de France de St-Domingue et à la demande de colons, les mariages entre libres et femmes esclaves furent autorisés, parce que les colons voulaient épouser des femmes africaines qui leur plaisaient : le mariage affranchissait la femme africaine et ses enfants naissaient libres. C’est ainsi que le métissage se développa dans la classe des colons et, par voie de conséquence, en France, car les colons avaient des enfants métissés qui retournaient en France, et jeunes et riches, qui se mariaient dans la classe dominante.

  Cela nous indique qu’en 1685, les colons n’étaient pas racistes. Le nombre de métis progressa et dans les années 1720, soit 2 générations plus tard, une forme de racisme apparut chez une partie des colons qui se nommaient « colons blancs » et qui discriminaient la catégorie des « libres de couleur », en leur interdisant l’accès à des fonctions dans l’armée et dans l’administration de la colonie. Ainsi, ce furent les « colons blancs » qui prirent le pouvoir dans les colonies françaises.

  Puis, en 1789, le 26 août, les députés des « colons blancs » de St-Domingue, en bonne logique, refusent de voter la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, pour son son Art. 1: « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », ce qui interdit l’esclavage dans les colonies et quittent même l’Assemblée constituante. Les colons réclament une constitution esclavagiste pour rester une colonie française, sinon, ils menacent de passer sous la protection de l’Angleterre. Notons que la sécession des colons se porte sur les principes de la Déclaration des droits de 1789.

  À St-Domingue, les esclaves observent la guerre civile qui divise les colons, avec un grand intérêt et lorsque les « colons blancs » attaquent les « colons libres de couleur », les esclaves se rapprochent des « libres de couleur », préparant une alliance entre esclaves et libres de couleur contre les « colons blancs ».

    De leur côté, les esclaves de St-Domingue, lorsqu’ils eurent connaissance de la Déclaration des droits, approuvèrent son article 1er et se nourrissent de certains de ses principes, qui vont les armer intellectuellement et politiquement. Notons qu’en 1784, un groupe de « libres de couleur » dirigé par Julien RAIMOND, se trouve en France et informe le ministre de la marine de l’opposition des « colons blancs » contre les « libres de couleur ».

  En France, à l’Assemblée nationale, il y eut un important débat en mai 1790 sur la question d’en finir avec les conquêtes. Le député VOLNEY insista sur la nécessité de convoquer une Assemblée des nations, pour préparer l’alliance des peuples contre toute conquête. VOLNEY est favorable à la décolonisation [5]. ROBESPIERRE intervient aussi dans ce débat pour appuyer VOLNEY. Et le 22 mai 1790, l’Assemblée vote que la France renonce à toute conquête.

   Mais un an plus tard, en mai 1791, le parti colonial prit sa revanche. Le député MALOUET, un ténor du parti colonial, posait le problème suivant :

 « Il s’agit de savoir si l’existence des colonies esclavagistes est compatible avec les principes de la Déclaration des droits. Or, cela ne se peut car les colonies sont composées d’hommes libres et d’esclaves. Il est donc impossible d’appliquer aux colonies la Déclaration des droits sans exceptions. »

La Déclaration des droits s’oppose à l’existence des colonies esclavagistes ? Il faut donc se débarrasser de la Déclaration des droits explique MALOUET : et le côté droit va militer contre les principes de la Déclaration des droits.

     En mai 1791, le débat sur les colonies reprend à l’Assemblée. La situation de St-Domingue a évolué : la guerre civile entre « colons blancs » et « libres de couleur » s’est renforcée. Les colons blancs ont pris le pouvoir dans la colonie, mais constatent qu’une alliance se construit entre « libres de couleur » et esclaves.

    Puis, le 13 mai 1791, MOREAU de St-MÉRY, un colon député de la Martinique, propose de constitutionnaliser l’esclavage dans les colonies en amendant la Déclaration des droits, qui est antiesclavagiste par définition dans son art. 1 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

  ROBESPIERRE lui répond, je cite : « C’est un grand intérêt que la conservation de vos colonies, mais cet intérêt même est relatif à votre constitution ; et l’intérêt suprême de la nation et des colonies elles-mêmes, est que vous conserviez votre liberté et que vous ne renversiez pas, de vos propres mains, les bases de cette liberté. Eh ! périssent vos colonies si vous les conservez à ce prix. Oui, s’il fallait ou perdre vos colonies, ou perdre votre bonheur, votre gloire, votre liberté, je répéterais : périssent vos colonies [6]. »

   En France, le « côté gauche » s’exprime à l’Assemblée par l’abbé GRÉGOIRE, très actif dans la critique du colonialisme et de l’esclavage, et très proche de ROBESPIERRE, comme de Julien RAIMOND, qui prépare l’alliance entre « libres de couleur » et esclaves à St-Domingue.

   Au « côté droit », le parti brissotin/girondin [7] propose, en la personne de BRISSOT, chef de ce parti, non l’abolition de l’esclavage, mais son remplacement par l’élevage d’esclaves dans la colonie. J’explique pourquoi et comment : En fait, il s’agit de répondre au problème suivant : la traite des captifs africains vendus par les marchands, comme esclaves, a connu une hausse des prix tout au long du XVIIIè s, qui a été multiplié par trois : ce qui rend la fourniture en esclaves de plus en plus coûteuse. Les colons veulent s’en libérer. Mais, il n’y a qu’une seule solution : faire en sorte que le mariage d’esclaves soit prévu par les colons, pour fonder des familles. C’est ainsi que la main-d’œuvre dans la colonie se reproduira, mais cela exige de la part des colons des frais pour construire des maisons familiales et assurer des soins pour les esclaves à naître, qui n’existaient pas jusque-là. Notons que les esclaves refusaient de faire des enfants et préféraient tuer leurs bébés à la naissance, pour ne pas faire naître de nouveaux esclaves : c’était de leur part une forme de résistance à leur condition d’esclave.

Ci-dessous, portrait de Jacques Pierre BRISSOT (1754-1793),

ici en 1792, député de la Seine (1791-1792) (Assemblée législative)

puis d’Eure-et-Loir (1792-1793) (Convention)

    Une Société des Amis des Noirs fut créée en Angleterre, en 1787, pour tenter de résoudre ce problème de la hausse du prix d’achat des esclaves. BRISSOT fonda en France une Société des Amis des Noirs en 1788 et préconisa le même programme. Mais, on le voit, les Amis des Noirs sont contre l’abolition de l’esclavage et pour l’élevage d’esclaves dans la colonie : et, malgré leur nom, ce ne sont pas de véritables Amis pour les esclaves.

   Retournons à l’Assemblée nationale, en mai 1791 : le « côté droit » veut supprimer la Déclaration des droits du droit constitutionnel français, contre le « côté gauche » qui veut la maintenir. Le débat dura du 11 au 15 mai. Le « côté gauche », dirigé par GRÉGOIRE et ROBESPIERRE, prit la défense de la Déclaration des droits, c’est-à-dire de l’abolition de l’esclavage d’une part, et d’autre part, des droits de citoyen reconnus aux « libres de couleur », que refusaient les « colons blancs ». Mais le « côté gauche » fut battu le 15 mai 1791 : l’esclavage était maintenu et les droits de citoyen restaient refusés aux « libres de couleur »[8].

  De plus, l’Assemblée acheva le projet de Constitution, mais pour la France seulement, car le parti des colons, suivi par le « côté droit », refusaient d’y inclure les colonies, ce qui fut voté en septembre 1791.

    Cette première constitution française établissait un système censitaire, privilégiant une aristocratie des mâles riches, excluant toutes les femmes, même riches, et tous les travailleurs ouvriers et paysans. Mais, la Constitution de 1791 maintenait, en France, la Déclaration des droits, mais non dans les colonies, qui devaient recevoir une constitution spécifique et décidée par les colons eux-mêmes. On constate que les colons prirent leur indépendance au niveau du droit et une majorité les a soutenus.

     Enfin, la Société des Amis des Noirs de BRISSOT ferma ses portes, discrètement, fin 1791.

Ainsi, je conclus sur cette 1ère partie : le « côté gauche » a bien porté un projet politique anticolonialiste, antiesclavagiste et antiraciste, mais n’obtint pas la majorité des voix pour le transformer en loi [9].

 

II/ La Déclaration des Droits a-t-elle joué un rôle dans la révolte des esclaves de St-Domingue qui mena jusqu’à l’Indépendance d’Haïti, de 1791 à 1804 ?

      Dans la nuit du 22/23 août 1791, dans la Province du Cap à St-Domingue, plusieurs insurrections locales d’esclaves eurent lieu et des chefs apparurent comme BOUKMAN, JEAN-FRANÇOIS, BIASSOU, Toussaint LOUVERTURE, etc…

    LOUVERTURE choisit, au bout de quelques mois, d’organiser une véritable armée d’esclaves entraînés au combat et capables d’affronter l’armée des colons. En été 1792, il disposait de 500 hommes bien entraînés, qui furent le noyau du pouvoir des esclaves insurgés en lutte pour le drapeau de la Liberté générale et qui va progresser en nombre.

     Les insurrections d’esclaves se répandaient peu à peu dans les trois Provinces de la colonie, faisant changer la situation. L’insurrection dura de 1791 jusqu’à la Proclamation de l’Indépendance de la République d’Haïti, en 1804 : 13 ans durant.

     En 1791, les esclaves révoltés restaient sur les plantations que les colons avaient fuies, et les réorganisaient tout autrement, puisque leur travail avait pour but de les entretenir. Ou bien alors, certains esclaves quittèrent les plantations pour s’établir dans les collines, appelées à l’époque mornes, qu’ils se proposaient de défricher et de mettre en culture pour et par eux-mêmes. Pourquoi ces mornes n’étaient-ils pas utilisés par les colons ? Parce que la culture de la canne à sucre, culture coloniale principale, ne peut se faire qu’en plaine.

    La mise en culture de ces mornes, pour les besoins des esclaves révoltés est une véritable création de ce nouveau peuple qui lutte pour son indépendance et qui commença par inventer une « voie paysanne nouvelle », combinant des pratiques individuelles, avec habitat dispersé, et des pratiques collectives, comme le déboisement, la mise en culture, les chemins, etc…

     Les esclaves ont bien compris les principes de la Déclaration des droits et les utilise à leur manière, je cite un passage d’une lettre de JEAN-FRANÇOIS et BIASSOU, deux dirigeants du soulèvement des esclaves, en juillet 1792, adressée aux colons : « Placés sur la terre comme vous, nous sommes vos égaux en droits naturels et si la nature se plaît à diversifier les couleurs dans l’espèce humaine, il n’est pas un crime d’être noir, ni un avantage d’être blanc… ».

   Alors que les « libres de couleur » s’insurgent, eux aussi, en août 1791 à St-Domingue, voici qu’une alliance se dessine entre les deux classes : les colons libres de couleur et les esclaves contre le parti des colons blancs, sur les objectifs de l’abolition de l’esclavage et de la conquête de l’Indépendance.

     Par contre, en France, BRISSOT, le « faux Ami des Noirs », à la nouvelle de l’insurrection des esclaves de St-Domingue, réclama, à l’Assemblée, la répression des esclaves…

     Toutes ces nouvelles insurrections ranimèrent le débat en France : le « côté gauche » se renforce devant l’attaque contre la Déclaration des droits et le 4 avril 1792 l’Assemblée vote un décret qui reconnaît les droits politiques des « libres de couleur » et l’envoi d’une commission civile à St-Domingue pour le faire appliquer.

   POLVEREL et SONTHONAX, tous deux anti-colonialistes et anti-esclavagistes, qui se sont exprimés dans les journaux et comme membres de la Société des Amis de la Constitution, sont choisis comme commissaires civils à St-Domingue en juillet 1792, pour appliquer le décret en faveur des droits des libres de couleur. POLVEREL et SONTHONAX connaissaient Julien RAIMOND et son programme et vont appliquer, à St-Domingue, une politique d’alliance « des esclaves et des libres de couleur », contre le parti des « colons blancs » [10].

    Revenons en France au printemps 1792. Le roi Louis XVI forme un ministère brissotin pour déclarer la guerre à l’Autriche. Le calcul du roi est de perdre la guerre, avec la complicité des Brissotins, et de laisser entrer l’armée autrichienne en France, pour arrêter la Révolution et le remettre sur son trône : il s’agit d’une trahison par le roi de son peuple, à laquelle la reine, venue d’Autriche, participe pleinement et les Brissotins aussi.

   Le côté gauche, en la personne de ROBESPIERRE, appelle à la déchéance du roi et à l’élection d’une Convention élue par le peuple pour donner une nouvelle Constitution au pays. Ce qui se produit avec la Révolution du 10 août 1792 : le roi est emprisonné et la monarchie supprimée, la République est proclamée et les élections de la Convention ont lieu dès septembre. De plus, les armées, formées de volontaires, écrasent les forces autrichiennes et prussiennes à Valmy, le 20 septembre 1792.

   La Convention va être, au début, gouvernée par une majorité brissotine. Il y avait trois tendances politiques qui s’affrontaient à la Convention : le « côté gauche » formé de la Montagne, le « côté droit » dirigé par les Brissotins, et le « Marais » rassemblant des députés sans parti, qui votaient selon les propositions. Au début de la Convention, le Marais, craignant la Montagne et le peuple, vota avec les Brissotins. Puis, à mesure que la politique brissotine s’affirma, le Marais rallia peu à peu la Montagne.

   Les Brissotins déclarent la guerre le 1er février 1793 pour conquérir la rive gauche du Rhin, de la Hollande et de la Belgique aux États allemands frontaliers : en fait, c’est une guerre de diversion à laquelle s’opposent les soldats, qui sont des volontaires, et non des soldats du roi qui obéissent aux ordres. Et ce fut ainsi que les Brissotins perdirent la guerre dès le mois de mars.

   Que se passait-il en France depuis l’échec de la guerre brissotine ?  Une nouvelle Révolution populaire se préparait, celle des 31 mai-2 juin 1793 : ce furent une grande partie des électeurs des députés brissotins qui réclamaient la révocation de leurs élus depuis plusieurs mois.

  Je précise que le système électoral de l’époque autorisait les électeurs à révoquer leur mandataire, lorsqu’il avait trahi leur mandat. Ce système électoral n’a rien à voir avec le nôtre actuel. Le mandataire avait accepté un mandat écrit par les électeurs. Et s’il le violait, il pouvait être révoqué, parce qu’alors, c’était bien le peuple des électeurs qui était le souverain, et non les élus comme dans le système électoral actuel. C’est ce qu’il se passa avec cette nouvelle Révolution, qui révoqua les 32 députés brissotins par leurs électeurs, qui avaient écrit à la Convention.

  La Révolution dura 3 jours de débats à la Convention, qui, finalement, reconnut la révocation de ces 32 députés. Ces députés révoqués furent assignés à résidence, chez eux donc. Ce fut une Révolution pacifique, sans aucun mort ni blessé…

  Dès le lendemain 3 juin 1793, la question de l’abolition de l’esclavage fut reprise à la Société des Amis de la Constitution, qui reçut une délégation d’esclaves et de libres de couleur, avec en tête Jeanne ODO, une esclave âgée de 114 ans : cette exagération sur son âge signifiait qu’il était temps d’en finir avec l’esclavage ! Jeanne ODO, entourée de soldats antillais, demanda l’abolition de l’esclavage et les Montagnards prêtèrent le serment de rendre libres les esclaves.

Ci-dessous l’insurrection des esclaves de Saint-Domingue se prolonge à Paris. Les Hommes de couleur libres entrent dans la Convention et demandent l’abolition de l’esclavage dans l’empire colonial d’Ancien Régime. On voit Jeanne ODO à la tribune avec une jeune fille.

– Le lendemain 4 juin, la délégation des libres de couleur, Jeanne ODO en tête, est invitée à la Convention et présente le drapeau de l’égalité de l’épiderme : où un noir, un métis et un blanc sont représentés avec écrit sur le drapeau : « Notre union fera notre force ». L’abbé GRÉGOIRE, qui est le metteur en scène de ces épisodes, demande aux députés de se lever pour rendre hommage à Jeanne ODO : ce qui est fait et GRÉGOIRE demande l’abolition de l’esclavage à la Convention.

– Le 8 juin, la Commune de Paris organise une manifestation pour l’abolition de l’esclavage au Champ de Mars.

– Puis le 11 juin, la Commune de Paris fait connaître le drapeau de l’égalité de l’épiderme, qu’elle a fait peindre, au Peuple de Paris.

– Le 24 juin enfin, la nouvelle Déclaration des droits de 1793 est votée par la Convention et son art. 18 précise : « Tout homme peut engager ses services, mais ne peut se vendre ni être vendu. Sa personne n’est pas une propriété aliénable » [11].

   Que se passait-il à St-Domingue pendant ce temps-là ? Nous en sommes restés au fait que la politique brissotine n’est plus appliquée depuis l’arrivée de POLVEREL et SONTHONAX, qui soutiennent l’alliance des esclaves et des libres de couleur contre le parti des colons blancs.

  Mais en France, le gouvernement brissotin a décidé secrètement d’arrêter POLVEREL et SONTHONAX et, en avril 93, envoie un colon, GALBAUD, comme général à la tête d’une armée, qui débarque fin mai 1793 à St-Domingue. (Il faut 6 semaines pour atteindre St-Domingue.)

    POLVEREL et SONTHONAX font appel aux armées de libres de couleur et d’esclaves : cette bataille, qui prend un caractère national pour St-Domingue, est décisive et écrase l’armée de GALBAUD qui, vaincu, prend la fuite le 25 juin 93 !

À la suite de cette immense victoire, 10.000 colons vont quitter la colonie : c’était la fin de la domination des colons blancs à St-Domingue !

Puis, la population de la Province du Nord se réunit dans la ville du Cap et proposa d’abolir l’esclavage dans la colonie, ce qui est voté le 24 août 1793. POLVEREL et SONTHONAX s’y rallient le 29 août et publient le texte de la Déclaration des droits de 1789, qui était interdite jusque-là par les « colons blancs » !

  POLVEREL part dans les deux autres Provinces, pour les informer de l’abolition de l’esclavage votée au Cap. Les deux autres Provinces décident l’abolition de l’esclavage début septembre.

  Retournons au Cap, où « le nouveau peuple libre de St-Domingue » (c’est ainsi qu’il se nomme à juste titre) décide d’élire des députés pour porter le décret d’abolition de l’esclavage en France : trois députés, 1 noir, 1 métis et 1 blanc sont élus, par les assemblées primaires de ces nouveaux citoyens, pour former le drapeau vivant de l’égalité de l’épiderme : Jean-Baptiste BELLEY, J-B MILLS et Louis DUFAŸ, tous trois des vainqueurs de GALBAUD, furent élus le 24 septembre 1793. Le drapeau vivant de l’égalité de l’épiderme réussit à partir en France avec l’aide des États-Unis.

  Cependant, à l’appel des colons français, les Anglais avaient débarqué à St-Domingue le 19 septembre 93. La marine anglaise était dans l’île de la Jamaïque, voisine de St-Domingue. Ce fut alors que Toussaint LOUVERTURE décida de commencer la Guerre d’Indépendance de la colonie, avec une armée bien entraînée, maintenant de 4.000 hommes.

   La députation de St-Domingue débarquait en France et atteignit Paris le 23 janvier 1794. Le Comité de salut public prépara sa réception à la Convention pour le 3 février, où elle entendit le récit de la députation, qui racontait les évènements de St-Domingue, depuis la fuite de GALBAUD et l’abolition de l’esclavage. Le lendemain, 4 février, le débat se poursuivit et la Convention proposa d’élargir l’abolition de l’esclavage à toutes les colonies françaises et vota : l’assemblée tout entière se leva pour acclamer la députation de St-Domingue.

  En France, un mouvement parti des communes décidait de fêter cette libération des esclaves. Chaque jour, de février à juillet 1794, la Convention entendit des adresses venues de communes de France, la félicitant d’avoir aboli l’esclavage. J’en ai recensé plus de 600 [12], c’est dire que cela fut soutenu par beaucoup de communes en France.

   Comme on le constate, ce furent des esclaves et des libres de couleur qui prirent l’initiative d’abolir l’esclavage à St-Domingue et envoyèrent une députation élue de l’Egalité de l’épiderme à la France, pour l’inviter à faire de même.

  Enfin, le 12 avril 1794, la Convention confiait à CHAMBON une expédition de 7 navires avec 1500 soldats pour se défendre contre l’Angleterre, fournir des armes et des munitions pour le Nouveau peuple de St-Domingue comme elle s’y était engagée, et ramener en France POLVEREL et SONTHONAX.

  À St-Domingue, ce fut à l’arrivée de l’expédition que LOUVERTURE apprit que la Convention avait voté l’abolition de l’esclavage ; il rallia alors le général LAVEAUX, qui soutenait POLVEREL et SONTHONAX.

    Puis, POLVEREL et SONTHONAX nommèrent LAVEAUX gouverneur de St-Domingue, et retournèrent en France avec l’expédition.

En juin, LOUVERTURE écrasait les Espagnols, qui soutenaient les colons français, avant de s’attaquer à l’occupation anglaise.

III. À l’heure de la contre-révolution en France, quel fut le résultat ?

  – La contre-révolution thermidorienne du 27 juillet 1794 prenait le pouvoir en France. Après avoir exécuté 105 députés du « côté gauche », elle vota, le 22 août 1795 la nouvelle Constitution, qui rétablissait une aristocratie des mâles riches, excluant toutes les femmes et tous les travailleurs manuels de l’agriculture et de l’industrie, et, par ailleurs, supprimait les institutions communales démocratiques.

   – Les Thermidoriens, soutenus par le parti colonial, préparent le rétablissement de l’esclavage dans les colonies. Mais à St-Domingue, LOUVERTURE est un sérieux obstacle et mène la guerre contre l’occupation anglaise. Avec son armée bien entraînée, il bat les Anglais : l’armée anglaise a perdu 100.000 hommes ! Et LOUVERTURE signa la reddition du général MAITLAND en août 1798 : ce fut le 1er acte d’Indépendance de LOUVERTURE. Il négocia ensuite des accords commerciaux avec les  États-Unis et l’Angleterre.

   Mais la situation en France changea avec le Coup d’Etat de BONAPARTE, en 1799 qui, soutenu par le parti colonial, cherchait à conquérir un nouvel empire colonial. En février 1802, Bonaparte envoyait une armée de 30.000 hommes, dirigée par son beau-frère LECLERC, pour reconquérir St-Domingue et y rétablir l’esclavage. Voilà le programme de BONAPARTE…

   Face à la résistance des soldats de LOUVERTURE, LECLERC dut composer et promit, au début, de maintenir l’abolition de l’esclavage. Mais, durant l’été 1802, l’armée de LECLERC, atteinte de fièvre jaune, disparaissait à vue d’œil et LECLERC lui-même en mourut.

En mai 1802, à Paris, BONAPARTE fit voter le rétablissement de l’esclavage. Puis, à St-Domingue, LOUVERTURE fut capturé en juin par l’armée française, réexpédié en France et emprisonné immédiatement. Une fois en France, BONAPARTE l’envoya au Fort-de-Joux, dans le Jura, où il mourut de froid, le 7 avril 1803.

    Toutefois, à St-Domingue, l’arrestation de LOUVERTURE provoqua un soulèvement populaire.

    Le général ROCHAMBEAU remplaça LECLERC et arriva avec une seconde armée de 35.000 hommes, pour mener cette fois, une guerre d’extermination des esclaves. Un des généraux de LOUVERTURE, DESSALINES prit la direction de la résistance en combinant la guerre offensive avec ses soldats et la guerre du peuple. Et le 18 novembre 1803, ROCHAMBEAU capitulait. BONAPARTE, battu à St-Domingue, perdit deux corps d’armée, soit plus de 60.000 hommes !

   Enfin, le 1er janvier 1804, la République indépendante d’HAÏTI fut proclamée, se déclarant Patrie des Africains du Nouveau Monde et de leurs descendants. HAÏTI était le nom des autochtones de l’île, qui furent exterminés par les conquérants espagnols.

   Depuis 1804, les puissances colonialistes firent tous leurs efforts possibles pour empoisonner l’Indépendance haïtienne, cherchant à étouffer le grand legs de LOUVERTURE : la liberté générale, le premier gouvernement né de l’anticolonialisme et de l’égalité de l’épiderme…

   Dans les autres colonies reprises par BONAPARTE : GUADELOUPE, MARTINIQUE, GUYANE, l’esclavage fut rétabli et l’égalité de l’épiderme supprimée par la loi votée le 20 mai 1802, qui doit être connue, je cite : « Jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné, le titre de citoyen français ne sera porté dans l’étendue de ces colonies que par les blancs ».

   Ce qu’introduisait cette définition de BONAPARTE du citoyen dans les colonies, c’était bien un racisme que l’Ancien régime monarchique n’avait pas connu, puisque l’Edit de 1685 autorisait les mariages entre couleurs. La loi de 1802 exprimait un racisme contre les Africains et les métissés, puisque, seuls les Blancs étaient citoyens. Ce fut bien BONAPARTE qui passa du préjugé de couleur à l’institution du racisme biologique, divisant le genre humain selon la couleur de peau, donnant enfin satisfaction au parti des « colons blancs », qui l’avaient préparé dans leur opposition aux « colons libres de couleur » tout au long du XVIIIè s.

Conclusion

   Par contre, la politique coloniale du gouvernement anglais décidait d’en finir avec la traite des esclaves : il avait déjà expérimenté dans ses propres colonies, réduites en Amérique à la petite île de la Jamaïque, qui lui servait de laboratoire, de remplacer la traite et l’achat de captifs africains par une politique de mariages entre esclaves qui se reproduisaient et supprimaient la traite des esclaves : ce qui allait se développer tout au long du XIXè s. La politique anglaise allait être imitée par les gouvernements français successifs, et d’autres gouvernements colonialistes et esclavagistes. Ce qui permit à l’Angleterre de décider l’interdiction de la traite des captifs africains par les Européens le 1er janvier 1808. Alors, les navires anglais inaugurèrent « la police des océans » pour arrêter les bateaux négriers et libérer les captifs africains, en les envoyant en SIERRA LEONE. Puis, en 1833, les Anglais abolirent l’esclavage à la Jamaïque, pour le remplacer par le racisme biologique. En 1848, les Français les imitaient, et remplaçaient l’esclavage par le racisme. Mais vous avez compris que remplacer l’esclavage par le racisme, ce n’est pas la liberté au sens du droit naturel humain, comme l’a si bien dit GRATIEN au XIIè s. : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

    Pour finir, je voudrais faire remarquer que les thèmes de l’indépendance des peuples conquis et mis en esclavage, ont pris consistance dans un moment de l’histoire du XVIIIè s, où un mouvement de décolonisation prit corps en CORSE, colonisée par Gênes, de 1729 à 1765, reconquise par le roi de France en 1768 : ce mouvement de décolonisation fut prolongé aux débuts du XIXè s, avec l’Indépendance d’HAÏTI en 1804.

   Je précise que l’histoire des colonies esclavagistes du Royaume de France aux Antilles, aux XVIIè s et XVIIIè s, n’a pas été enseignée, mais plutôt cachée, et pour cause. Depuis le XIXè s, les politiques coloniales européennes dirigeaient leurs conquêtes en Afrique et en Asie où l’on remplaça l’esclavage par le travail forcé…

   La République d’Haïti avait ses propres historiens qui ont commencé à écrire leur histoire dès l’Indépendance en 1804, mais n’étaient ni recherchés ni lus en France, je vous cite le premier historien haïtien : Thomas MADIOU, Histoire d’Haïti, de 1492 à 1848, en 8 vol., 1850, réédition par Henri Deschamps, Port-au-Prince,1989.

     Puis, au XXè s, les premiers historiens à étudier la période révolutionnaire furent Cyril L.R. JAMES, Les Jacobins noirs, traduit de l’anglais de l’île de Trinidad en 1938 et Aimé CÉSAIRE, un martiniquais, qui publia Toussaint-Louverture. La Révolution française et le problème colonial, en 1961.

   Mais il faut savoir que l’histoire des colonies esclavagistes a été dissimulée tout au long du XIXè et dans la première moitié du XXè s. Et ce fut depuis la décolonisation que des historiens se sont intéressés au sujet. Pour ma part, j’ai pu rencontrer Yves BÉNOT, un spécialiste de l’Afrique qui s’est intéressé à DIDEROT, et qui a beaucoup écrit sur la question coloniale : BÉNOT [13] s’est mis à étudier les soulèvements de la colonie française de St-Domingue.

Florence GAUTHIER,

historienne des Révolutions

de France et de Saint-Domingue/Haïti

NOTES

[1] Bryan WARD-PERKINS, La Chute de l’Empire romain, Oxford, 2005, trad. en français Paris, 2014, Alma éd.

[2] Voir J. GODECHOT, Les Constitutions de la France depuis 1789, Garnier-Flammarion, 1979.

[3] Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Enjeux politiques de l’Histoire coloniale, Agone, 2009. P. ISMARD dir. Les Mondes de l’esclavage. Histoire comparée, Paris, Seuil, 2021.

[4] Voir Michel DEVEZE, Antilles, Guyane, Caraïbes, 1492-1789, SEDES, 1977, chap. IX et X.

[5] Florence GAUTHIER, Triomphe et mort de la Révolution des droits de l’homme et du citoyen, IIIè Partie, 2. La guerre de conquête est incompatible avec la Déclaration des droits, p. 157 et s.

[6] Robespierre, Œuvres, t. 7, séance du 13 mai 1791, p. 363.

[7] Le terme Girondin fut inventé par les historiens du XIXè s. qui ont utilisé ce terme, alors que l’on trouve le terme BRISSOTIN pour nommer ce parti dans les archives de la période : BRISSOT était le nom du dirigeant de ce parti. En tant qu’historienne, j’utilise le terme des archives : Brissotin.

[8] Voir F. GAUTHIER, Aux origines du racisme moderne, CNRS éd., 2024, op. cit., 4è Partie, chap. 2.

[9] Pour toute cette partie, voir F. GAUTHIER, Aux origines du racisme moderne, op. cit., 4è Partie, chap. 1 à 3.

[10] F. Gauthier, Triomphe et mort de la Révolution des droits de l’homme, op. cit., IIIè Partie, Chap. 7, 8 et 9 et Aux origines du racisme moderne, IVè Partie, chap. 2 et 3.

[11] Voir les historiens haïtiens, Thomas MADIOU, Histoire d’Haïti, H. Deschamps, Port-au-Prince, 1847, rééd. 1989, t. 1, p. 175 à 216 et Horace P. SANNON, Histoire de Toussaint-Louverture, t. 1, 1920, rééd. Patrimoine, 1989, Port-au-Prince, p. 245-252 ;  F. GAUTHIER, Triomphe et mort du droit naturel, IIIè Partie, chap. 9 à 12.

[12] Elles se trouvent dans les Archives Parlementaires depuis la date d’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies françaises du 4 février 1794.

[13] Y. BÉNOT, Diderot, de l’athéisme à l’anticolonialisme, Paris, Maspero, 1981 ; Id., La Révolution française et la fin des colonies, Paris, Maspero, 1988 ; Id., La démence coloniale sous Napoléon, Paris, Ed. de la Découverte, 1992.

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