La rentrée d’ANTEMANHA, poétesse et artiste franco-allemande au service de l’art poétique et de la paix par Louis SAISI

Notre amie ANTEMANHA, poétesse franco-allemande et récitante bilingue, n’est pas une inconnue sur ce site car nous avons déjà publié d’elle, le 15 février 2025, le poème « Cendre et or » dans lequel elle dénonçait la destruction des écoles de Gaza privant les enfants de l’enclave palestinienne de l’éducation, notre bien le plus précieux contre la barbarie, comme l’a si lumineusement démontré le regretté professeur Bernard  CHARLOT dans son magistral ouvrage Éducation ou barbarie (2020) [(cf. Bernard CHARLOT, Education ou barbarie (2020) ; voir sur ce site L’être Humain Est une Aventure. Pour une anthropo-pédagogie contemporaine par Bernard CHARLOT, 12 avril 2023, https://ideesaisies.deploie.com/letre-humain-est…-bernard-charlot/)].

1/ Le vernissage du tableau « The Big Cheese » de Philip ORENSTEIN le 13 septembre 2026

Dans le cadre de sa rentrée littéraire, elle était présente, le 13 septembre 2026, à HOUDAN, avec d’autres artistes du collectif Regard Parole [1], auprès de l’artiste Philip ORENSTEIN pour le vernissage du tableau « The Big Cheese » offert par son auteur à la ville de HOUDAN en 1994, qui fut oublié pendant 30 ans avant d’être retrouvé et restauré. Ce tableau représentant un bateau est monumental par ses dimensions :  3,10 m de long pour 1,26 m de haut.  C’est le tableau qu’en 1994, Philip ORENSTEIN – qui y a travaillé pendant 2 ans –  offrit cette année-là à la ville de HOUDAN comme le signe de sa gratitude et de ses remerciements pour l’avoir caché, lui, Philippe, alors âgé de 3 ans, avec son frère aîné, Serge, 6 ans, dans cette ville des Yvelines, suite à l’initiative de leur mère dont le mari était prisonnier de guerre. Au milieu des enfants de prisonniers de guerre, les deux garçonnets furent accueillis dans une maison et famille près de l’Opton. La vie s’organisa autour d’eux pour que les Allemands ne découvrent pas qu’ils étaient juifs en faisant en sorte qu’ils ne fussent pas distingués des autres enfants.

Il ne s’agissait pas seulement de les cacher aux Allemands, probablement peu présents dans cette ville. Mais des Français auraient pu les dénoncer car la plupart s’arrangeaient hélàs bien de l’occupation et certains mêmes collaboraient avec les Allemands. C’est ainsi  que le prêtre et le préfet se seraient mis d’accord sur une résistance tacite, le prêtre ayant même menacé d’excommunication tout catholique dénonçant des juifs.,

Ci-dessous, le 13 septembre 2026, à LA TANNERIE de HOUDAN, l’artiste Philip ORENSTEIN et en arrière-plan son oeuvre  « The Big Cheese », © Daniel Huchon.

La ville de HOUDAN avait perdu la trace des frères ORENSTEIN car à la fin de la guerre, la famille ORENSTEIN – qui s’était retrouvée à Paris – décida peu après de s’exiler aux États-Unis. En effet, en 1949, le bateau « Ile-de-France » embarqua Philippe, son frère Serge et leur famille, avec un aller simple, pour s’établir définitivement aux États-Unis. Pour entrer dans leur nouvelle vie américaine, Philippe devint Philip, et Serge devint Stephen, une vie de physiciens pour les deux frères mais aussi d’artiste autodidacte pour le cadet qui fréquentait assidûment les milieux artistiques new-yorkais [2].

C’est un habitant de HOUDAN, Dominique LEONARDI, qui, à l’occasion d’un voyage à New-York, découvrit dans une galerie d’art, un artiste qui mettait « Houdan » dans toutes ses œuvres. Or cet artiste n’était autre que Philip ORENSTEIN qui manifestait ainsi sa reconnaissance à cette ville qui, en 1942, les avait sauvés, lui et son frère, ce qui l’incitait à inscrire le nom de cette ville dans chacun de ses tableaux. Le contact fut repris entre la ville de HOUDAN et l’artiste. Et, à l’occasion du 50e anniversaire de la Libération de HOUDAN, Philip ORENSTEIN et son frère furent invités par les autorités locales à cette commémoration à l’occasion de laquelle Philip offrit son tableau « The Big Cheese » à la ville qui les avait sauvés de la persécution nazie.

Le tableau précité était un clin d’oeil au bateau qu’avec sa famille Philip ORENSTEIN avait pris pour s’exiler aux États-Unis. Sur ce tableau  54 symboles y sont représentés, dont beaucoup ont un lien avec HOUDAN. Mais après la cérémonie, le tableau fut rangé dans la salle des archives et oublié pendant 30 ans, jusqu’au jour où il fut retrouvé.

La restauration du tableau fut alors envisagée et confiée ensuite à Siuàn CALANDRI, un expert en restauration d’art. Elle devait être suivie par une cérémonie de présentation officielle de « The Big Cheese ». C’est cette présentation qui a eu lieu le dimanche 13 septembre 2026, à HOUDAN [3] à la galerie LA TANNERIE [4]  en présence de l’artiste, aujourd’hui âgé de 88 ans (il est né à Paris en 1938) et qui se dit heureux de revenir, accompagné de sa famille, dans cette ville qui a changé le cours de sa vie. La présentation de dimanche dernier a été suivie par une nombreuse assitance passionnée par l’histoire singulière de Philip ORENSTEIN et de son tableau.

Louis SAISI

Paris, le 14 septembre 2020

Ci-dessous, une vue de l’assistance nombreuse venue le dimanche 13 septembre 2026 à la présentation de « The Big Cheese » en présence de son auteur, l’artiste Philip ORENSTEIN, © Daniel Huchon.

NOTES

[1] C’est à à TRAPPES, en 1973, que l’association REGARD-PAROLE a été fondée par Marc GIAI-MINIET, peintre, graveur et sculpteur français, avec des artistes et des poètes de la région, tous bénévoles. Elle a pour  objectif de « promouvoir toute forme d’activité culturelle et artistique dans le cadre de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines et sa région et favoriser les contacts des artistes entre eux et avec le plus grand public. Prendre en charge et générer des événements en s’intégrant dans la vie locale ». Très vite, de nombreux artistes rejoignent le groupe et adhèrent au projet. Durant plus de 35 années, REGARD-PAROLE a organisé de nombreuses expositions en Ville Nouvelle de Saint- Quentin-en-Yvelines, dans la région parisienne, et a participé à de nombreux échanges et manifestations en France et à l’étranger. L’association a toujours tenu à éditer affiches et catalogues, et elle a invité de très nombreux artistes reconnus comme Ousmane SOW, Jean RUSTIN, CHASSE- POT, HADAD, WEISS…
[2] Après avoir quitté le College of Engineering de l’université de NEW-YORK, dans le Bronx, Philip ORENSTEIN entra, en 1957, à RUTGERS, université d’État du NEW JERSEY, où il se spécialisa en physique, sans cesser de manifester un vif  intérêt pour l’art, ce qui le conduisait à peindre chaque fois qu’il en avait l’occasion. C’est qu’en vivant à NEW-YORK, dans les années cinquante, ORENSTEIN avait développé une véritable passion pour la visite des musées et des galeries d’art, juste au moment où les Expressionnistes abstraits commençaient à se faire connaître. À RUTGERS, il s’impliqua dans le milieu artistique. Bien qu’il n’ait jamais suivi de cours en studio d’art, il continua à peindre et à étudier l’histoire de l’art. Il suivit un cours sur l’histoire de l’art moderne avec Allan KAPROW, lui-même lié au monde artistique new-yorkais, en particulier au groupe de jeunes artistes qui se rebellaient contre l’expressionnisme abstrait. Ce même Allan KAPROW devint vite le chef de file de ceux qui rejetaient toutes les idées reçues concernant l’art, au point de vouloir effacer toutes les frontières entre art et non-art (influence de DUCHAMP, d’Antonin ARTAUD et des surréalistes en général). Il fut considéré ensuite comme l’un des pères du Happening dont la traduction possible pourrait être une « intervention artistique ». Il s’agit d’une représentation, un événement ou une situation qui peut être considérée comme un art impliquant la participation active du public, public qui n’est plus considéré tel quel, mais comme intervenant. ll se caractérise également par sa spontanéité. KAPROW lui-même en donnait la définition suivante : « Un happening est un environnement exalté, dans lequel le mouvement et l’activité sont intensifiés pendant un temps limité et où, en règle générale, les gens s’assemblent à un moment donné pour une action dramatique. » (1957)
[3] Pour information, HOUDAN est environ à 45′ de PARIS par train le plus rapide, en direction de Dreux, la galerie La Tannerie, 57 rue de Paris étant proche de la gare. En moyenne, le trajet en train, de PARIS à HOUDAN, dure environ 55 minutes, mais avec le train le plus rapide il ne prend seulement que 46 minutes. Il y a un train disponible toutes les heures entre PARIS et HOUDAN (sncf-voyageurs.com).
[4] L’association REGARD-PAROLE – créée, comme il a été dit, en 1973 – avait depuis longtemps le projet de créer un espace d’art contemporain pour favoriser les rencontres entre des artistes et tous les publics (professionnels, amateurs, scolaires, étudiants…) pour développer et diffuser la culture artistique. Ce projet prit corps à La Tannerie, bâtiment entièrement rénové par la Municipalité de HOUDAN et la Communauté de communes du Pays Houdanais avec l’aide du Conseil Général des Yvelines. La gestion de cet Espace d’Art Contemporain est confiée, par convention et pour une durée initiale de 7 ans, à l’association REGARD-PAROLE. La Tannerie fut inaugurée le 3 avril 2010 par le Maire de Houdan (M. Jean-Marie TÉTART), et Hervé PETIT, Président de REGARD-PAROLE, en présence du conseil municipal, des membres de l’association et d’une très nombreuse assistance.
2/ Les autres rendez-vous de la rentrée littéraire d’ANTEMANHA
La rentrée littéraire d’ANTEMANHA, riche et forte, s’effectue avec la présentation de ses oeuvres Habitat fragile et Densité des rouges-gorges,  et sa participation, à une série d’activités artistiques diverses selon l’Agenda ci-dessous :
👉 du 11/9 au 1/11, exposition Dans le sillage du Big Cheese à la Tannerie, 57 rue de Paris, 78550 Houdan

Œuvres de Philip ORENSTEIN et des artistes/poètes du collectif Regard-Parole (voir l’illustration ci-dessus)

👉 vernissage ce 13 septembre à 11h

L’œuvre Habitat fragile d’ANTEMANHA, née de 3 anthologies* en hommage à la Palestine, y sera exposée.

Installation de rameaux de charme, mousses, copies de broderies palestiniennes, tissus dentelés, fils de coton, fils de lin, extraits de poèmes de 26 poètes sur papier ; 100 x 100 x 80 cm.

*Que ma mort apporte l’espoir – poèmes de Gaza, Orient XXI, Libertalia, 2024 ; Polyphonie pour la Palestine – 102 poètes, Éditions L’Harmattan 2026 et Palestine en éclats, Anthologie de la poésie palestinienne féminine contemporaine, éditions Al Manar 2025

👉 le 19 septembre à 17h00 
Lectures de poésie avec musique : Incantations à voix multiples pour la paix, pour la vie organisées par le WPM (World Poetry Movement).
Centre culturel la Vache Bleue, 25 Quai de l’Oise, 75019 Paris.
👉 le 8 octobre à 18h30
Performance poético-musicale pour le recueil d’ANTEMANHA Densité des rouges-gorges qu’elle animera avec Florentino CALVO, mandole et mandoline. Œuvres de Bruno Giner, Régis Campo, Tomás Bordalejo, Claude Barthélémy et J.S. Bach. Librairie Le Presse Papier, 28 avenue Gabriel Péri, 95100 Argenteuil.
À noter également que Marie-Hélène Proutheau et Nasser-Edine Boucheqif (revue Polyglotte n°3), selon ANTEMANHA elle-même, lui ont fait l’honneur de rédiger des notes de lecture :

👉 le 1er novembre à 16h, finissage de l’exposition Dans le sillage du Big Cheese à la Tannerie, 57 rue de Paris, 78550 Houdan

Dix poètes liront des textes de la Polyphonie pour la Palestine. Avec Michel et Tristan Cassir, Jean Poncet, Nelly Détré, Philippe Tancelin, Sonia Delmas, Olivia Elias, Hala Habache, Emmanuelle Malhappe et Antemanha. Sous la baguette musicale de Claudia Christiansen, suivi d’une dédicace/signature et du verre de l’amitié.

👉Les ateliers d’écriture mensuels d’ANTEMANHA reprendront début octobre.

 

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