Au sortir du puissant film « Qui vit encore » de Nicolas WADIMOFF par Philippe TANCELIN, poète-philosophe

QUI VIT ENCORE

Notre ami Philippe TANCELIN, poète-philosophe, nous livre ci-dessous sa perception très forte et vibrante du film Qui vit encore réalisé en 2025 par Nicolas WADIMOFF [1]. Ce film documentaire met en images fortes les témoignages de neuf Palestiniens de Gaza qui racontent leur survie durant la guerre en cours à Gaza [2].

Une carte de Gaza, ses villes, camps et quartiers. Peinture blanche sur un sol noir. Dans les contours tracés sommairement, neuf réfugiés – qui ont pu échapper à l’enfer meurtrier des balles, des bombes lors de la destruction massive de leur ville et de l’anéantissement de la population civile palestinienne – racontent leurs vies d’avant, ainsi que la perte d’êtres proches et chers. C’est le témoignage d’existences brisées, mais pas totalement pulvérisées. En livrant leurs récits, ces neuf réfugiés s’efforcent ainsi de retrouver leur identité et singularité afin de cesser d’être des fantômes. De revenir, après l’enfer, peut-être encore à la vie (d’où le titre du film).

La sortie en salles de ce film poignant débutera, en France, à partir du 14 octobre 2026.

Louis SAISI

Au sortir du puissant film « QUI VIT ENCORE »
par Philippe TANCELIN

Vous avez tant souffert
Vous souffrez tant ce jour
et souffrirez tant encore
aussi longtemps que nous ne saurons pas recouvrer la part d’humanité qui nous lie essentiellement à vous : pères, mères sœurs, frères humains de Palestine en temps de détresse.
Les témoignages de pudeur et de dignité que vous nous tendez à travers ce film sur les exilés de Gaza, figurent une main de pure offrande.
Depuis la douleur et la peine qui jamais ne l’endurcissent, votre main est tendre à nous ouvrir le chemin de reconnaissance de votre intériorité résistante qui fait la grandeur mémorable de votre peuple.
Les vues obscènes qui depuis des mois, à travers médias et réseaux vulgarisent l’abîme-Gaza, sont ici refoulées par vos paroles, vos voix, vos visages, vos corps qui sur les maisons détruites, rebâtissent une demeure abritant votre authentique image de déplacés qui malgré l’exil, habitent toujours la place pérenne de leur terre, de leur patrie en leur Être-même.
Pareille offrande jouit ici d’un messager artiste de grande valeur esthétique autant qu’éthique, en la personne du réalisateur Nicolas WADIMOFF.

Philippe TANCELIN
Paris, le 3 octobre 2026

NOTES sur l’auteur et le film

[1] Nicolas WADIMOFF (ci-contre) est un producteur et réalisateur suisse né le 26 août 1964 à Genève.
Avant d’entamer une carrière cinématographique, il fut successivement guitariste dans un groupe de rock, avec lequel il se produisit dans plusieurs pays d’Europe, puis il devint membre fondateur de l’association Etat d’Urgences, collectif chargé de la gestion, depuis 1989, de l’Usine qui rassemble une vingtaine de collectifs et d’associations. Fondé sur l’autogestion, l’égalité et l’inclusivité, le lieu propose une programmation variée et des espaces de création, favorisant les pratiques alternatives et non oppressives. L’association revendique une éthique de vie et de travail fondée sur « l’autogestion, le plaisir et l’ouverture aux autres ». Sa programmation se caractérise par son caractère novateur, en marge du marché et de sa logique de profit.
Après des études de cinéma à Montréal, Nicolas WADIMOFF tourna en 1990 son premier documentaire « Le Bol », sur une soupe populaire à Genève, puis, en 1991, « Les Gants d’Or d’Akka», sur un boxeur palestinien d’Israël. Depuis, sa filmographie n’a cessé de se développer et porte sur une vingtaine de films parmi lesquels, en 2016, le documentaire consacré à son compatriote Jean ZIEGLER (1934-2026) – homme politique, altermondialiste et sociologue qui fut une haute figure intellectuelle et morale de son pays – intitulé Jean Ziegler l’optimisme de la volonté. Jean ZIEGLER siégea au Conseil des droits de l’homme de l’ONU où il lutta contre les « fonds vautours », un nouvel avatar du « monstre ». Il retourna à Cuba, qui est selon lui la mère de toutes les forces anticapitalistes. Sa visite devint un dialogue entre réalité et symbolisme, confrontant sa pensée au destin cubain d’aujourd’hui. Ce film avait reçu le prix du jury La Brénaz au festival du film et forum international sur les droits humains de Genève et a été nommé au Prix du cinéma suisse du meilleur documentaire.

[2] Le film Qui vit encore – qui est une coproduction entre la Suisse, la France et la Palestine – est construit à partir des témoignages de neuf Palestiniens de Gaza qui racontent leur survie de la guerre en cours à Gaza que le poète palestinien Ziad MEDOUKH a lui-même évoqué pludieurs fois sur notre site à travers son propre témoignage sur l’enfer quotidien de Gaza.

Le film constitue un documentaire dont la force de l’image, poignante, explore la perte et la préservation de l’identité dans les moments les plus terriblement sombres. Les neuf réfugiés palestiniens racontent leur vie avant la guerre et leur fuite, exprimant leur profond attachement à Gaza, à leur famille et à leurs amis. Bien que leur ancienne vie ait été brisée, ils cherchent néanmoins une forme de résurrection en affichant leur volonté de renouer avec la vie. Qui vit encore a été présenté en avant-première mondiale à la 82e Mostra de Venise et a été choisi pour représenter la Suisse dans la catégorie du meilleur film international lors de la 99e cérémonie des Oscars.

Il a été présenté en avant-première mondiale le 3 septembre 2025 dans la section des Giornate degli autori de la 82e Mostra de Venise. Comme il a été dit, la sortie de ce film sur les écrans, en France, assurée par Una Mattina Films, est prévue à partir du 14 octobre 2026.

Le film a été choisi pour représenter la Suisse dans la catégorie du meilleur film international lors de la 99e cérémonie des Oscars qui devrait se tenir le 14 mars 2027.

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