A quoi sert la philanthropie? (Didier MINOT), compte rendu de Louis SAISI

À quoi sert la philanthropie ? – Richesse privée, action publique ou mobilisation citoyenne (Didier MINOT)

Compte rendu/analyse : Louis SAISI

Enfin le livre que nous attendions sur la philanthropie !

Nous avions tous l’intuition que la philanthropie était bien trop souvent l’arbre réputé vertueux qui cache la forêt touffue et souvent obscure des intérêts personnels au sein de sociétés capitalistes tournées vers la recherche de la maximisation du profit. Mais l’intuition, même la plus fulgurante et brillante, n’équivaut jamais à une solide démonstration.

Cet ouvrage de référence sur la philanthropie, nous le tenons, enfin, à travers le beau livre de Didier MINOT en forme de question « À quoi sert la philanthropie ? » et au sous-titre non moins évocateur quant à l’ampleur de son enquête « Richesse privée, action publique ou mobilisation citoyenne » publié début novembre 2019 (Éditions Charles Léopold Meyer, Paris, 203 pages).

Mais cet ouvrage ne se veut pas une simple description froide et académique de l’état de la question car Didier MINOT est aussi un militant luttant pour  « l’émergence d’une (autre) vision du monde alternative », un « monde pour tous, responsable, solidaire et fraternel » qu’il aborde dans une troisième partie en appelant à la conscience de ses concitoyens. Et cette troisième partie, fruit de sa riche expérience militante dans les associations citoyennes, se veut autant mobilisatrice que programmatique pour « construire (ce) monde à finalité humaine pour toute l’humanité ».

C’est pourquoi, compte tenu de la nature de cet ouvrage – qui ne se situe pas seulement dans l’étude de la thématique de la philanthropie mais constitue aussi à la fois une réflexion approfondie sur le sujet et un engagement militant de la part de son auteur – nous nous efforcerons d’en rendre compte ici par le biais d’une analyse, la plus exhaustive possible, afin qu’à l’instar d’un commentaire de texte, ce compte rendu puisse sortir des sentiers battus de la simple note de lecture habituelle, ce qui mobilisera donc davantage notre attention … et notre plume.

Quelques mots sur l’itinéraire de son auteur ne sont donc pas superflus.

Son auteur

Ci-dessous, Didier MINOT

 Didier MINOT, ingénieur agronome de formation ayant travaillé pendant sa vie active sur les problématiques du développement agricole et de l’aménagement du territoire à la DATAR, nous avait déjà donné, on s’en souvient, en septembre 2013, un ouvrage sur les associations intitulé « Des associations citoyennes pour demain » (même éditeur) qui est vite devenu l’ouvrage de référence sur le sujet tant par la richesse de la documentation que par l’ampleur et la rigueur de la réflexion. Il avait créé, trois ans avant, le « Collectif des Associations Citoyennes » qui fut la matrice, en 2019, au plus fort de la crise des « gilets jaunes », de la naissance du Collectif « Changer de Cap » rassemblant les revendications sociales et écologiques pour faire émerger et développer des propositions en vue de l’instauration d’une démocratie réelle et d’un changement de système économique dans la production et les échanges.

L’ouvrage

Le nouvel ouvrage de Didier MINOT mettant en questionnement la philanthropie aborde cette question centrale autour de trois parties précédées d’une introduction destinée en affiner la problématique.

L’introduction commence par un constat : celui de la domination du monde par des puissances économiques et financières en quête du profit maximum. D’un côté, l’argent grossissant les comptes d’une élite financière et industrielle ; de l’autre, les salariés supportant le poids de la fiscalité et exposés à un chômage de masse artificiellement entretenu pour exercer une pression sur les salaires et maximiser les profits des premiers. La motivation des investisseurs est moins le développement des entreprises que la recherche de la rentabilité de leur placement spéculatif au détriment de celles-ci et de la vie sociale en général. Les forces économiques et financières agissant hors de tout contrôle, leur totale et impérialiste autonomie affaiblit les institutions étatiques et internationales mises en échec dans leur timide tentative de régulation. S’ensuivent des crises cycliques dont la plus cruciale est la crise écologique, laquelle, avec le réchauffement climatique, menace l’équilibre de la planète. Face à l’ampleur de la crise économique, sociale et écologique, des mouvements sociaux (« gilets jaunes », « marche du siècle ») se développent et contestent la doxa capitaliste en prônant la nécessité d’un changement de paradigme pour construire un monde enfin solidaire.

Dans ce contexte, s’interroge Didier MINOT, quelle peut-être la place de la philanthropie ?

Ainsi il nous rappelle que si au 18ème siècle les philosophes des lumières la définissaient alors comme « l’amour du genre humain » dans toute sa dimension universelle, à partir de la fin du 19ème siècle, la philanthropie devient l’affaire des riches qui estiment devoir apporter eux-mêmes, dans un cadre privé, et en dehors des régimes démocratiques, une solution aux divers problèmes de la société en consacrant une partie de leur fortune pour soulager les maux de la société, même si ces maux sont le résultat du mode d’organisation de la société dont ils sont eux-mêmes les premiers bénéficiaires. Par ailleurs, le mode de traitement de ces maux par la philanthropie s’appuie sur les mêmes principes et mécanismes qui leur ont permis de réaliser leur propre fortune.

     La première partie de ce riche ouvrage aborde l’histoire de la philanthropie et en recense méthodiquement les divers aspects (pp. 30-106).

     La seconde partie analyse finement le « rôle systémique de la philanthropie dominante » (pp.110-165).

    Après cet état des lieux, très incisif et critique, la troisième partie interpelle les citoyens et se veut, en même temps, tournée vers l’action : « comment agir ensemble pour construire un monde à finalité humaine ? » (pp. 167-195).

     Elle est suivie d’une courte conclusion, fort  bienvenue, remettant les choses en perspective at appelant les citoyens à se mobiliser (pp. 197-200).

1/ L’ancêtre de la philanthropie

Dans son historique de la philanthropie Didier MINOT pointe son origine très ancienne. Il voit, sous l’Antiquité, dans l’évergétisme, l’ancêtre de la philanthropie. L’évergétisme [1], forme de générosité plus sociale qu’individuelle, fait partie du statut des riches étalant ainsi leur opulence pour mettre une partie de leur richesse au service de la collectivité : embellissement des villes, organisation de jeux et distractions et distribution de nourriture aux pauvres (huile, pain, vin, etc.). De générosité spontanée sous la Grèce, celle-ci deviendra une obligation sociale sous la Rome antique, forme du prix à payer en contrepartie de la reconnaissance sociale tirée des honneurs de la naissance ou/et du statut social.

 

 

 

2/ L’âge d’or de la philanthropie : le 18ème siècle

Ci-dessous, plaque de la Société philanthropique

45, rue Jeanne d’Arc Paris 13ème

L’âge d’or de la philanthropie sera la fin du 18ème siècle. La philanthropie, au siècle des lumières, se développe avec une floraison de termes : libéralité, générosité, bienveillance, humanisme, sociabilité, bienfaisance . Mais la consécration du terme sous sa forme adjective sera le fait de quelques personnes – la plupart appartenant à la Franc-Maçonnerie [2] – qui fondent, en 1780, La Société philanthropique. Celle-ci va se développer rapidement dans des milieux éclairés [3] ou aisés, parmi les élites éprises de justice sociale et, en 1787, publie son Manifeste qui définit la philanthropie comme l’ « un des premiers sentiments que la nature a gravé dans le cœur des hommes ».

Si, avec la Révolution française de 1789, la Société philanthropique est très présente et active – réception de dons et souscriptions, aide aux citoyens pauvres et vertueux, mise en place d’actions d’aide sociale : soupe à un sou, dispensaires assurant des soins gratuits -, avec le développement de la révolution se met en place une politique d’assistance publique sous l’impulsion des pouvoirs publics et souvent inspirée, d’ailleurs, par de nombreux philanthropes ayant accédé aux fonctions publiques. C’est ainsi que de 1790 à 1792 une politique d’assistance sociale est engagée par le Comité de Secours, et le chômage est combattu par l’Etat avec l’embauche, à Paris, de 20 000 indigents sur des chantiers de construction ou des ateliers de filature.

Ci-dessous : un théophilanthrope

sous la Révolution

Avec la naissance de la République, la Convention va mettre en place une politique d’aides à domicile pour les personnes âgées, d’allocations pour les victimes d’accidents du travail, d’aides aux familles des citoyens morts au service de l’Etat ou aux familles nombreuses. Sous la pression des Sans-culottes, et malgré le contexte de guerre, l’intervention de l’Etat est massive tandis que les sociétés philanthropiques créent des orphelinats, des caisses de prévoyance. Le Directoire remettra en cause cette orientation préférant privilégier l’effort de guerre et transférant l’assistance aux municipalités dont les bureaux de bienfaisance vont être financés par des taxes locales.

La philanthropie inspire donc la philosophie politique du nouveau régime révolutionnaire, au moins entre 1790 et 1795, et, lorsqu’elle est propre aux initiatives privées, son action est convergente avec celle de l’Etat, complémentaire et non concurrente ni encore moins substitutive.

Didier MINOT nous montre que l’évolution de la philanthropie sera différente, ensuite, à partir du 19ème siècle et au cours du 20ème siècle, puis au début du 21ème siècle.

3/ La Révolution industrielle et la justification de la captation des richesses en France et aux États-Unis

Aux révolutions politiques de la fin du 18ème siècle (naissance des États-Unis, Révolution française) va succéder, à la fin du 19ème siècle, la Révolution industrielle avec la naissance d’un prolétariat urbain aux conditions de vie précaire. Dans ce nouveau contexte économique, la philanthropie va servir de justification à la captation de la richesse par une minorité de possédants de grandes fortunes.

En France, dans les villes industrielles marquées par l’empreinte du protestantisme (Mulhouse, par exemple), ce sont les valeurs du calvinisme et la doctrine de la prédestination qui, en confortant les valeurs de liberté et d’individualisme, justifient les différences et les fortes inégalités sociales comme émanant de la volonté divine.

Aux États-Unis, Andrew CARNEGIE, magnat de l’acier, publie, en 1889, L’Évangile de la richesse [4] dans lequel il s’efforce de montrer que l’excès de richesse « concentré dans les mains d’hommes sérieux et prévoyants » est légitimé par le fait qu’ils peuvent le dépenser ainsi chaque année « pour le bien général ».

La philanthropie d’une part est destinée à protéger le système économique et social en s’efforçant de masquer l’exploitation et l’oppression du prolétariat ; d’autre part, à travers la mise en avant de la notion de « bien général », la philosophie de la philanthropie capitaliste entrepreneuriale se substitue à la définition démocratique de l’intérêt général par les représentants élus par le peuple.

 

 

 

4/ Le New Deal de Roosevelt et le nouveau positionnement de la philosophie capitaliste entrepreneuriale : les grandes fondations rentrent dans le giron étatique

Aux États-Unis, le courant de la philanthropie capitaliste entrepreneuriale fut longtemps hégémonique jusqu’au New Deal de ROOSEVELT qui annonce, à partir de 1933, le retour de la démocratie. L’action publique se substitue aux œuvres charitables et philanthropiques et l’interventionnisme de l’Etat permet au gouvernement de prendre en mains l’économie du pays. La lutte contre le chômage et la pauvreté et la mise en place d’une politique de redistribution des revenus passent nécessairement par la taxation de la fortune.

Peu après, lors du second conflit mondial (1941-1945), la philanthropie américaine va montrer un autre visage avec la sollicitation par l’Etat des organisations philanthropiques pour la mise en place et le développement d’une économie de guerre à travers la collecte de dons et la distribution de secours, aux côtés des structures publiques. L’aide humanitaire devient le creuset de l’alliance entre ressources publiques et ressources privées : les grandes fondations apportent au Gouvernement leur aide logistique (structures et personnel) pour épauler son effort de guerre et son action politique. À la fin de la guerre, les organisations philanthropiques participent encore à la création de l’ONU en permettant notamment, avec l’aide de la fondation ROCKFELLER, le choix de son siège à New-York.

Lors de la période qui s’ouvre, après la seconde guerre mondiale et la naissance de la guerre froide, à partir de 1947, les grandes fondations américaines liées au capitalisme industriel se détournent du modèle humanitaire universaliste pour se ranger de manière patriotique dans la lutte anticommuniste des États-Unis contre l’URSS en développant, à destination de l’Europe, des programmes encourageant l’éducation et la culture en vue de créer une alliance entre l’Europe et l’Amérique. De la révolution agricole aux programmes universitaires à destination des pays de l’Est, en passant enfin par leur participation au travail de renseignement, elles soutiennent indéfectiblement leur Gouvernement.

Cet épisode de l’attitude de combat des grandes fondations américaines lors de la guerre froide semble bien montrer que le seul modèle politique qui vaille, pour les philanthropes américains, est définitivement le capitalisme, considéré comme le régime naturel indépassable.

5/ Les fondations américaines des milliardaires du Numérique et leurs thématiques

À la fin du 20ème siècle et au début du 21ème siècle, sur fond de mondialisation, les philanthro-capitalistes américains sont ceux de la révolution numérique avec Bill GATES (Microsoft) et Mark ZUCKERBERG (Facebook). Ils créent leurs propres fondations pour promouvoir, le premier, la santé et les connaissances, le second, la santé, l’éducation, la recherche scientifique et l’énergie. Si ces fondations ont des projets altruistes, elles placent néanmoins une partie de leurs fonds dans des projets cotés en bourse.

Bill GATES sera à l’origine, avec le milliardaire Warren BUFFET, homme d’affaires et investisseur américain, de la création du « Giving Pledge » (« promesses de dons ») incitant les riches capitalistes à s’engager à donner au moins 50% de leur fortune à la philanthropie ou à des causes d’intérêt général.

6/ Un modèle original : l’Open Society Foundations de George SORROS

Mais la philanthropie présente, en même temps, autour du milliardaire George SORROS, un autre visage plus ouvertement politique en se fondant sur l’idéologie de l’Open society assimilée à la démocratie et s’appuyant, en 1979, sur l’Open Society Foundations qui est un réseau de fondations destiné à promouvoir la gouvernance démocratique, les droits de l’homme et des réformes économiques, sociales et légales.

 

 

7/ Les fondations américaines à la conquête du gouvernement des États-Unis et du monde

Pour Didier MINOT, la philanthropie dominante aux USA est une forme d’aveu du déficit de la démocratie car le règne de la richesse érigée en système ploutocratique se traduit par le gouvernement du pays par une minorité détentrice du pouvoir économique et politique.

Les grandes institutions philanthropiques – liées au capital privé des groupes économiques et financiers, s’appuyant sur la réussite de ces groupes puissants dont elles émanent – contestent la légitimité de l’Etat pour définir l’intérêt général en invoquant leur capacité technique, leur mode d’organisation souple et leur efficacité pour se substituer à l’action de l’Etat.

Les réalisations des grandes fondations américaines dans le gouvernement du monde sont nombreuses.

Ainsi, dès 1921, les fondations ROCKEFELLER et CARNEGIE créent le Council on Foreign Relations (CFR) qui constitue un puissant groupe de pression destiné à jouer un rôle de premier plan dans la définition de la politique étrangère des USA. Financé par 250 grandes entreprises et fondations, ce lobby a vu sortir de son sein un Président des États-Unis [5], deux directeurs de la CIA et une vingtaine de secrétaires d’Etat…

Fondés en 1950 aux États-Unis [6] les Instituts ASPEN qui forment un réseau international élitiste d’échanges et de réflexion à but non lucratif, développent une réflexion sur la politique des États-Unis. Implantés dans de nombreux pays, et notamment en France, ils se préoccupent de la détection des élites dans tous les pays afin de les gagner à la vision du monde qui est celle des Etats-Unis.

De leur côté, également, les fondations FORD et ROCKFELLER s’investissent dans la formation de cadres de nombreux pays, développés ou en voie de développement, en vue de convertir la jeunesse de ces pays aux bienfaits du capitalisme et à la légitimité de l’hégémonie des USA dans le monde.

Les actions du philanthro capitalisme dans le secteur de la santé ne cessent de se développer au point de devenir des « politiques privées » de santé gagnant tous les secteurs de la vie humaine grâce à une conception globale de la santé définie très largement comme un état complet de bien-être physique, mental et social » devenue celle de l’OMS qui, pour les 3/4 de son budget, est aujourd’hui financée par des fonds privés dont les capitalistes détenteurs définissent eux-mêmes les programmes qu’ils financent, tandis que les États contributeurs de l’OMS ne couvrent plus que 25% de son budget. Ainsi, dans le domaine de la santé, la fondation Bill GATES dépense annuellement 4 milliards de dollars soit davantage que le budget de l’OMS…

8/ La pression internationale libérale et le changement de paradigme économique et social en France dans les années 80

Ci-dessous courbe du déclin de l’industrialisation de la France

de 1970 à 2010 (source Economie Matin)

En France, si la philanthropie, au cours des 19ème et 20ème siècles avait reculé – suite à l’adoption de réformes législatives importantes aboutissant à l’avènement d’une forme originale d’Etat social dont le point d’orgue, au lendemain de la 2ème guerre mondiale, fut la création de la sécurité sociale prenant en charge les risques maladie et vieillesse -, avec la fin du 20ème siècle et la nouvelle donne que constitue la mondialisation des échanges et la dérèglementation, notre pays, au cours des années 80, entre dans une phase économique de destruction de son tissu industriel avec la fermeture des entreprises textiles du Nord, des Hauts fourneaux sidérurgiques lorrains, de ceux du bassin sidérurgique de Creusot-Loire et des cales des chantiers navals.

Ce déclin de notre armement industriel se fait avec la complicité des grands corps de l’Etat. Nos capitaines d’industrie sortis de l’Inspection des Finances et de Polytechnique, et qui, hier caracolaient à la tête des grandes entreprises publiques, fleurons de l’industrie française nationale, abandonnent alors la conception républicaine de l’intérêt général pour se mettre au service des intérêts privés marchands et financiers. Selon Didier MINOT, cette « aristocratie financière » – qui s’est forgée au sein des grands corps de l’Etat – contribue puissamment à la dilution de la distinction entre secteur public et secteur privé. Mais, plus grave encore, l’Etat – s’appuyant sur sa Haute technocratie administrative régnant à Bercy – s’est mis au service des grands groupes économiques et financiers : déréglementation au profit des actionnaires et des dirigeants, transferts d’argent public au profit des entreprises et des plus riches.

Parallèlement, les restrictions budgétaires obèrent le bon fonctionnement des services publics -sacrifiés sur l’autel de la « religion des marchés » – en même temps que s’opère un transfert massif d’argent public accordé aux entreprises et aux classes aisées au nom de la compétition économique.

Ce retour en force des « vertus » de l’économie libérale se traduit par la mise en place, dès le début des années 2000, d’un régime fiscal très favorable aux fondations privées, associations et mécénat. L’auteur souligne pourtant que la philanthropie des entreprises et le mécénat ne sont pas des actions totalement désintéressées car elles permettent souvent d’obtenir, par le biais de montages subtils, des avantages et des exonérations fiscales avantageuses au nom de l’intérêt général (voir le coût réel, relativement faible, pour son fondateur, de la construction de l’édifice de la Fondation VUITTON dans le jardin d’acclimatation).

9/ La création de la « Fondation pour l’investissement social et humain » en 2017

Ci-dessous, inauguration le 17 janvier 2017

de la FISO par François HOLLANDE

Dans l’esprit de la nouvelle philosophie sociale et économique de « l’investissement impactant », développée en Grande Bretagne par sir Ronald COHEN (2014) [7], le Président HOLLANDE inaugure, en janvier 2017, la naissance d’une « Fondation pour l’investissement social et le développement humain » (FISO)  présidée par Isabelle KOCHER, directrice générale d’Engie. Didier MINOT – qui souligne que peu de « contrats à impact social » ont été réalisés en 2019 – voit dans ce mécanisme une source d’inégalités dans la sélection des besoins sociaux pris en charge, et, dans le montage financier, un « pillage déguisé des finances publiques » au profit des banques et des investisseurs privés.

Ci-dessous, DANONE

au BANGLADESH

Le « BOP  » (Base of the pyramid) [8] et le social business dans les pays émergents constituent une autre modalité de mise en œuvre de la philanthropie capitaliste de la part d’une grande multinationale française de renom. S’appuyant sur l’exemple de Grameen Danone Foods Limited, Didier MINOT décrit l’implication, en 2006, de la multinationale alimentaire française au Bangladesh comme l’une des modalités du « social business », sous sa forme dite orientale de l’entrepreneuriat social. Un peu comme l’avait fait, en 1919, pour les enfants atteints de troubles intestinaux, Isaac CARASSO, l’inventeur du yaourt en Europe et le père de Danone, il s’agit de commercialiser des yaourts riches en nutriments pour les enfants pauvres bangladais à partir de produits locaux émanant de petits producteurs locaux avec lesquels la Multinationale établit des partenariats éthiques. En fait, si, au départ au moins, l’expérience et la rentabilité de l’opération sont relativement modestes, il s’agit surtout, pour DANONE, de médiatiser son action et, par le biais de sa vitrine bengalie, de favoriser sa pénétration du marché asiatique [9], les marchés dits « Bop » étant aujourd’hui très convoités par les Multinationales.

Les plus intéressantes applications du « Bop » se situent dans les secteurs de l’alimentation, de l’accès à l’eau, la santé, l’habitat, l’énergie ou les transports.

Ci-dessous l’expansion des grandes entreprises

dans le monde à travers le « BOP »

Si l’on retrouve, bien sûr, ce phénomène principalement dans les pays émergents – là où les populations sont les plus pauvres, comme en Inde et dans de nombreux pays d’Afrique -, le BOP et le social business se développent également de plus en plus dans les pays dits « riches » qui n’échappent pas eux-mêmes à la pauvreté d’une partie non négligeable de leur population .

Ainsi des actions semblables existent en France où se mettent en place des fonds solidaires destinés à financer des projets d’entreprises sociales et des actions d’offres de produits adaptés aux revenus modestes des ménages populaires en partenariat avec une association d’HEC.

Toujours en France, citant la loi PACTE (= Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation de l’Entreprise), Didier MINOT nous montre qu’en procédant à la redéfinition de l’objet social des entreprises, le Code civil semble vouloir dessiner les nouveaux contours d’un capitalisme à visage humain.

S’appuyant sur le discours de Bruno LE MAIRE [10] à l’occasion de l’adoption de la loi PACTE – votée le 11 avril 2019 et devenue la loi n°2019-486 du 22 mai 2019 modifiant l’article 1833 du Code civil [11] aboutissant à accréditer l’idée que l’objet social de l’entreprise ne se limite pas à la recherche du profit -, Didier MINOT se félicite de « cette mesure (qui) va dans la bonne direction ». Mais il corrige aussitôt sa propre affirmation  pour relever que, compte tenu de la pratique actuelle des 58 grandes entreprises françaises de taille planétaire, l’on peut avoir un doute sur la portée réelle de la modification du Code civil par la loi précitée.

10/ Les dérives de l’idéologie managériale des fondations

L’auteur relève les dérives de l’idéologie managériale des fondations qui, à grand renfort de campagne de presse [12], s’autocélébrent en se présentant comme les seules à même de répondre aux grands défis de notre temps qui souvent sont sémantiquement posés dans des termes très dépolitisés. Ainsi la lutte contre la pauvreté se substitue au combat pour la justice sociale ; le combat humanitaire se substitue à celui pour une autre répartition des richesses. Quant aux actions conduites par les fondations capitalistes, les programmes de santé privée prennent la place des programmes de santé publique. Les entreprises capitalistes – souvent mises en cause à travers une série de scandales de grande ampleur montrant leur action prédatrice, ces dernières décennies, sur l’environnement (marées noires) ou la santé publique (catastrophe de Bhopal en Inde) – s’efforcent de redorer leur image et de soigner leur réputation en développant des actions mettant en avant leur esprit de « responsabilité sociale » (RSE) [13]. C’est ainsi que prenant acte du fait que de multiples actions avaient été labellisées au niveau international sous l’angle de la RSE (droits de l’Homme, conditions de travail, etc.) l’Union européenne a codifié dans une directive un code de « bonnes pratiques » qui a été transposé en France, en 2017, sous la forme d’une « déclaration de performance extra financière ». Ces pratiques donnent naissance à du « soft law » en dehors de tout contrôle démocratique mais résultant d’un travail de lobbying intense d’ailleurs relayé par les agences de notation et des sociétés de conseils.

11/ Une autre vision du monde : construire une vision du monde sans les lunettes capitalistes

Après avoir montré combien les limites des fondations philanthropiques, elles-mêmes trop liées au capitalisme prédateur, ne sauraient conduire à une transformation du monde, l’auteur fonde ses espoirs sur les mouvements sociaux pour construire un monde à finalité humaine.

C’est l’observation des luttes développées par les mouvements sociaux qui a conduit Didier MINOT à puiser à trois sources pour construire un monde solidaire et fraternel : 1/ les propositions de l’ensemble des mouvements citoyens s’exprimant au travers des associations ; 2/ les expériences locales de terrain attestant qu’on peut agir avec ses propres forces pour dessiner des alternatives ; 3/ l’émergence d’autres raisons de vivre et d’agir.

Les mouvements sociaux qui ont développé des luttes l’ont fait en s’appuyant sur une vision du monde alternative. La construction de cette vision du monde a fait l’objet d’échanges au sein d’EDGE, réseau de fondations militant pour un changement social (cf. infra. 14, Les fondations alternatives au changement systémique).

Pour esquisser une autre vision du monde, Didier MINOT propose une série de 6 critères fondamentaux dont les 5 premiers sont empruntés à la fondation bolivienne Pablo SOLȮN : 1/équilibre et harmonie des besoins essentiels ; 2/ redistribution des richesses fondée sur une autre conception de la propriété ; 3/ vivre ensemble au sein de la communauté et non dans un individualisme exacerbé (néolibéralisme) ; 4/ complémentarité et coopération et non compétition ; 5/ privilégier l’intégralité de l’être par rapport à l’avoir ; 6/ émancipation et éducation.

Citant le regretté Félix GUATTARI, Didier MINOT estime qu’une telle vision du monde, humaine et fraternelle, est la réponse la plus appropriée à la quadruple « crise écologique, sociale, démocratique et culturelle à l’échelle planétaire » (car) opérant « une authentique révolution politique, sociale et culturelle réorientant les objectifs de la production des biens matériels et immatériels, mais aussi les forces humaines de sensibilité, d’intelligence et de désir autour de principes et valeurs contingents. » [14]

L’auteur montre que ce changement de perspective est déjà en œuvre dans de nombreuses actions développées  par des associations citoyennes ou des collectivités pour lutter contre le dérèglement climatique et pour la transition écologique, la restauration du lien social avec la solidarité, la défense des droits fondamentaux, le développement des logiques de participation citoyenne et de décisions partagées. À cet égard, les propositions formulées par les organisations ATTAC, Les amis de la Terre, CRID et les collectifs de défense des services publics rejoignent les revendications portées par les Gilets jaunes le 27 janvier 2019 lors de leur appel de COMMERCY.

12/ La nécessité de fédérer les luttes des mouvements sociaux

Elle s’est imposée avec la création, en janvier 2019, du Collectif « Changer de cap » [15]. Ce Collectif  a émis une série de propositions pour concrétiser le contenu de la « transition écologique, sociale et démocratique » donnant un sens à l’expression « changer de système ».

Le Collectif s’appuie sur les travaux de l’économiste Jean GADREY et notamment sur son ouvrage « Adieu à la croissance » [16] qui prône « un partage juste et équitable des richesses et du travail, au-delà de leur simple dimension marchande ».

Au niveau des remèdes, le Collectif « changer de cap » préconise :

– la restauration d’un Etat régulateur seul à même de permettre de bâtir un nouveau système ;

– la refonte des institutions européennes donnant à l’Europe une capacité de régulation au service de la transition écologique ;

– une politique d’aménagement du territoire organisant la transition écologique et sociale ;

– la reprise en mains des finances publiques par l’Etat pour les mettre au service de l’intérêt général (séparation des banques de détail et d’investissement) ;

– la justice sociale et fiscale (indexation des salaires, des allocations et pensions) ;

– la restauration des services publics et la réaffirmation du droit à l’éducation ;

– la priorité donnée aux transports collectifs, etc. ;

– bref, un nouveau contrat social pour rétablir la confiance des citoyens dans la politique.

13/ La nécessité de reconquérir les « biens communs »

Elle constitue également un objectif fondamental. En effet, la remise à disposition de tous « des Communs » est un mouvement qui s’est développé, ces dernières années, trouvant un certain écho parmi de nombreux citoyens : il s’agit de reconquérir une série de biens qui, nécessaires à tous, ne doivent plus faire l’objet d’une appropriation privée : l’eau, la terre, les semences, les forêts, les mers, la connaissance, la science.

 

 

 

14/ Les fondations alternatives au changement systémique

Ces fondations doivent jouer un rôle d’accompagnement du changement.

Mais elles ne pourront jouer ce rôle que si elles sont à l’écoute des mouvements sociaux et permettant à ceux-ci d’apporter leurs propres réponses. Le rôle de ces fondations n’est pas de définir les objectifs ni la stratégie du combat à la place des mouvements sociaux, mais de fournir aux acteurs sociaux les moyens d’agir.

Ce sont les fondations « progressistes » qui pourront jouer ce rôle de soutien logistique car elles se sont démarquées du système capitaliste et elles ont fait le choix d’accompagner le changement systémique en soutenant les mouvements de contestation dans le domaine social, la défense des droits, le développement de la solidarité, le domaine écologique, etc. Elles sont apparues aux USA, au début du 20ème siècle. En 1917, leur précurseur, Julius ROSENWALD (1862-1932) (ci-contre) et sa famille créent le « fonds ROSENWALD » pour « le bien-être de l’humanité ». Très rapidement les efforts de sa fondation se portent sur le soutien à la cause des droits des noirs américains [17]. Par la suite, d’autres fondations « progressistes »  vont s’ouvrir à d’autres problématiques comme celle des énergies alternatives au Nucléaire, ou des mouvements féministes.

Dans les années 70, les « jeunes héritiers rebelles » américains créent des fondations locales militant contre la guerre du Viêt-Nam, s’engagent soit dans le mouvement pour les droits civiques soit pour la justice économique, ou se mobilisent pour les droits des immigrés.  

Dans les années 1990, une nouvelle vague de ces jeunes héritiers américains, composée surtout de femmes et issue d’origines diverses (femmes latinos, afro-américaines, juives, asiatiques) s’engagent sur les questions de genre et de racisme.

Mais, au-delà de l’impact de leur action sur la cible de leurs thématiques propres, ces fondations – contenant, au sein de leurs instances dirigeantes, des minorités ethniques ou sexuelles – ont également contribué à recentrer les pratiques des fondations mainstream en général, sur des thèmes comme celui des inégalités (FORD) ou l’abandon des énergies fossiles (ROCKFELLER).

En Europe, une quarantaine de fondations alternatives – réparties sur 11 pays [18] – se sont regroupées dans EDGE (= Engaged Donors for Global Equity). Leur but, clairement énoncé, est de « contribuer au changement systémique en soutenant la justice, l’équité et le bien commun de la planète, face à des crises interconnectées qui menacent notre avenir commun. »

On y trouve des fondations revêtant des tailles différentes, soit faisant appel à des dons multiples soit constituées par des fils de famille militants. Le regroupement de ces fondations constitue un lieu d’échange transversal et leur permet de confronter et développer leurs analyses sur le changement systémique. Elles jouent aussi un rôle essentiel quant à l’appui qu’elles apportent aux mouvements sociaux émergents et ensuite à leur développement.

CONCLUSION

Au terme de son analyse au scalpel du rôle des fondations, Didier MINOT note qu’aujourd’hui, en France, les solutions viendront des mouvements sociaux eux-mêmes et non de « l’aristocratie républicaine à la tête des grands groupes et de l’Etat » car elle ne propose que des changements mineurs prorogeant le statu quo. À l’inverse, les propositions convergentes des mouvements sociaux « tracent les contours d’un changement de système ».

Quant aux fondations alternatives, s’il est vrai qu’avec leurs moyens limités, elles ne représentent qu’une faible part de la philanthropie, leur action est néanmoins déterminante pour la liberté et l’efficience des mouvements sociaux situant leur action dans la perspective d’une transformation sociale et écologique car elles leur permettent de décoller et de s’organiser et ce, dans un contexte de recul des financements publics.

Invoquant le principe de fraternité, l’auteur souligne très justement que « l’aspiration à une vie digne est partagée par une très grande partie de l’humanité ».

Son livre, nous dit-il, constitue un « appel à d’autres fondations et aux philanthropes potentiels » pour qu’ils inscrivent leur action dans le soutien aux mouvements sociaux luttant pour l’émancipation des femmes et des hommes.

Puisse son appel, humaniste et généreux, être largement entendu!

Quant à son présent livre, et au risque de nous répéter, nul doute qu’il sera l’ouvrage de référence et de réflexion, utile et incontournable, sur  les fondations, leur rôle et leur place dans notre société.

Louis SAISI

Paris, le 1er octobre 2020

NOTES

[1] Le terme « évergétisme », dérivé du grec, signifie « faire du bien ». Dans sa définition originale, l’évergétisme consistait, pour les notables, à faire profiter la collectivité de leurs richesses. Voir Paul VEYNE Le Pain et le Cirque – Sociologie historique d’un pluralisme politique, coll. « Point Histoire », Éditions du Seuil, Paris, 1976 ; voir aussi Olivier CURTY (sous la direction) : L’huile et l’argent. Gymnasiarchie et évergétisme dans la Grèce hellénistique. Actes du colloque tenu à Fribourg du 13 au 15 octobre 2005 (compte rendu d’Anne JACQUEMIN,  in L’Antiquité Classique/Année 2013, N° 82, pp. 492-493, sur le portail PERSEE).

[2] On connaît la force et la place de la philanthropie au sein de la Franc-maçonnerie.  « Les Amis philanthropes » (AP), nom de l’une des deux plus anciennes loges maçonniques de Bruxelles. Fondée en 1798 comme loge militaire, elle fait partie du Grand Orient de Belgique. Voir Pierre-Yves BEAUREPAIRE : “Philanthropie et Franc-maçonnerie : histoire d’un marqueur social et culturel XVIIIe-XXe siècle », Academia. Chaîne d’Union : « Les francs-maçons sont-ils des philanthropes ? », N°69, juillet 2014.

[3] On y trouve notamment LAVOISIER, CONDORCET, NECKER.

[4] Ouvrage publié aux Etats-Unis sous le titre « Gospel of Wealth » et dont la traduction française paraîtra en 1891 sous le titre « L’Évangile de la richesse ».

[5] Le président Gérald FORD (1974-1977) qui fut surtout un président par défaut (non élu) – à la suite de la démission de NIXON, après le scandale du Watergate – et qui fut considéré par les américains eux-mêmes comme un président assez terne et falot.

[6] Du nom de la ville d’ASPEN, dans le Colorado, The Aspen Institute fut créé en 1949 par l’industriel américain Walter PAEPCKE après une première visite à ASPEN, Colorado, en 1945. Ce philanthrope décida de faire de ce site exceptionnel un lieu non-partisan où pourraient se rencontrer des leaders d’opinion, des dirigeants, des artistes, et des intellectuels venus du monde entier désireux de s’extraire du quotidien pour échapper momentanément aux obligations de leurs fonctions et prendre le temps de réfléchir ensemble aux grands enjeux contemporains et à leur responsabilité au service du bien commun. L’objectif de ces réunions étant d’avoir un impact durable, de provoquer, approfondir, et améliorer les actions dans le monde.

[7] Dans son discours du 23 janvier 2014, sir Ronald COHEN met radicalement en cause les États-providence dont il estime que, conçus pour le 20eme siècle, ils baissent aujourd’hui les bras devant les défis sociaux du 21ème siècle qu’ils ne parviennent plus à prendre en charge faute de pouvoir les financer, leurs prévisions des dépenses sociales étant inférieurs à la couverture des besoins. Il considère dès lors qu’il revient aux grandes entreprises capitalistes d’être les commanditaires et mentors d’organisations caritatives spécialisées dans les domaines qui intéressent leurs activités.

[8] Bop = Base of the pyramid. Le « Bop » et les pratiques qui s’en inspirent se sont développées dans les pays émergents et font référence aux milliards d’individus situés au bas de la pyramide économique vivant avec moins de 5 dollars par jour. En effet, son concept consiste à appréhender ces populations pauvres comme des consommateurs potentiels en leur proposant des produits et services abordables et adaptés à leurs besoins spécifiques dans le but d’améliorer sensiblement leur qualité de vie pour les sortir de la pauvreté. Le « Bop » est donc autant une stratégie de business qu’un outil de lutte contre la pauvreté : un moyen, selon ses partisans et thuriféraires, de réconcilier la logique du marché et l’aide aux populations pauvres.

[9] En 2015, DANONE annonce que plus de 50 % du chiffre d’affaires est réalisé dans les pays dits « émergents », contre 16 % en 1997.

[10] Bruno LE MAIRE : «  Nous voulons un capitalisme qui ait du sens, et le profit ne peut pas être le sens unique du capitalisme… La lutte contre le réchauffement climatique, la lutte contre les inégalités, l’inclusion des personnes les plus fragiles. Ce sont des objectifs qui ne sont pas uniquement ceux de la puissance publique, ils doivent être aussi les objectifs des entreprises privées et de notre nouveau capitalisme. »

[11] Un second alinéa a été ajouté par la loi pacte à l’article 1833 du code civil qui devient ainsi :

« Toute société doit avoir un objet licite et être constituée dans l’intérêt commun des associés.

La société est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité. »

[12] Voir les campagnes de presse de 2017 (ESSEC, Le Monde, Les Échos) s’efforçant d’accréditer l’idée des bienfaits de la philanthropie qui aurait atteint son « âge d’or ».

[13] RSE = Responsabilité Sociale de l’Entreprise.

[14] Félix GUATTARI : Les Trois Écologies, Galilée, 1989.

[15] Didier MINOT est lui-même est très impliqué au sein du Collectif  « Changer de cap », bien qu’il n’en fasse pas état dans le présent ouvrage (sans doute par discrétion et modestie). Aussi nous semblait-il utile de le préciser ici.

[16] Jean GADREY : Adieu à la croissance, Paris, Les petits matins/Alternatives économiques éditions, 2010, 189 pages.

[17] NAACP = National Association for the Advancement of Colored People (en français : Association nationale pour la promotion des gens de couleur). Créée en 1909, en vue d’ « assurer l’égalité des droits politique, éducative, sociale et économique de tous les citoyens et éliminer la haine raciale et la discrimination raciale ».

[18] Une 41ème fondation, appartenant au regroupement EDGE (Europe), est installée en PALESTINE.

 

 

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