Le Président, Bercy et nos chefs militaires par Louis SAISI

Le Président, Bercy et nos chefs militaires…

Après la démission contrainte du général Pierre DE VILLIERS – provoquée par sa critique des économies imposées aux armées – et son remplacement par le général François LECOINTRE à la tête de l’Etat-major des Armées, les tensions entre l’Elysée et la « Grande Muette » n’ont pas pour autant disparu…  Entre le Président et l’Armée, il y a toujours la lancinante question des crédits militaires et de l’équipement de nos armées face à nos engagements militaires un peu partout dans le monde, mais surtout au SAHEL (ce qui ne signifie pas pour autant que de tels engagements soient fondés)… 

C’est ainsi que le « papier » du Canard Enchaîné du 13 septembre dernier [1], sous la plume de Claude ANGELI, évoquait la grogne de nos chefs militaires faisant partie des plus hauts gradés de nos armées (nouveau Chef d’État-major et « patrons » des trois armées) contre les coups de ciseaux de Bercy taillant dans les crédits militaires. Cet article de l’hebdomadaire satirique met le doigt là où ça fait mal : la crise d’une institution régalienne qui se trouve actuellement très sollicitée et dans la lumière – l’Armée – dans une aventure lointaine postcoloniale, vraisemblablement vouée à l’échec : l’intervention de la France au Sahel, dans l’opération « Barkhane ». Une opération militaire dite « extérieure » (OPEX) bien hasardeuse à la poursuite de terroristes djihadistes qui ont pour eux la connaissance du désert et qui sont un peu plus « chez eux » que nous-mêmes à des milliers de kms de nos frontières hexagonales… (cf. notre article du 8 août 2017 « Guerre et Paix II : « Notre engagement militaire au SAHEL » », notre site http://www.ideesaisies.org/notre-engagement-militaire-au-sahel-par-louis-saisi/).

En effet, selon Le Canard Enchaîné, force est de constater que le général François LECOINTRE, nouveau Chef d’Etat-major – qui vient de faire une tournée au Mali et au Niger – ne serait pas porté à l’optimisme dans ce qu’il aurait observé de la situation locale quant aux capacités des forces des cinq pays africains du G5 du Sahel (Mauritanie, Niger, Burkina-Faso, Mali et Tchad) de relayer l’engagement militaire de la France dans cette zone de conflit pour chasser les groupes terroristes djihadistes du désert sahélien (qui est, rappelons-le, un territoire immense de 3,5 millions kilomètres carrés).

Ainsi les moyens sont chichement comptés (mais lutte contre le déficit budgétaire oblige !) à l’institution militaire pourtant essentielle dans la mise en œuvre des choix bellicistes [2] du Gouvernement français dans son positionnement géostratégique, sauf qu’en l’occurrence pour vaincre les djihadistes, le Président MACRON ne peut s’en remettre aux mécanismes du Marché…

Mais nos élus de mai-juin 2017 qui nous gouvernent n’en sont plus à une contradiction près…

Louis Saisi

Paris, le 18 septembre 2017

[1] « Ces généraux que Macron ne peut pas virer – Chef d’État-major et patrons des trois armées accusent l’Élysée d’être responsable de la paupérisation des troupes » (Le Canard Enchaîné du 13 septembre 2017).

[2] Du terme « bellicisme » qui se définit lui-même comme la doctrine ou l’attitude qui fait du recours à la force l’instrument privilégié du règlement des conflits internationaux, ce qui est la pente regrettable de la politique internationale et géostratégique de la France depuis ces dernières années.

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