POTTIER, CLEMENT, COULONGES, FERRAT… La Commune en chantant… par Louis SAISI

POTTIER, CLEMENT, COULONGES, FERRAT… La Commune en chantant…

du Centenaire au Cent-cinquantenaire…

par Louis SAISI

Aujourd’hui, 18 mars 2021… Cent-cinquantième anniversaire de l’irruption de la Commune de Paris qui vit le jour dans le ciel sombre de l’humiliante défaite de 1870 suivie de la proclamation de la République le 4 septembre 1870! Elle est moins célébrée que ne le fut, dans les années 70, son centième anniversaire.

C’est surtout à Georges COULONGES (1923-2003) que l’on dut cette belle célébration en 1971. En effet, écrivain aux multiples facettes (comédien, parolier)  il publia, en mars 1970, pour le centenaire de l’anniversaire de La Commune (1971), La Commune en chantant (Éditeurs français réunis). Il s’agissait d’une étude de la Commune [1] à travers les chansons de l’époque portant sur cet évènement historique auquel il resta profondément attaché toute sa vie.

L’on y retrouvait les chansons de Jean Baptiste CLÉMENT (1836-1903), membre de la Commune de Paris, qui prit part aux combats meurtriers de mai 1871. C’est même l’horreur de ces féroces corps à corps qui lui inspira une chanson qu’il intitula La semaine sanglante.

Son autre chanson, davantage connue, Le Temps des cerises – qui fut composée en 1867 -, si elle ne fut jamais chantée sous la Commune, prit par la suite une dimension symbolique nouvelle car dans l’imagerie populaire les « gouttes de sang » des cerises étaient identifiées au sacrifice du petit peuple de Paris sur les barricades. Et c’est ainsi qu’aujourd’hui la chanson Le Temps des cerises – qui au départ exprime l’attente de l’amour et de la fête -, est associée à la Commune ayant suscité le formidable espoir d’un monde nouveau, juste et fraternel.

Quant au poète Eugène POTTIER (1816-1887), compagnon du peintre réaliste Gustave COURBET (1819-1877) sous la commune, il écrivit, en 1871, les paroles de L’Internationale. Mis en musique en 1888, peu après sa mort le 6 novembre 1887, ce chant devint vite l’hymne de ralliement à la cause socialiste du mouvement ouvrier mondial.

L’ouvrage de COULONGES donna lieu également à un spectacle du même nom, joué à Paris et interprété en grande partie par MOULOUDJI. De la captation de ce spectacle devait sortir, en 1971, un disque 33 tours, du même nom. L’on y retrouvait les chanteurs engagés que furent MOULOUDJI, Francesca SOLLEVILLE, Armand MESTRAL et les chœurs (Ensemble Madrigal de l’Île-de-France et Les Octaves).

Cette même année, COULONGES écrivit pour Jean FERRAT La Commune, un texte dans la droite ligne des chansons engagées et humanitaires de l’artiste.

La remarquable mise en musique de Jean FERRAT et son interprétation magnifique ont immortalisé les paroles de son ami COULONGES que l’on retrouve aujourd’hui encore, avec toujours la même émotion, pour ce cent- cinquantième anniversaire de La Commune si discret …

Louis SAISI

Paris, le 18 mars 2021

Paroles de « La Commune »

Jean FERRAT

Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis en chantier
Ils se levèrent pour la Commune
En écoutant chanter Pottier

Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils faisaient vivre la Commune
En écoutant chanter Clément

C’étaient des ferronniers
Aux enseignes fragiles
C’étaient des menuisiers
Aux cent coups de rabots
Pour défendre Paris
Ils se firent mobiles
C’étaient des forgerons
Devenus des moblots

Il y a cent ans commun commune
Comme artisans et ouvriers
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Pottier
Il y a cent ans commun commune
Comme ouvriers et artisans
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Clément

Devenus des soldats
Aux consciences civiles
C’étaient des fédérés
Qui plantaient un drapeau
Disputant l’avenir
Aux pavés de la ville
C’étaient des forgerons
Devenus des héros

Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis au charnier
Ils voyaient mourir la Commune
Ah ! laissez-moi chanter Pottier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils s’éteignaient pour la Commune
Écoute bien chanter Clément.

Note

[1] La Commune insurrectionnelle de Paris éclata à partir du jusqu’à à la « Semaine sanglante » du 21 au . Elle faisait suite au désastre militaire français de la guerre franco-prussienne (ou guerre de 1870), qui opposa, du  au belles provinces d’Alsace et de Meurthe et MoselleL’insurrection patriotique parisienne refusa d’abord de reconnaître le gouvernement issu de l’Assemblée nationale monarchiste, qui venait d’être élue, le 8 février 1871, au suffrage universel masculin. En effet, ce gouvernement conservateur et défaitiste, présidé par Adolphe THIERS, avait choisi d’accepter toutes les conditions humiliantes du vainqueur. La Commune insurrectionnelle choisit rapidement d’ébaucher pour la ville de Paris une organisation politique nouvelle basée sur la démocratie directe et sociale.

 

 

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