III/ Le nouvel impérialisme américain trumpien
par Louis SAISI
SOMMAIRE
Introduction
I/ De Gaza à l’Ukraine…
A/ Gaza
B/ L’Ukraine
II/ Du projet de conquête du GROENLAND par les USA
III/ Des visées sur le CANADA
IV/ De la violation de l’espace vénézuélien et de l’enlèvement du président MADURO
1/ De la nationalisation de 1976 à la révolution bolivarienne de CHAVEZ
2/ CHAVEZ et la révolution bolivarienne (1998-2013)
3/ Nicolas MADURO et la pression américaine (2013-2026)
V/ Des menaces sur CUBA
VI/ La détestation de l’Europe
VII/ La destruction du nouvel ordre international juridique de 1945 et des institutions internationales qui ne servent pas les intérêts américains
A/ Le blocage du Conseil de sécurité et le dénigrement de l’ONU
B/ Le Conseil de la Paix (Board of Peace en anglais) de Donald TRUMP, organe de substitution de l’ordre trumpien
C/ La position de la France
VIII/ La guerre préventive contre l’Iran visant à protéger Israël en menaçant la paix du monde
A/ Retour aux sources du conflit
1/ Les données du conflit liés au Nucléaire iranien
2/ L’accord du JCPoA (Joint Comprehensive Plan of Action) de juillet 2015 sous l’administration OBAMA
B/ Un conflit géopolitique du Moyen-Orient dominé par l’alliance entre l’Amérique et Israël
1/ Les bombardements de 2025 sur l’Iran
2/ Les nouveaux bombardements du 28 février 2026
2.1/ La voie de la guerre et la Constitution française du 4 octobre 1958
2.2/ La notion d' »alliés et de partenaires dans la région » selon MACRON…
2.3/ La notion d’action défensive contre l’Iran selon notre Président
2.4/ Les citoyens français et les accords militaires secrets portant atteinte à notre indépendance et souveraineté nationales
2.5/ Les déclarations du 2 mars 2026 du président Macron sur le renforcement de notre arsenal nucléaire révèlent sa vision manichéenne du monde et reprend son antienne d’une démarche européenne concertée
3/ Quelques timides réactions internationales et des réactions plus fermes sur le continent africain
C/ La nouvelle donne au Moyen-Orient – qui était celle de l’IFRI – risque-t-elle d’être remise en cause ?
CONCLUSIONS (1, 2, 3, 4, 5)
°°°°°°°°
Cette troisième partie sur » Le nouvel impérialisme américain trumpien » clôt – dans un contexte international brûlant confirmant notre analyse – l’étude consacrée aux diverses formes d’impérialisme américain que nous avons analysées dans notre précédent article du 17 février 2026 sous le titre » LES ÉTATS-UNIS : UNE HISTOIRE CONSTANTE D’EXPANSIONNISME TERRITORIAL DE LA NATION AMÉRICAINE CONSIDÉRÉE COMME « ÉLUE DE DIEU », https://ideesaisies.deploie.com/les-etats-unis-u…-par-louis-saisi/).
C’est, comme on l’a vu, autour des doctrines de l’exceptionnalisme américain [1] et de la Destinée Manifeste que s’est développé l’impérialisme américain à la fin du 19ème siècle et au cours du 20ème siècle.
L’expansionnisme territorial américain ne s’est pas contenté d’une extension continentale vers l’Ouest – contre le Mexique, l’Angleterre et l’Espagne et contre les nations indiennes – mais il s’est doublé, à la fin du 19ème siècle, d’une expansion coloniale hors Amérique car, à l’issue de la guerre hispano-américaine de 1898, l’Espagne avait dû céder aux américains les Philippines, Porto Rico et Guam, tandis que les États-Unis annexaient, avec l’accord de ses dirigeants, l’archipel des îles Hawaï doté du statut de Territoire d’Hawaï [2].
Ces doctrines des pères fondateurs de la nation américaine sont revisitées et mises à jour, la première fois, par Ronald REAGAN, lors de la convention républicaine des 14 au 17 juillet 1980 qui l’intronise candidat de ce parti. Le futur président américain R. REAGAN (janvier 1981 à janvier 1989) déclare dans son premier discours d’investiture :
« For those who’ve abandoned hope. We’ll restore hope, and we’ll welcome them into a great national crusade to make America great again » (« Pour ceux qui ont abandonné l’espoir. Nous allons restaurer l’espoir, et nous allons les accueillir dans une grande croisade nationale pour rendre sa grandeur à l’Amérique »).
Un peu plus tard, en septembre de la même année, lors du Labor Day (Fête du Travail), il enfonce le clou en rappelant le lien de la formule indissolublement attaché au rêve américain :
« This country needs a new administration with a renewed dedication to the dream of America, an administration that will give that dream new life, and make America great again » (« Ce pays a besoin d’une nouvelle administration avec un dévouement renouvelé pour le rêve de l’Amérique, une administration qui donnera une nouvelle vie à ce rêve, et redonnera sa grandeur à l’Amérique ».
Certes, le président TRUMP y a incontestablement apporté sa touche négative personnelle, à la fois facétieuse et disruptive, faisant souvent foin des comportements diplomatiques habituels dans les relations internationales d’État à État, entre les États-Unis et les autres États ou même entre le Président des États-Unis et les autres Chefs d’État ou de gouvernement, préférant substituer ses menaces bravaches ou ses insultes personnelles au respect des formes et des convenances qui sont habituellement d’usage.
I/ De Gaza à l’Ukraine…
A/ Gaza
Déjà, en février 2024, nous avions eu l’occasion de relever, à propos des déclarations de TRUMP sur Gaza, combien celles-ci étaient aux antipodes du droit international humanitaire quant aux déportations de populations contre leur gré (cf. sur notre site notre article du 10 février 2024 : « Les déclarations du président TRUMP sur GAZA et son mépris du droit international et des droits de l’homme suscitent des réactions outragées partout dans le monde », https://ideesaisies.deploie.com/les-declarations…-par-louis-saisi/).
Lors du Forum économique mondial de Davos, réuni en SUISSE, du 19 au 23 janvier 2026, Donald TRUMP a de nouveau évoqué son projet de « riviera » à Gaza. Le président américain avait exposé vouloir faire construire des gratte-ciels luxueux en bord de mer, 180 au total, sans tenir compte de l’opposition des Palestiniens [3].
B/ L’Ukraine
Depuis son accès à la Maison Blanche, le discours de Donald TRUMP était que les USA ne peuvent plus continuer à soutenir l’Ukraine sans contrepartie. Le président américain a vite considéré qu’en échange de toute l’aide militaire fournie par son pays sous la présidence de son prédécesseur Joe BIDEN (2021-2025), l’Ukraine devait lui accorder un accès aux terres rares – nécessaires à la fabrication de batteries électriques ou encore d’ordinateurs – dont elle regorge, en revendiquant pour l’équivalent de 500 milliards de dollars.
Cette estimation reposant, selon TRUMP, sur les quelque 350 milliards de dollars (335 milliards d’euros) que les Etats-Unis auraient dépensé pour aider l’Ukraine depuis l’invasion russe de 2022, alors que parallèlement l’Union européenne n’aurait dépensé que « 100 milliards de dollars », et encore seulement sous la « forme de prêts ».
Or cette évaluation a été contestée comme étant non conforme à la vérité.
En effet, depuis 2022, le montant total d’aides financières et militaires que le Congrès des États-Unis a validé représente 175 milliards de dollars échelonnés sur 5 paquets d’aides diverses, soit la moitié de l’aide revendiquée par TRUMP. [4]
Par ailleurs, selon le Council on Foreign Relations (centre de recherche américain sur les questions internationales), seule une partie de cette somme, représentant 106 milliards de dollars, a été allouée directement au gouvernement ukrainien puisque le reste a servi à financer des compagnies d’armement américaines pour payer des usines et des travailleurs américains produisant les diverses armes expédiées en Ukraine. [5]

Quant aux déclarations du président TRUMP à propos de l’UKRAINE, sa volte-face par rapport à ce pays et sa recherche d’une paix plus ou moins imposée à l’Ukraine avec la RUSSIE, outre la fissure introduite dans le bloc occidental, elles montrent à l’évidence que le droit international n’est pas la préoccupation majeure des États-Unis dans ce conflit mais qu’en dernière instance, surtout lorsqu’un conflit extérieur perdure de manière incertaine, sans gagnant ni perdant, et consomme surtout des milliards du billet vert américain, ce sont avant tout les intérêts américains qui doivent finir par prévaloir même si c’est au détriment de la compassion et de la solidarité initiales.
Ce nouveau tête-à-tête des américains et des russes – soucieux avant tout de leurs propres intérêts et pour les américains de les faire prospérer [6] (en mettant la main sur l’exploitation des minerais, du pétrole et du gaz de l’Ukraine) – même pour établir aujourd’hui une paix en Ukraine nous rappelle les plus sombres heures de la guerre froide, même si la cause idéologique d’antan fait défaut.
Après la période glaciale de février 2025 entre les Etats-Unis et l’Ukraine [7], suivi du réchauffement, au printemps, des relations entre les deux pays après une rencontre au Vatican de leurs dirigeants [8], l’Ukraine et les États-Unis d’Amérique, mais toujours sous la pression de TRUMP, ont signé, le 29 avril 2025, un Accord de Partenariat Économique.
L’accord ouvre la voie à d’importants investissements américains par le biais d’un fonds d’investissement pour la reconstruction de l’Ukraine avec pour contrepartie l’accès des Américains aux richesses naturelles du pays visant à moderniser l’industrie ukrainienne, reconstruire les infrastructures détruites par la guerre et développer les technologies.
L’avantage d’un tel accord pour les USA est de leur permettre l’accès à un marché en pleine croissance malgré la guerre actuelle. Les entreprises américaines – des géants technologiques aux leaders du secteur énergétique – pourront participer à la transformation de l’économie ukrainienne, créer des emplois, introduire des innovations et renforcer leur présence en Europe. C’est aussi leur implantation économique en Europe qui s’en trouve facilitée à un moment où la guerre économique avec l’Europe est assez vive, sans parler de celle avec le puissant rival chinois.
Pour l’Ukraine, cela signifie un afflux de capitaux, de technologies de pointe et, non moins important, un soutien institutionnel qui l’aidera à devenir un pôle économique régional.
S’agissant des déclarations de TRUMP sur la nécessité de mettre fin au conflit entre l’Ukraine et la Russie, si la personnalité de l’atypique dirigeant américain est très justement controversée, elle ne doit pas néanmoins occulter, comme c’est trop souvent le cas, que la doctrine du réalisme et de la prééminence des intérêts américains qu’il défend n’est pas nouvelle… Or les occidentaux alignés sur les USA viennent, une nouvelle fois, d’en faire l’amère et humiliante expérience, ne sachant plus, aujourd’hui, à quel saint se vouer et intentant un procès en trahison de la cause occidentale… et se situant maintenant en aval du conflit, pour proposer des troupes européennes devant garantir la future indépendance territoriale de l’Ukraine entrant dans le respect de ce que pourraient être les termes de la fin du conflit entre la Russie et l’Ukraine.
C’est dire que le discours européen assez extravagant, et transformé au fil du temps en une véritable propagande selon laquelle l’annexion d’une partie de l’Ukraine constituerait un fâcheux précédent constitutif d’une menace russe dirigée contre l’Europe tout entière n’a probablement guère convaincu les américains.
Notre va-t-en-guerre président Emmanuel MACRON, après avoir inventé avec ses comparses européens, un fantasmatique et chimérique danger russe qui n’existe que dans sa tête et dans celle de nombreux dirigeants européens – dont l’esprit surchauffé fabrique, au mépris de la réalité, des procès d’intention se substituant à l’analyse rationnelle et lucide de la situation actuelle géographiquement bien circonscrite – réitère ses élucubrations peu dignes d’un chef d’Etat sérieux et responsable, incontestablement pour mieux avancer ses pions sur son thème récurrent et favori d’une défense européenne à l’intérieur de laquelle la France perdrait sa souveraineté politique et sa spécificité militaire, alors qu’elle dispose de l’arme nucléaire pour assurer sa propre défense.
Malgré la faute de la Russie contre la souveraineté de l’Ukraine et la violation du droit international – en riposte à l’intention de l’Ukraine d’arrimer ses intérêts économiques et militaires au bloc occidental (volonté d’entrer dans l’OTAN) – la guerre entre l’Ukraine et la Russie reste un conflit limité à ces deux pays voisins séparés par des frontières communes et qui furent historiquement longtemps très proches et soudés. Mais les occidentaux pour mieux justifier leur aide militaire à l’Ukraine – qui constitue une forme d’alliance résolument tournée contre la Russie – n’hésitent pas à inventer une menace russe.
Les Américains sont quant à eux plus réalistes et s’efforcent de tirer le maximum de profit de la situation actuelle dans laquelle assez paradoxalement les européens – aveuglés par leur intransigeance et sans trop bien s’en rendre compte – travaillent pour les intérêts américains…
II/ Du projet de conquête du GROENLAND par les USA
TRUMP ne s’est pas borné à ses seules déclarations extravagantes et mercantiles sur l’UKRAINE – à laquelle il a marchandé son soutien militaire contre de juteuses contreparties pour développer la puissance économique de son pays au cœur de l’Europe [9] – car il a, aussi, évoqué l’annexion du Groenland aux USA.
Situé à l’est de l’archipel Arctique, dans le nord-est de l’Amérique du Nord, le GROENLAND, avec une superficie de 2 166 086 Km² (y compris quelques îles côtières mineures), est la plus grande île du monde, avec un faible peuplement de près de 57 000 habitants et compte 70 localités isolées dans l’île qui sont ravitaillées par bateau deux fois par an pour certaines d’entre elles. Le tiers de la population est concentré dans sa capitale NUUK, port libéré des glaces et bien approvisionné de manière continue. L’économie de l’île repose exclusivement sur la pêche (crevette, flétan, cabillaud) et le tourisme, le reste étant importé et coûtant cher.
Colonisé par le royaume du Danemark-Norvège en 1721 avec l’arrivée du missionnaire protestant Hans EGEDE, le GROENLAND est devenu une province danoise en 1953 avant de passer sous statut de territoire autonome en 1979 à la suite d’un référendum.
90% des groenlandais sont inuites et ont conservé leur culture malgré le fait qu’à partir des années 1960 – lorsque le GROENLAND était encore une province du Danemark -, le territoire fit l’objet d’une politique d’assimilation faisant du danois la langue du pays, tandis que parallèlement une politique de stérilisation forcée était imposée aux groenlandaises (pose de stérilets à plus de la moitié de la population féminine en âge de procréer).
Le GROENLAND est l’objet, depuis plus d’un siècle, de la convoitise des Etats-Unis exprimée par de nombreux locataires de la Maison Blanche, ce qui, du fait de son ancienneté, ne saurait être considéré comme une lubie de TRUMP.
Après la guerre de Sécession et l’achat de l’Alaska à la Russie (1867), les américains s’interrogent sur le potentiel stratégique du Groenland et de l’Islande car leur idée est de faire des États-Unis une puissance maritime incontestée, capable de surveiller les routes de l’Atlantique Nord. Or, pour Washington, cet intérêt est d’autant plus légitime que par sa situation géographique le Groenland est géographiquement nord-américain, et son contrôle est perçu comme une extension naturelle de la doctrine Monroe, visant à limiter l’influence européenne sur le continent.
Lors du second conflit mondial, un accord fut signé entre le Danemark et les USA confiant la protection du Groenland aux américains pour prévenir la mainmise du 3ème Reich sur l’île de glace danoise avec construction de stations météo et de pistes d’atterrissage pour les forces américaines.
Désireux de se maintenir sur l’île à l’issue du second conflit mondial, en 1946, le président Harry TRUMAN offrit au Danemark la somme de 100 millions de dollars de l’époque (payables en or) pour l’achat du Groenland, ce que l’État danois refusa.
Mais la guerre froide permit, en 1951, la conclusion d’un traité de défense mutuelle avec la construction de la base aérienne de Thulé (Pituffik Space Base) devenant un centre de surveillance radar contre les missiles intercontinentaux soviétiques.
Aujourd’hui, ce sont les terres rares nécessaires à la Haute technologie américaine et, avec la fonte des glaces, le contrôle des routes maritimes de l’arctique et de l’Atlantique nord, qui sont l’objet de la convoitise qui ne s’est pas démentie du Groenland par les USA.
Lors du sommet économique de DAVOS, TRUMP a dénoncé, le 21 janvier 2026, le retour « stupide » du Groenland au Danemark après la seconde guerre mondiale. Or le Danemark contrôle le Groenland depuis 1721, soit avant l’indépendance des Etats-Unis. Si, comme on l’a évoqué, pendant la seconde guerre mondiale, le Groenland avait été placé sous la protection de Washington, lors de l’invasion du Danemark par l’Allemagne nazie, c’était une situation temporaire car il n’y a jamais eu aucun transfert de souveraineté.
S’il a semblé exclure, pour la première fois, d’utiliser la force pour mettre la main sur le Groenland, l’actuel président des USA a néanmoins exigé des « négociations immédiates » sur son acquisition par les États-Unis.
De leur côté, les groenlandais ne souhaitent pas devenir américains car conscients de la manière dont sont traitées les communautés autochtones aux USA et trop attachés à leur culture inuite par rapport à laquelle les danois ont reconnu leurs erreurs passées (stérilisation forcée et tests de « compétences parentales »). [10]
Ainsi avec la menace américaine contre le GROENLAND et donc le DANEMARK, la menace contre l’Europe n’est plus à venir (comme la supposée « menace russe » totalement mensongère contre l’ensemble de l’Europe) mais est imminente, présente et directe, et surtout vient des USA, notre puissant allié de l’OTAN et contre lequel les autres forces européennes de l’OTAN auraient pu se liguer si besoin était… pour défendre le DANEMARK et l’intégrité territoriale du GROENLAND.
Quel renversement de situation et quel puissant éclairage sur la géographie des menaces pesant sur la paix dans le monde …
Mais souvenons-nous qu’il y eu aussi, de la part de l’actuel Président des USA, la menace d’une annexion du Canada, considéré comme une portion d’Amérique devant être dévolue aux américains, la reprise du contrôle du canal de Panama et la modification formelle et symbolique, au grand dam des mexicains, de l’appellation du golfe du Mexique en « golfe d’Amérique » …
III/ Des visées sur le CANADA
S’agissant du CANADA, le 45e et aussi 47e président américain a réitéré le 6 janvier 2026 sa volonté de faire du Canada le 51ème État américain. Et cela, pour au moins trois raisons principales : la mainmise sur les très importantes réserves d’eau canadiennes ; la fin des droits de douane entre les USA et la CANADA ; l’expansion géographique et économique du territoire américain.
Comme on le sait, dès la constitution des États-Unis d’Amérique, le Canada était considéré comme une anomalie et une survivance de la colonisation britannique en Amérique qui, lors de la guerre anglo-américaine de 1812 opposant les États-Unis au Royaume-Uni, avec ses deux colonies du Bas-Canada et du Haut-Canada, entre juin 1812 et février 1815, fut l’un des enjeux de cette guerre de trois ans.
Ce furent des membres du Congrès appelés War Hawks (faucons de guerre) – comprenant notamment Henry CLAY [11] et John C. CALHOUN [12] – qui appelèrent à une « deuxième guerre d’indépendance » en exigeant que la Grande-Bretagne soit chassée du continent nord-américain. Bien que peu de personnes réclamaient alors ouvertement l’annexion du Canada britannique, nombreux étaient les War Hawks qui la souhaitaient.
De leur côté, certains colons de l’Ouest américain souhaitaient que les États-Unis s’emparent du Canada moins pour récupérer des terres mais parce qu’ils pensaient que les Britanniques armaient les tribus amérindiennes, ce qui freinait les spéculateurs fonciers et les grandes familles de planteurs dans la conquête de l’Ouest.
À l’occasion de ce conflit d’ordre économique les États-Unis tentèrent d’envahir le Canada car ils considéraient que les colonies canadiennes – faiblement peuplées et à peine défendues par l’armée britannique, alors très occupée en Europe dans son conflit avec la France dans le cadre du blocus napoléonien contre l’Angleterre – n’offriraient qu’une faible résistance, comme le pensait l’ancien président Thomas JEFFERSON en 1812 : « la conquête du Canada cette année, jusqu’aux voisinages de Québec, sera une simple promenade, et nous en acquerrons de l’expérience pour ensuite pouvoir attaquer Halifax, puis finalement pour expulser l’Angleterre hors du continent américain. »
Mais, comme on le sait, les américains furent tenus en échec lors de leur tentative d’invasion du Canada et après 3 années de guerre ayant affaibli considérablement les deux camps les États-Unis et l’Angleterre conclurent le traité de paix de Gand, aux Pays-Bas, le 24 décembre 1814, dans lequel les deux parties revinrent à la situation antérieure au conflit, ce qui n’empêcha pas les américains de se considérer comme les vainqueurs de cette « seconde guerre d’indépendance ».
C’est qu’en effet certaines batailles font partie du roman national américain comme la bataille de la Nouvelle-Orléans (8 janvier 1815) [13] au cours de laquelle une armée américaine commandée par le major général Andrew JACKSON (1767-1845), battit une force britannique supérieure, dirigée par le major général Sir Edward Pakenham (1778-1815). Cela mit sur orbite JACKSON quant à l’accès à la présidence des États-Unis.

Mais, surtout, la bataille de La Nouvelle-Orléans a été considérée comme la plus grande victoire terrestre américaine de la guerre, et présenta une force symbolique importante pour les États-Unis, et cela d’autant plus qu’il fallait effacer l’un des douloureux épisodes de cette guerre s’étant traduit le 24 août 1814, par le « Burning of Washington » (l’incendie de la Maison Blanche par les Anglais ainsi d’ailleurs que du Capitole et d’autres monuments publics de Washington).
Aujourd’hui, comme nous l’avons déjà souligné plus haut, le Canada, c’est d’abord un territoire gigantesque avec une ressource stratégique, l’eau. Mais Donald TRUMP y voit aussi un intérêt économique : la fin des droits de douane entre les deux pays qui contribuerait ainsi à la prospérité américaine. Enfin, le Canada, c’est surtout 10 millions de km² lesquels ajoutés à la même superficie de son puissant voisin américain, doubleraient la superficie de celui-ci – soit près de 20 millions de km² – ce qui ferait alors des États-Unis le plus grand pays, devant la Russie et la Chine.
Pour le Canadien Frédéric MÉRAND, directeur du département de science politique de l’université de Montréal, Donald TRUMP a renoué avec le continentalisme et l’impérialisme américain du XIXe siècle, d’où sa volonté réelle d’annexer le Canada.
Justin TRUDEAU, juste avant de quitter le pouvoir, avait accusé Donald TRUMP de vouloir « faire chuter l’économie canadienne » en instaurant des droits de douane «pour ensuite annexer le Canada».
La menace d’annexion est assumée et donc sérieuse. Depuis le début du mois de janvier 2025, le président américain ne passait pas une semaine sans répéter qu’il n’y avait qu’une seule solution pour éviter que le Canada se voit imposer des tarifs douaniers qui aboutiront à un étranglement économique, c’est de devenir le 51e Etat américain. Pour accroître la pression, il a même remis en cause le tracé de la frontière entre les deux pays. Même s’il n’a pas précisé les moyens par lesquels il entendait procéder à cette annexion, cela est vécu par les Canadiens comme une agression sans précédent depuis le début du XIXe siècle.
IV/ De la violation de l’espace vénézuélien et de l’enlèvement du président MADURO
Le VENEZUELA est une république d’environ 30 millions d’habitants située sur la côte nord de l’Amérique du Sud, soit environ deux fois la taille de la Californie. Pendant une grande partie du début du XXᵉ siècle, il était considéré comme le pays le plus riche d’Amérique du Sud en raison de ses réserves pétrolières. En effet, le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole mondiales – devançant l’Arabie saoudite – avec 303 milliards de barils, soit environ 20 % des réserves mondiales.
Hugo CHÁVEZ et Nicolas MADURO ont constamment résisté aux tentatives des États-Unis visant à exercer leur contrôle sur les réserves pétrolières du Venezuela [14]. Et cela d’autant plus que ce pays d’Amérique du Sud a joué un rôle clé dans la création de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) [15].
1/ De la nationalisation de 1976 à la révolution bolivarienne de CHAVEZ
En 1976, sous la présidence de Carlos Andrés PÉREZ, le VENEZUELA a nationalisé une grande partie de son industrie pétrolière. Cela a eu un impact négatif sur des entreprises comme ExxonMobil et aujourd’hui alimente les récentes affirmations de l’administration Trump selon lesquelles le Venezuela aurait « volé » le pétrole américain.
Mais la manne pétrolière ne profite pas aux vénézuéliens à la suite d’une mauvaise gestion de l’industrie pétrolière qui conduit à la crise de la dette et à l’intervention du Fonds monétaire international (FMI) en 1988.
La population est d’autant plus mécontente que la hausse des prix entame le pouvoir d’achat déjà bien modeste des couches populaires si bien qu’en février 1989, des manifestations éclatent à Caracas contre la hausse des prix auxquelles le gouvernement (du président PÉREZ qui vient d’être réélu) répond en envoyant l’armée pour réprimer ce mouvement de contestation sociale.
Ces affrontements sanglants de février 1989 sont connus sous le nom de Caracazo – littéralement le grand événement à Caracas – alors que les forces de sécurité loyales au président de l’époque, Carlos Andrés Pérez, réprimaient les manifestants dénonçant les hausses des prix.
Les chiffres officiels estiment le nombre de morts autour de 300, mais certains rapports suggèrent que ce sont jusqu’à 3 000 personnes qui ont perdu la vie.
C’est à partir de cette date que s’opère une césure au sein de la société vénézuélienne entre les riches – qui veulent travailler avec les États-Unis et se placent sous sa dépendance – et les pauvres et les couches modestes – composées essentiellement de la classe ouvrière – qui cherchent à obtenir l’autonomie et l’indépendance politique et économique vis-à-vis des États-Unis.
En fait, moins de 10 ans avant l’accès d’Hugo CHÁVEZ [16] au pouvoir, cette division est déjà née qui caractérise la politique vénézuélienne depuis lors.
2/ CHAVEZ et la révolution bolivarienne (1998-2013)
Cette césure, depuis l’élection, en 1998, de Hugo CHÁVEZ à la présidence de son pays, n’a fait que détériorer progressivement les relations diplomatiques entre le Venezuela et les États-Unis.
Ci-dessous Hugo CHAVEZ, en 2011,
Président de la république bolivarienne du Venezuela
( –
Si CHAVEZ (1999-2013) fut aussi populaire au Venezuela [17] c’est parce qu’il utilisait les revenus pétroliers pour subventionner les programmes gouvernementaux en matière d’alimentation, de santé et d’éducation.
Il était également respecté, grâce à sa générosité, par des régimes qui partageaient les mêmes idées dans la région.
S’agissant de ses relations avec les USA, la position de CHÁVEZ était de fixer un prix OPEP élevé du pétrole pour les États-Unis, autour des 25 dollars américains par tonneau. Pendant la présidence du Venezuela de l’OPEP en 2000, CHÁVEZ a fait une tournée de 10 jours dans les pays de l’OPEP, il est le premier chef d’État en contact diplomatique avec Saddam Hussein depuis la guerre du Golfe. Sa visite a été controversée au Venezuela et aux États-Unis, bien que Chávez ait fait respecter l’interdiction des vols internationaux vers et depuis l’Irak [18].
Par ailleurs, autre point de discorde avec les USA, CHAVEZ se montra toujours solidaire de CUBA. En effet, l’amitié de CHÁVEZ et de Fidel CASTRO, et surtout la relation commerciale avec Cuba a diminué l’influence de la politique nord-américaine pour le boycott économique de Cuba.
Son aide à Cuba s’est toujours traduite par la fourniture de milliards de dollars de pétrole en échange de dizaines de milliers de médecins cubains travaillant dans des cliniques de santé vénézuéliennes.
Il n’hésita pas à s’opposer aux États-Unis et au FMI lors des forums mondiaux, en désignant à l’Assemblée générale de l’ONU en 2006, le président des Etats-Unis en exercice, George W. BUSH, comme « le diable. ».
3/ Nicolas MADURO et la pression américaine (2013-2026)
Ci-dessous, Nicolas MADURO, Président de la république bolivarienne du Venezuela
du 8 mars 2013 jusque de facto au 3 janvier 2026, à la suite de son enlèvement hors
du pays par les États-Unis. Sa réélection pour son troisième mandat le 29 juillet 2024
fut mise en question par l’administration Trump et par ses opposants dans le pays.
Nicolas MADURO, syndicaliste, dès son élection à l’Assemblée nationale en 2000, fut un proche de CHAVEZ auquel il succéda en 2013 à la mort de celui-ci, en remportant l’élection présidentielle avec une courte avance.
Sa proximité avec CHAVEZ s’était traduite par son accès comme vice-président de celui-ci lors de la nouvelle élection en 2012 du leader charismatique bolivarien.
Mais MADURO ne bénéficie pas de la même adhésion populaire aussi enthousiaste que celle de son prédécesseur parmi la classe ouvrière, l’armée ou dans le pays.
Du côté de leurs relations avec le VENEZUELA, les administrations états-uniennes successives continuent d’exercer des pressions sur Nicolas MADURO pour qu’il se démarque de l’héritage idéologique, économique et politique de CHAVEZ.
C’est ainsi que sous les présidences de B. OBAMA [19] (2009-2017) comme lors de la première présidence de D. TRUMP (2017-2021), le Venezuela subit des sanctions et lors des élections de 2018 et de nouveau en 2024 les États-Unis et leurs alliés refusent de reconnaître la victoire de MADURO.
Lors de la première présidence TRUMP, de 2017 à 2021, les sanctions économiques et financières contre le Venezuela sont renforcées. Dès 2017 les États-Unis interdisent presque complètement au Venezuela l’accès aux marchés financiers internationaux.
De son côté, le 8 novembre 2017 l’Union européenne apporte son soutien à la politique répressive des USA contre le Venezuela : les ambassadeurs des 28 pays de l’Union européenne (UE) donnent leur feu vert à l’adoption de sanctions contre le Venezuela en décrétant un embargo sur les livraisons d’armes à ce pays.
En janvier 2019, les États-Unis imposent des sanctions à la société publique de pétrole et de gaz naturel vénézuélienne (PDVSA). Les sanctions adoptées empêchent PDVSA d’être payée pour ses exportations de pétrole aux États-Unis et gèlent 7 milliards de dollars d’actifs américains de PDVSA
Le 5 mars 2019, les États-Unis annoncent des nouvelles sanctions visant 34 navires appartenant au PDVSA et deux compagnies, basées au Liberia et en Grèce, accusées de transporter du brut du Venezuela vers Cuba.
Le 17 avril 2019, le département du Trésor des États-Unis impose des sanctions contre la Banque centrale du Venezuela.
Après la reconduction de MADURO à la présidence, en janvier 2025, et suite à la contestation de son élection par les USA, de nouvelles sanctions sont prises contre le Venezuela par les États-Unis à la fin de la présidence BIDEN, avec une augmentation des récompenses pour la capture des principaux dirigeants vénézuéliens.
Parallèlement, le Canada, le Royaume-Uni et l’Union européenne mettent en place également de nouvelles sanctions contre les principaux dirigeants vénézuéliens.
Avec la 2ème présidence de TRUMP, à partir de janvier 2025 la dégradation des relations entre les USA et le Venezuela va s’accélérer.
Après avoir accusé pendant des mois le président vénézuélien Nicolas MADURO d’être à la tête d’un cartel de narcotrafiquants et avoir offert 50 millions de dollars de récompense à quiconque favoriserait son arrestation, le président américain Donald TRUMP a commencé par se livrer à une série d’opérations militaires destinées à déstabiliser le régime du président vénézuélien.
En août 2025, les États-Unis commencent par renforcer leur présence militaire dans le sud des Caraïbes, en déployant des navires de guerre et des troupes.
En septembre, après avoir ciblé en mer des Caraïbes cinq bateaux vénézuéliens soupçonnés de transporter de la drogue, Donald Trump déclaré être prêt, désormais, à frapper au sol, le Venezuela, au nom de la guerre contre ce qu’il appelle le « narcoterrorisme ».
Ces actions font partie de l’opération Lance du Sud, une campagne militaire américaine visant des réseaux criminels supposés être associés au gouvernement vénézuélien de Nicolás Maduro.
En décembre 2025, les États-Unis saisissent plusieurs navires pétroliers transportant du pétrole du Venezuela.
Des hélicoptères de l’armée américaine volant à moins de 140 km des côtes vénézuéliennes ont continué l’entreprise de harcèlement et de déstabilisation au prétexte d’un entraînement, alors qu’il s’agissait bien d’une nouvelle menace explicite.
Mais, surtout, le 3 janvier 2026, les forces américaines bombardent plusieurs sites du nord du Venezuela, y compris la capitale Caracas, sous le nom de code opération « Absolute Resolve ».
Le président vénézuélien Nicolás MADURO, après les premières explosions, déclare tout de suite l’état d’urgence national. Le gouvernement promet de se défendre contre les actions militaires américaines dont le but est de renverser le régime politique vénézuélien. Il s’agit, pour lui, d’une « agression impérialiste » et il en appelle à la convocation du Conseil de sécurité des Nations unies.
Mais après les frappes, les USA finissent par capturer le président Nicolás MADURO et son épouse, à l’issue d’une opération militaire violant toutes les règles du droit international et faisant une cinquantaine de victimes du côté des forces vénézuéliennes fidèles à leur président.
Celui-ci est ensuite emmené de force aux États-Unis pour y être « jugé » sous le fallacieux et exorbitant prétexte de trafic de drogues ainsi que de fraudes électorales…
Washington impose également au Venezuela de lourdes sanctions économiques, notamment un embargo sur le pétrole.
Caracas a dénoncé une ingérence des États-Unis dans les affaires vénézuéliennes.
Il n’est guère contestable que la véritable raison de cette atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté du Venezuela réside dans le fait que ce pays d’Amérique latine s’est libéré depuis longtemps de la tutelle américaine sur son économie et développe une politique nationale qui n’est pas conforme aux intérêts américains.
Les Etats-Unis sont une nation intolérante qui ne supportent pas, en Amérique latine, l’existence de systèmes politiques et économiques qui ne sont pas fondées sur les mêmes principes que les leurs et qui portent atteinte à leurs intérêts : le Chili du démocrate Salvador Allende en a fait l’amère expérience lors du coup d’Etat du 11 septembre 1973 installant le général PINOCHET.
Les USA ont tendance avec TRUMP à reprendre la politique du « big stick » pratiquée par le président Théodore ROOSEVELT (1901-1909) au début du 20ème siècle :
« L’injustice chronique ou l’impuissance qui résulte d’un relâchement général des règles de la société civilisée peut exiger, en fin de compte, en Amérique ou ailleurs, l’intervention d’une nation civilisée et, dans l’hémisphère occidental, l’adhésion des États-Unis à la doctrine de Monroe peut forcer les États-Unis, même à contrecœur, dans des cas flagrants d’injustice et d’impuissance, à exercer un pouvoir de police international. » [Théodore Roosevelt, Discours prononcé au Congrès, 6 décembre 1904] (cf. notre article du 17 février 2026 publié sur ce site : « Les États-Unis : une histoire constante d’expansionnisme territorial de la Nation américaine considérée comme « élue de Dieu », https://ideesaisies.deploie.com/les-etats-unis-u…-par-louis-saisi/ ).
Cette politique du « gros bâton » ou « big stick policy » de Théodore ROOSEVELT – qui mêlait des négociations pacifiques et la menace implicite de la force militaire – conduisit à des interventions militaires américaines dans les affaires internes d’autres Etats, notamment en Amérique latine mais aussi aux Philippines, faisant des Etats-Unis le gendarme du continent américain et même au-delà. Elle fut un élément clé de l’impérialisme américain (interventions à Cuba, au Venezuela, en république dominicaine, sur l’indépendance du Panama par rapport à la Colombie et le projet du canal de Panama, aux Philippines, dans la guerre russo-japonaise).
Beaucoup trop de déclarations de responsables politiques français ont très timidement condamné cette opération en semblant même la justifier au nom de leurs critiques, voire aversion, du régime politique vénézuélien comme si eux-mêmes et les USA étaient habilités à se prononcer sur la légitimité de ce régime politique en violation du respect du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain sujet du droit international.
Rappelons que, comme le disait ROBESPIERRE :
« La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique, est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c’est de les repousser comme des ennemis. »[20]
V/ Des menaces sur CUBA
Le régime de CUBA, comme on l’a déjà évoqué, était très lié au Vénézuéla dont il dépendait largement pour ses importations, notamment d’hydrocarbures. Avec le blocus sur le Vénézuéla déclenché par TRUMP, CUBA s’efforce aujourd’hui de survivre [21].
La vie quotidienne des cubains s’apparente à un véritable parcours du combattant tant ceux-ci luttent pour leur survie.
Selon « The Wall Street Journal » [22], l’arrêt des exportations de pétrole du précieux allié vénézuélien serait le « coup de grâce ».
La chute du président Nicolas MADURO ébranle ce petit pays de 10 millions d’habitants qui a besoin du pétrole vénézuélien pour maintenir son économie fragile.
Ci-dessous TRUMP, le 30 janvier 2026, révèle son plan contre CUBA
Le blocus énergétique imposé par Washington à Cuba, où aucun pétrolier n’est entré depuis le 9 janvier, menace le tourisme, la deuxième source de devises.
Le secteur, qui emploie environ 300 000 personnes, a déjà été affaibli ces dernières années par la pandémie et les sanctions américaines (-70 % de revenus entre 2019 et 2025, selon des estimations reposant sur les chiffres officiels).
Après l’annonce par LA HAVANE d’une pénurie de kérosène, les compagnies aériennes canadiennes et russes desservant l’île et la compagnie latino-américaine LATAM ont annoncé suspendre leurs vols une fois qu’elles auront achevé le rapatriement de leurs passagers encore sur place.
Entre autres mesures, Washington resserre également l’étau pour réduire les entrées de devises dans l’État insulaire.
L’envoi de missions médicales à l’étranger constitue la principale source de devises étrangères pour Cuba, soit sept milliards de dollars en 2025, d’après des chiffres officiels.
Selon LA HAVANE, 24 000 professionnels de santé étaient déployés dans 56 pays en 2025, dont plus de la moitié (13 000) au Venezuela. Dans ce pays, la situation des médecins cubains reste pour l’heure globalement inchangée, malgré la capture de Nicolas MADURO par les États-Unis. Elle pourrait cependant évoluer rapidement.
Parallèlement, la politique de pressions suivie par Washington dès 2025 commence à produire ses effets dans d’autres pays de la région.
Le GUATEMALA vient de mettre fin à un accord de 27 ans au cours desquels des milliers de médecins cubains avaient travaillé dans des zones isolées de son territoire, tandis que l’Etat insulaire d’Antigua-et-Barbuda a rompu son alliance historique avec La Havane en décembre. Le Guyana entend, lui, rémunérer directement les professionnels cubains, en dehors des accords signés entre les deux États.
À côté de la production de nickel, les cigares sont une autre source d’entrée de devises pour ce pays. En 2024, leurs ventes ont atteint 827 millions de dollars.
Selon un producteur de la région de la Vuelta Abajo (ouest du pays) – centre le plus important de la production du tabac cubain –, interviewé par l’AFP, il estime que l’agriculture n’est pas épargnée par la pénurie de pétrole qui a des répercussions graves sur cette activité. Pratiquement sans combustible, explique ce producteur, le tabac se heurte à des difficultés en pleine récolte, tant pour la collecte des feuilles de tabac que pour l’irrigation des cultures qui sont encore dans les champs.
L’annulation du prestigieux festival du cigare prévu pour fin février à La Havane est un autre coup dur. L’événement rapporte chaque année au gouvernement plusieurs millions d’euros grâce à une prestigieuse vente aux enchères.
La crise actuelle de l’économie cubaine n’est pas sans rappeler celle qui accompagna, il y a un peu plus de trente ans, l’implosion de l’URSS.
Les cubains s’interrogent : les Etats-Unis, qui ont déjà perpétré des tentatives d’invasion de La Havane dans les années 60 [23], iront-ils jusqu’à renverser le gouvernement de Miguel DIAZ CANEL, le successeur des deux frères CASTRO à l’origine de la révolution cubaine de 1959 ?
Pour le moment, TRUMP semble écarter cette voie violente contraire au droit international lui préférant celle de l’asphyxie économique.
CUBA qui n’a pas les moyens d’acheter du pétrole sur les marchés étrangers espère que des pays alliés comme l’Angola, l’Algérie, le Brésil ou la Colombie vont combler l’arrêt de l’exportation du pétrole vénézuélien.
Ci-dessous, manifestation à CUBA contre l’asphyxie
économique de l’Île par les USA dénoncée par le président
Miguel DIAZ-CANEL
Déjà le gouvernement cubain s’est tourné vers ses alliés de longue date pour tenter d’obtenir de l’aide, à commencer par la RUSSIE. Le ministre des Affaires étrangères cubain Bruno RODRIGUEZ s’est ainsi rendu à Moscou pour y rencontrer, le 18 février 2026, le président Vladimir POUTINE. Ce dernier a dénoncé « l’embargo pétrolier américain qui asphyxie Cuba » et a rappelé que son pays « avait toujours été aux côtés de Cuba dans sa lutte pour l’indépendance ». Une position répétée par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï LAVROV, qui a souligné « la pleine solidarité » de la Russie, sans pour autant dévoiler de mesures concrètes.
Tout approvisionnement de CUBA en pétrole ne pourra se faire qu’avec l’autorisation des États-Unis, lesquels ne cachent pas leur volonté d’asphyxier l’île située à environ 150 kilomètres de leurs côtes. « Cuba est actuellement une nation en faillite », a déclaré le président américain Donald TRUMP dont la stratégie consiste à laisser l’île sombrer peu à peu, en empêchant toute aide massive extérieure. C’est dire que pour Washington, la chute du régime cubain est inéluctable.
Il reste que l’aide humanitaire devrait néanmoins réussir à passer à travers le blocus. C’est ainsi que le MEXIQUE, qui a dû également renoncer à exporter du pétrole à Cuba, a pu envoyer le 12 février dernier deux navires chargés de plus de 800 tonnes de produits alimentaires et d’hygiène.
L’arrivée de cette aide humanitaire envoyée par la présidente de gauche mexicaine, Claudia SHEINBAUM, intervient alors que le MEXIQUE tente de négocier une éventuelle livraison de pétrole à destination de l’île sans être sanctionné par les États-Unis, qui ont menacé d’imposer des droits de douane aux pays envoyant du carburant à Cuba.
Selon le gouvernement mexicain, les cargaisons, d’un total de 814 tonnes, comprennent notamment du lait liquide et en poudre, des produits carnés, des biscuits, des haricots, du riz et des articles d’hygiène personnelle. Plus de 1 500 tonnes de lait en poudre et de haricots sont encore en attente d’être envoyées.
Au CHILI, le ministre des Affaires étrangères, Alberto van Klaveren, membre du gouvernement sortant du président de gauche Gabriel BORIC, a annoncé une « aide financière » à travers des « organismes multilatéraux ». Son ministère a précisé par la suite dans un communiqué que cette aide financière, dont le montant n’a pas été précisé, serait faite à travers l’Unicef. « Aujourd’hui, c’est une question d’intérêt humanitaire, au-delà des caractéristiques politiques que peut avoir son régime. Ce qui nous importe, c’est de répondre dans la mesure du possible aux besoins du peuple cubain », a-t-il déclaré en conférence de presse [24].
D’autres pays s’apprêtent à faire de même, à l’instar de l’Espagne qui a annoncé, le 16 février, l’envoi de vivres par le biais du « système des Nations unies ».
« En réponse à l’immense élan de solidarité mondiale avec Cuba, (l’idée initiale de) la Flottille s’est transformée en un Convoi coordonné par voie aérienne, terrestre et maritime, qui convergera à La Havane le 21 mars », indiquent les organisateurs dans un communiqué transmis à l’AFP. Le convoi « Nuestra América » (« Notre Amérique ») a été lancé par « une coalition internationale de mouvements, de syndicalistes, de députés, d’organisations humanitaires et de figures publiques ».[25]
Ses organisateurs ont précisé qu’il acheminera vers l’île « des aliments, des médicaments, du matériel médical et des biens de première nécessité » [26].
Pour le militant politique américain de gauche David ADLER, un des organisateurs de ce convoi, le projet poursuit le même objectif que la flottille à destination de Gaza : « défier un blocus qui affamait la population civile » [27].
VI/ La détestation de l’Europe
Comme les pères fondateurs de la nation américaine qui, comme on l’a vu, ne portaient pas dans leur cœur l’Europe – qu’ils avaient dû fuir -, depuis son second mandat, TRUMP ne cesse de vitupérer contre l’Europe, la considérant comme un ensemble géopolitique décadent.
L’actuel président des USA a, en effet, violemment attaqué l’Europe et le Danemark, le 21 janvier 2026 lors du Forum économique mondial de Davos, en réaffirmant que seuls les Etats-Unis étaient en mesure de protéger le Groenland, tout en vantant sur un ton triomphant la vigueur économique américaine.
Il ne s’agit pas d’un phénomène purement conjoncturel mais d’une vague de fond car ce n’est pas la première fois que le dirigeant américain se livre à une telle critique acerbe du continent européen puisque dans un entretien donné au site Politico, le 8 décembre 2025, à la Maison Blanche, Donald Trump avait déjà lancé une charge virulente contre l’Europe et ses dirigeants, mettant en cause des politiques migratoires « désastreuses » laissant « entrer des millions de personnes » et dénonçant de ce fait les transformations négatives de villes comme Paris, Londres et Stockholm. Il évoqua, à cette occasion, une Europe « en déclin » dirigée par des responsables « faibles ».

Une telle tendance est lourde car quelques mois auparavant, le 14 février 2025, lors de la 61ème Conférence de Munich sur la sécurité, le vice-président américain JD VANCE (ci-contre) avait prononcé un réquisitoire sans appel qui avait alors marqué les esprits, lorsque s’écartant des thèmes traditionnels de sécurité il concentra ses propos autour de critiques acerbes portant sur les politiques européennes, notamment en matière d’immigration, de liberté d’expression et de démocratie.
VII/ La destruction du nouvel ordre international juridique de 1945 et des institutions internationales qui ne servent pas les intérêts américains
Ci-dessous, ce magnifique portrait du président Franklin D. ROOSEVELT (1933-1945) par Elizabeth Shoumatoff en 1966. Commencé à la « Petite maison blanche » de Warm Spring, en Georgie, le 12 avril 1945, et interrompu par l’hémorragie cérébrale qui frappa le président et l’emporta un peu plus tard, il resta inachevé mais fut repris ultérieurement par l’artiste dans d’autres dessins autour de ressemblances de mémoire.

F.D. ROOSEVELT 32e président des États-Unis ( 1933 -1945) a joué un rôle de premier plan dans la transformation du monde à la sortie du second conflit mondial, inspirant notamment la création de l’ONU. Il a ainsi laissé une empreinte très forte dans l’histoire de son pays.
Il y a lieu de rappeler que l’expression « Nations Unies » fut suggérée par le Président des États-Unis Franklin D. Roosevelt et qu’elle est apparue pour la première fois durant la Seconde Guerre mondiale dans la Déclaration des Nations Unies du 1er janvier 1942 [28].
Avant même la fin de la seconde guerre mondiale, dès 1943, lors de la conférence de Téhéran, ROOSEVELT, pour les États-Unis, aux côtés de CHURCHILL (Grande-Bretagne) et STALINE (URSS), s’était engagé à créer dans les plus brefs délais une organisation internationale capable de résoudre pacifiquement les conflits.
C’est ainsi que lors de la Conférence de San Francisco, en 1945, la création des Nations unies reposait sur la recherche de la paix, et de la sécurité internationale, ainsi que sur la coopération internationale. Il s’agissait également de promouvoir la démocratie et les libertés individuelles, et de garantir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Ici, TRUMP est en rupture avec le mouvement dont les USA, autour du président ROOSEVELT, avait pris la tête quant à la reconstruction d’un nouvel ordre mondial avec la création de l’ONU, qui en était le symbole le plus marquant.
A/ Le blocage du Conseil de sécurité et le dénigrement de l’ONU
Ci-dessous, le Conseil de sécurité de l’ONU, une suite de blocages de son fonctionnement par ses membres permanents

Les américains bloquent aujourd’hui au Conseil de sécurité de l’ONU toutes les résolutions mettant en cause la destruction de GAZA par Israël ainsi que l’occupation illégale du territoire palestinien par la conquête et l’implantation de colonies israéliennes en Cisjordanie.
Il est à noter que lorsque pendant la guerre de Corée la Russie était dénoncée comme bloquant le fonctionnement du Conseil de sécurité la résolution américaine DEAN ACHESON avait proposé que l’Assemblée générale des Nations-Unies supplée à cette défaillance et cela d’autant plus qu’à l’époque les USA et leurs alliés et affidés dominaient cette assemblée, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.
Ci-dessous, « Donald TRUMP en las Naciones Unidas »
selon The New York Times
Ceci explique que le 23 septembre 2025, à la tribune de l’assemblée générale des Nations unies, TRUMP, président des Etats-Unis, s’est livré à une violente diatribe contre l’ONU, l’Europe et toutes les valeurs du multilatéralisme.
« Les Nations unies ne sont pas là pour nous. Quel est le but des Nations unies ? » a-t-il interrogé. Dans sa réponse il a souligné que l’organisation avait « tant de potentiel », mais qu’elle était incapable de le réaliser. « Ce sont des mots creux, qui ne résolvent pas les guerres ».
Il a également ajouté :
« Non seulement l’ONU ne résout pas les problèmes, mais en plus elle en crée de nouveaux », a-t-il tonné, en évoquant « les migrations incontrôlées ».
Ces critiques à l’encontre de l’ONU ont été également suivies depuis le 7 janvier 2026 du retrait par un décret du président américain de pas moins de 66 organisations internationales qui, selon le message diffusé sur le réseau social X par la Maison Blanche, « ne servent plus les intérêts américains ».
Or, parmi celles-ci, 31 sont liées à l’ONU, dont la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) marquant la volonté de Washington de poursuivre son désengagement de la coopération mondiale sur le climat.
Dans un communiqué, le département d’Etat a justifié le désengagement américain en invoquant le fait que ces institutions étaient « redondantes, mal gérées, inutiles, coûteuses, inefficaces, instrumentalisées par des acteurs poursuivant des objectifs contraires aux nôtres, ou menaçant la souveraineté, les libertés et la prospérité générale de notre nation. »
L’administration TRUMP avait déjà suspendu son soutien à de nombreuses agences aussi fondamentales que l’Organisation mondiale de la santé (OMS créée en 1948), l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (l’UNRWA créé en 1949), le Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDH créé en 2006) et l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture créée en 1945), adoptant ainsi une approche sélective de sa contribution à l’ONU, en distinguant les opérations et les agences qui, selon elle, correspondent au programme de l’Exécutif américain et celles qui ne serviraient pas ou plus les intérêts des américains.
B/ Le Conseil de la Paix (Board of Peace en anglais) de Donald TRUMP
Proposé en septembre 2025 par le président des États-Unis Donald Trump – qui n’en est plus à un paradoxe près -, le Conseil de la paix a été créé le 15 janvier 2026.
Sa mission officielle est de « promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance fiable et légitime et garantir une paix durable dans les zones touchées ou menacées par un conflit ».
Lors de la proposition initiale de septembre 2025, les missions du conseil étaient bien circonscrites car elles s’inscrivaient dans le cadre du plan de paix prévu après la guerre de Gaza, avec l’aval de la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies. Le Conseil de la paix y était présenté comme un organisme visant à soutenir l’administration, la reconstruction et le redressement économique de la bande de Gaza.
La résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies est adoptée le 17 novembre 2025 pour mettre en œuvre le plan de paix pour Gaza convenu par Israël et le Hamas en octobre 2025. La résolution approuve le plan de paix pour Gaza, salue la formation d’un Conseil de la paix pour soutenir la reconstruction de la bande de Gaza, autorise le déploiement de la Force internationale de stabilisation et prévoit la création d’un Comité national pour l’administration de Gaza afin de gérer la gouvernance quotidienne de la bande de Gaza. La résolution est saluée par l’Autorité palestinienne et dénoncée par le Hamas.
Par la suite, l’exposé des motifs d’une telle création est assez sommaire. Son objet devient plus large et repose fondamentalement sur une mise en cause de l’ONU.
En effet, TRUMP dans une déclaration du 20 janvier2026 considère que « les Nations unies ne l’ont jamais aidé » et que son conseil « pourrait remplacer l’ONU ».
Ci-dessous, Donald TRUMP s’exprime à Davos, ce 22 janvier 2026, lors d’une session sur son « Conseil de paix », devant des dirigeants venus pour signer sa charte. (Photo Markus Schreiber/Ap/SIPA)

Sa Charte fondatrice a publiquement été signée par Donald Trump le 22 janvier 2026 en marge du Forum économique mondial à Davos. Le texte de la Charte n’a toutefois pas été rendu public mais a été envoyé avec les lettres d’invitation aux États choisis par Donald Trump comme des participants potentiels.
Les éléments contenus dans le projet de Charte, transmis aux Etats invités à participer confirment l’évolution vers la création d’une organisation internationale dotée de compétences larges en matière de paix, de stabilité et de gouvernance post-conflit.
Pour le moment, ont signé la Charte des pays tels que l‘Argentine, l’Indonésie, le Pakistan, le Kazakhstan, l’Arabie Saoudite, l’Arménie, la Turquie, le Maroc.
Sur les 27 États membres de l’UE, seules la Hongrie et la Bulgarie ont accepté l’invitation du président Donald Trump. Ces deux pays ont donc participé en tant que membres du Conseil à la réunion de Washington du 19 février 2026. Cinq États membres de l’UE ont annoncé y participer en tant que pays « observateurs » et non pas en tant que pays membres. Il s’agit de l’Italie, de la Roumanie, de la République tchèque, de la Grèce et de Chypre.
Assez curieusement la Commission européenne a accepté, pour sa part, d’être représentée par la commissaire à la Méditerranée, Dubravka ŠUICA. Pour autant, elle considère qu’une telle participation ne vaut pas adhésion comme membre du Conseil de la paix, comme l’a précisé son porte-parole qui a déclaré :
« La Commission européenne ne devient pas membre du Conseil de paix, nous participons à cette réunion précisément dans le cadre de notre engagement de longue date en faveur de la mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza, ainsi que pour prendre part aux efforts internationaux visant à soutenir la reconstruction et la relance après-guerre à Gaza ».
La plupart des États membres de l’Union européenne (UE) ayant rejeté une adhésion formelle l’ont fait en émettant des réserves juridiques concernant à la fois la Charte et la gouvernance du Conseil de la paix. Par ailleurs, certains pays européens comme le Danemark n’ont pas reçu d’invitation, probablement suite au conflit avec les USA sur le Groenland.
La position de la France
S’agissant de la position de la France, le 19 février 2026, le porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères a précisé, dans un point de presse, les raisons de l’absence de la France au Board of peace.
En ce qui concerne la participation de la Commission européenne, la France considère justement que la Commission « n’a pas de mandat du Conseil pour s’y rendre et pour participer à cette réunion », alors qu’il s’agit d’un « élément qui est éminemment du ressort des affaires étrangères des différents États » [29].
Selon le porte-parole, « elle devra s’en expliquer à son retour ». Quant à la participation d’autres États membres, le ministère ne souhaite pas faire « davantage de commentaires ».
Lors d’un débat à l’Assemblée nationale, le lundi 19 janvier 2026, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot avait déjà expliqué les raisons pour lesquelles la France avait officiellement refusé de donner suite à l’adhésion au projet de « Board of Peace » :
« À ce stade, la France ne peut donner suite », a-t-il déclaré, justifiant cette position par le fait que la charte de ce Conseil de paix « dépasse le cadre de Gaza » et du plan de paix endossé par les Nations unies. Selon lui, le texte, dans sa rédaction actuelle, est incompatible avec les engagements internationaux de la France, notamment son adhésion à l’ONU, « qui ne saurait en aucun cas être remise en cause ».[30]
Ci-dessous, le Ministre des Affaires étrangères Jean-Noêl Barrot devant l’académie des sciences morales et politiques le 19 janvier 2026 critiquant le Conseil de paix de Donald TRUMP 
Plus tôt, dans la journée, devant l’Académie des sciences morales et politiques, Jean-Noël Barrot avait également exprimé ses réserves en élargissant son analyse. En effet, outre le fait que ce « Conseil de paix » était « très loin de la Charte des Nations unies », il y percevait aussi une nouvelle illustration de la recomposition de l’ordre international, marquée par un « duopole » entre les États-Unis et la Chine, chacun développant selon lui une vision alternative à celle de l’ONU pour imposer un nouvel ordre mondial où il jouerait un rôle central. Le chef de la diplomatie française avait également évoqué l’Initiative pour la gouvernance mondiale soutenue par Pékin, soulignant ainsi les enjeux géopolitiques qui sous-tendent cette proposition et la prudence de Paris face à toute initiative remettant en cause le multilatéralisme onusien.
VIII/ La guerre préventive contre l’Iran visant à protéger Israël en menaçant la paix du monde
A/ Retour aux sources du conflit
1/ Les données du conflit liés au Nucléaire iranien
Jusqu’où peut aller, en IRAN, la production d’uranium enrichi à des fins civiles sans craindre son extension au domaine nucléaire militaire ?
Les Occidentaux et Israël accusent constamment l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique, ce que Téhéran dément, assurant que son programme nucléaire est uniquement à usage civil. L’enrichissement de l’uranium est la principale pierre d’achoppement dans ces discussions visant à encadrer le programme nucléaire iranien en échange d’une levée des lourdes sanctions imposées au pays. Washington exige que l’Iran y renonce totalement, ce que Téhéran refuse, y voyant un droit « non négociable ».[31]
Rappelons, s’il faut en croire France Culture [32], qu’Israël, bien qu’il l’ait toujours nié, s’est lui-même doté de l’arme nucléaire dès les années 1960, avec l’aide de la France qui voulait faire oublier l’épisode honteux de Vichy :
« La France finance en partie la construction de la centrale de Dimona, dans le désert du Néguev, qui devient la pièce maîtresse du dispositif nucléaire israélien. L’entreprise Dassault fournit aussi à l’Etat hébreu des missiles et des avions capables de transporter des charges nucléaires. La coopération profite en retour à la France, qui a ainsi accès à de nouvelles technologies, comme les supercalculateurs, ancêtres des ordinateurs.» [33]
Sans encourir le moindre reproche de la part des occidentaux, l’État israélien persiste à refuser que ses installations nucléaires militaires puissent être contrôlées par l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) [34].
Et plus curieusement encore, l’AIEA a rejeté, à plusieurs reprises, la résolution de près d’une vingtaine d’Etats enjoignant Israël à placer ses installations nucléaires sous sa supervision [35] . Cela permet un doute sérieux sur l’impartialité de l’AIEA.
De son côté, le QATAR, en mars 2025, lors d’une session du Conseil des gouverneurs de l’AIEA à Vienne, avait préconisé de placer les installations nucléaires israéliennes sous le contrôle de cet organisme international et de faire injonction à Israël d’adhérer au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en tant qu’État non doté d’armes nucléaires. [36]
Cette déclaration soulevait ainsi l’incohérence de l’AIEA dans l’application des normes internationales. En effet, tous les pays du Moyen-Orient, sauf Israël, sont signataires du TNP. [37]
Cette très nette prise de position, hélàs passée inaperçue, soulignait les limites de l’implication de l’AIEA dans son rôle de gendarme visant à surveiller les programmes régionaux d’armement nucléaire en faisant deux poids deux mesures notamment dans les causes des tensions entre Israël et l’Iran. [38]
2/ L’accord du JCPoA (Joint Comprehensive Plan of Action) de juillet 2015 sous l’administration OBAMA
Accorde de VIENNE sur le Nucléaire iranien signé le 14/07/2015,
en anglais : Joint Comprehensive Plan of Action ou JCPoA
S’agissant des relations Iran-États-Unis sous l’administration OBAMA (2009–2017), elles ont été définies par un passage de la confrontation à un engagement prudent, culminant avec l’accord nucléaire historique de 2015.
C’est ainsi que réunis à Lausanne (Suisse) le 2 avril 2015, les ministres des Affaires étrangères des pays signataires de l’Accord annoncent le succès des négociations. Sur la photo ci-contre, de gauche à droite les représentants de la Chine, la France, l’Allemagne, l’Union européenne, l’Iran, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis.
En juillet 2015, les États-Unis, avec d’autres puissances européennes (France, Royaume-Uni, Allemagne) et internationales (Russie, Chine) avaient conclu, avec l’Iran, le (JCPoA), visant à encadrer la nucléarisation du pays en échange d’une levée des sanctions internationales qui pesaient sur lui. En mai 2018, peu après l’élection de D. TRUMP, sous la pression de l’Etat hébreu, les Etats-Unis avaient remis en cause le JCPoA, au prétexte qu’il était l’un des pires textes signés par les États-Unis, parce qu’il n’abordait pas la question de la politique régionale et de l’arsenal balistique de Téhéran. Les USA rétablirent ainsi des sanctions à l’encontre du pays. En réaction, l’Iran s’affranchit de ses propres obligations en relançant son programme d’enrichissement de l’uranium. [39]
B/ Un conflit géopolitique du Moyen-Orient dominé par l’alliance entre l’Amérique et Israël
La mise en place de nouvelles modalités de négociation à partir d’avril 2021 n’avait pas permis à l’administration BIDEN de conclure un nouvel accord, face à un interlocuteur iranien plutôt fermé à cette nouvelle initiative.
De retour au pouvoir, dans un courrier adressé début mars 2025 à l’ayatollah Ali KHAMENEI, Donald TRUMP avait proposé la tenue de négociations entre les États-Unis et la République islamique d’Iran, s’échelonnant du 12 avril au 23 mai, en se faisant fort de parvenir à la signature d’un texte en deux mois.
Ce cycle de négociation arriva à expiration le jeudi 12 juin 2025 sans résultat.
1/ Les bombardements de 2025 sur l’Iran
Suite à cet échec, dans la nuit du 12 au 13 juin 2025, Israël prit l’initiative de bombarder des cibles militaires et nucléaires en Iran. Les USA avaient alors déclaré ne pas avoir été avertis par Israël tout en affirmant qu’ils étaient prêts à défendre Israël contre les représailles éventuelles de l’IRAN.
Toutefois, un peu plus tard, le 21 juin 2025, 22h09 (heure de l’Est) les Etats-Unis lançaient à leur tour des frappes contre trois installations nucléaires iraniennes, dans une opération tenue secrète et annoncée par surprise par le président Donald TRUMP sur Truth Social [40].
« Nous avons mené une attaque très réussie contre trois sites nucléaires en Iran : Fordo, Natanz et Ispahan. Tous nos avions sont désormais sortis de l’espace aérien iranien. Une charge complète de bombes a été larguée sur le site principal, Fordo », a écrit TRUMP dans son message posté samedi soir [41].
Et de conclure, triomphant :
« Notre objectif était la destruction de la capacité d’enrichissement nucléaire de l’Iran et la fin de la menace nucléaire posée par le premier sponsor étatique du terrorisme au monde. Ce soir, je peux annoncer au monde que ces frappes ont été un succès militaire spectaculaire. » [42]
2/ Les nouveaux bombardements du 28 février 2026
Le même scénario guerrier se renouvelant le samedi 28 février 2026, pour les mêmes motifs, l’on peut s’interroger sur la validité de la totale réussite des bombardements américains antérieurs du 21 juin 2025 sus-évoquée.
En effet, les États-Unis et Israël ont déclenché, samedi matin 28 février 2026, à l’aube, une attaque conjointe de très grande envergure contre l’Iran, marquant une escalade militaire majeure au Moyen-Orient. De puissantes explosions ont été entendues à Téhéran ainsi que dans plusieurs grandes villes iraniennes, notamment Qom, Ispahan, Kermanshah, Karaj et Tabriz. L’offensive, annoncée officiellement par le président américain Donald Trump, ouvre une séquence aux conséquences régionales et internationales potentiellement lourdes. [43]
Quelques minutes après le lancement de frappes américaines et israéliennes sur plusieurs villes d’Iran, dont Téhéran, samedi 28 février, le président des Etats-Unis, Donald TRUMP, casquette « USA » vissée sur la tête, a prononcé, en ces termes, une allocution, diffusée sur son réseau Truth Social :
« Il y a peu de temps [samedi matin], l’armée des Etats-Unis a lancé d’importantes opérations de combat en Iran. Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes émanant du régime iranien, un groupe cruel composé d’individus extrêmement durs et terribles. Ses activités menaçantes mettent directement en danger les Etats-Unis, nos troupes, nos bases à l’étranger et nos alliés dans le monde entier. Depuis quarante-sept ans, le régime iranien scande « Mort à l’Amérique » et mène une campagne ininterrompue d’effusion de sang et de meurtres de masse, visant les Etats-Unis, nos soldats et des innocents dans de très nombreux pays. » [44]
Côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué que l’action conjointe « créera les conditions nécessaires pour que le peuple iranien courageux prenne son destin en main ». Des responsables israéliens, cités notamment par le New York Times, ont précisé que les frappes visaient des « personnalités de premier plan » du régime iranien et qu’elles pourraient se poursuivre pendant plusieurs jours.
Donald TRUMP a affirmé samedi dernier que le guide suprême iranien Ali KHAMENEI était « mort » à la suite des frappes des États-Unis et d’Israël sur l’Iran. Cette information a été confirmée par l’Iran dans la nuit de samedi à dimanche, avec l’ annonce d’un deuil de trente jours. En mêle temps l’Iran réaffirmait sa résolution de riposter aux frappes américaines et israéliennes et à ne pas laisser impunie la mort de son Chef suprême.
C’est ainsi qu’en représailles aux frappes conduites par les États-Unis et Israël depuis le samedi 28 février 2026 au matin, l’Iran a riposté en ciblant l’État hébreu mais aussi des pays du Golfe dans le Moyen-Orient, région où se trouvent de nombreuses bases américaines. Des explosions ont été constatées au niveau de plusieurs zones militaires, mais aussi civiles.
C’est ainsi que Téhéran a visé des cibles au Bahreïn, au Qatar, au Koweït, en Jordanie ou encore aux Émirats arabes unis, où se trouvent des bases américaines.
Une base navale française d’Abou DHABI (Emirats arabes Unis) a été ciblée le 1er mars 2026 par l’IRAN, sans que l’attaque n’ait fait de victimes ni blessés.
La France va « rehausser [sa] posture et [son] accompagnement défensif » auprès de ses alliés et partenaires dans la région a aussitôt annoncé Emmanuel MACRON. Avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, la France s’est dite prête à des « actions défensives nécessaires et proportionnées » face aux ripostes iraniennes afin de « détruire à la source » les capacités militaires de Téhéran.
2.1/ La voie de la guerre et la Constitution française du 4 octobre 1958
Rappelons que la guerre n’est pas une compétence présidentielle car, aux termes mêmes de l’article 35 de notre Constitution, « La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement« .
2.2/ La notion d' »alliés et de partenaires dans la région » selon MACRON…
S’y référer est bien inquiétant, surtout si les alliés de la France, au Moyen-Orient, sont américains, britanniques (voir le partage de la protection du QATAR par ces trois Etats occidentaux, notamment note 47) et aussi, de manière plus discrète mais réelle, les israéliens.
Or les USA et Israël sont aujourd’hui des Etats « va-t-en-guerre » menaçant la paix du monde.
2.3/ La notion d’action défensive contre l’Iran selon notre Président
La notion d' »action défensive » contre l’Iran invoquée par le président MACRON est aussi floue que dangereuse, et cela d’autant plus que la France, contrairement à la Norvège, n’a pas condamné la violation du droit international par les USA et les israéliens.
2.4/ Les citoyens français et les accords militaires secrets portant atteinte à notre indépendance et souveraineté nationale
Les citoyens français risquent de découvrir ainsi qu’ assez curieusement la France est un partenaire de défense des Émirats arabes unis, se traduisant par la présence d’environ 900 militaires et civils de la défense français qui, déployés sur trois bases, se tiennent prêts à intervenir sur toute crise dans la région nécessitant l’emploi des forces armées françaises. Ils peuvent déployer notamment des avions Rafale et A400M, des chars Leclerc et canons Caesar, tandis que les bâtiments et les avions de patrouille maritime tournent durant l’année.
Les déclarations impulsives et affectives du Président MACRON pourraient conduire la France dans l’engrenage d’une guerre qui n’est pas la sienne au Moyen-Orient, aujourd’hui, soumis au bon-vouloir arrogant et impérialiste d’un axe belliqueux Israël-USA se plaçant constamment en dehors et au-dessus du droit international.
2.5/ Les déclarations du 2 mars 2026 du président Macron sur le renforcement de notre arsenal nucléaire révèlent sa vision manichéenne du monde et reprend son antienne d’une démarche européenne concertée
Comme il l’a largemet montré au cours de ses deux mandats pourtant peu glorieux – s’il faut en croire la chute régulière de sa cote de popularité au plus bas parmi ses concitoyens [45]-, notre Chef de l’Etat n’en continue pas moins, malgré cette absence de légitimité de son action politique, à endossser les habits de chef miltaire et de fin stratège…
Aujourd’hui, exploitant le conflit actuel au Moyen-Orient pour le transformer aussitôt en une multiplicité de menaces ramenées sur l’Europe, le Président de la République, le 2 mars 2026, depuis la base de l’Ile Longue, parlant d’un » durcissement de notre modèle », va augmenter le nombre de ses têtes nucléaires, pour entrer dans une nouvelle étape de sa dissuasion nucléaire, qu’il a qualifiée de « dissuasion avancée » [46].
Il considère également, de manière ambiguë, que la France doit penser sa stratégie nucléaire dans le contexte européen :
« Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen, dans le plein respect de notre souveraineté, avec la mise en place progressive de ce que j’appellerai une dissuasion avancée ».
Il a ainsi précisé que 8 pays européens – à savoir le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark – « ont accepté » de participer à cette « dissuasion avancée ».
Ces pays devraient ainsi accueillir des « forces aériennes stratégiques » de l’armée de l’air française, qui pourront ainsi « se disséminer dans la profondeur du continent européen » pour « compliquer le calcul de nos adversaires » (sic).
L’on peut sérieusement s’interroger sur cette vision manichéenne du monde jusqu’alors pratiquée par TRUMP et NETANYAHOU – et qui devient de plus en plus partagée en France et sur le continent européen – alors qu’elle tend à servir les intérêts de ces deux États impérialistes au détriment du reste du monde.
3/ Quelques timides réactions internationales [47] et des réactions plus fermes sur le continent africain
Le régime dictatorial religieux iranien n’a pas la faveur des occidentaux à la suite des terribles répressions violant les droits de l’homme lors des dernières manifestations populaires (décembre 2025-janvier 2026), ce qui explique la timidité des réactions internatinales – à l’exception de celles de la RUSSIE, du PAKISTAN et de la NORVEGE – par rapport à l’initiative israélo-américaine de bombarder l’Iran le 28 février 2026.
Les réactions les plus vives sont venues du continent africain.
La diplomatie russe a tout de suite vu le danger d’embrasement du Moyen-Orient en dénonçant les frappes comme une « aventure dangereuse » menaçant la région de « catastrophe » et visant à « détruire » le gouvernement iranien.
Le PAKISTAN « condamne fermement » les « attaques injustifiées » contre l’Iran et « appelle à un arrêt immédiat de l’escalade », selon son ministre des Affaires étrangères.
Les frappes, présentées par Israël comme « préventives », ne sont « pas conformes » au droit international car « une attaque préventive suppose l’existence d’une menace imminente », a estimé le chef de la diplomatie norvégienne.
Le président indonésien propose sa médiation entre Washington et Téhéran et « l’Indonésie appelle toutes les parties à faire preuve de retenue », selon son ministère des Affaires étrangères.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré sur X « rejeter » tant « l’action militaire unilatérale des États-Unis et d’Israël », que « les actions du régime iranien et des Gardiens de la Révolution ». « Nous exigeons une désescalade immédiate », a-t-il tranché.
« L’escalade en cours est dangereuse pour tous » et « elle doit cesser », a déclaré le président français Emmanuel MACRON qui a demandé une « réunion urgente » du conseil de sécurité de l’ONU et affirmé que la parole devait être « rendue au peuple iranien » [48]
En Afrique du Sud, la présidence a rappelé que sur sur la base du droit international, la légitime défense ne peut s’exercer de façon anticipée, s’inscrivant ainsi dans une posture critique vis-à-vis de l’argument israélien de la « frappe préventive ».
Dans ce même pays, la formation politique ANC (Congrès national africain), le parti au pouvoir, est allée encore plus loin, appelant à mettre fin aux « tactiques d’intimidation des États-Unis » au Moyen-Orient en réaffirmant son attachement au principe de non-agression entre nations souveraines. « Notre position est de toujours désapprouver toute attaque contre un autre État, quelles qu’en soient les raisons », a déclaré un dirigeant du parti.
Plus virulents encore mais de manière très lucide, les Combattants pour la liberté économique (EFF) de Julius Malema ont dénoncé en termes cinglants une alliance Washington-Tel Aviv « résolument déterminée à défendre les intérêts israéliens dans toute la région, quel qu’en soit le coût humain », soulignant que l’Iran « a le droit de se défendre » face à une agression caractérisée.
Au SÉNÉGAL, Dakar a été parmi les premieres capitales africaines à réagir. Dans un communiqué du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, le Sénégal a condamné « l’usage de la force » qu’il considère comme « une menace à la souveraineté des États et à la stabilité mondiale », tout en appelant à un cessez-le-feu immédiat. Les autorités sénégalaises ont insisté sur le fait que la diplomatie demeure « le seul chemin crédible et durable » pour résoudre la crise, exhortant également leurs ressortissants dans la région à faire preuve de la plus grande prudence.
Au NIGÉRIA, le ministère des Affaires étrangères a publié un communiqué appelant toutes les parties à cesser le feu et à retourner à la table des négociations, dans l’intérêt de la paix mondiale. Et ce, « pour le bien de la coexistence mondiale », selon le texte officiel.
C/ La nouvelle donne au Moyen-Orient – qui était celle de l’IFRI – risque-t-elle d’être remise en cause ?
Selon l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), aujourd’hui, la situation aurait changé au Moyen-Orient du fait de la recomposition des rapports de force régionaux se faisant autour d’un axe de pays arabes qui considèrent que la menace a changé de camp depuis l’automne 2023 : parce qu’ils seraient les premières victimes d’un affrontement régional, Tel-Aviv a remplacé à leurs yeux Téhéran comme agent de déstabilisation. Washington n’a eu de cesse de réfréner les velléités militaires de Benyamin Netanyahou, opposant de la première heure au JCPoA. Il reste que le Premier ministre israélien voit dans la réactivation des tensions entre Tel Aviv et Téhéran l’opportunité de détourner l’attention internationale de la bande de Gaza et les oppositions à son régime de la scène intérieure.[49]
Avec les frappes sur les pays du Golfe persique abritant de nombreuses bases militaires américaines et françaises, l’IRAN risque de s’aliéner ces pays qui, tels le Qatar (50) et bien d’autres avaient pris conscience que le problème au Moyen-Orient n’était pas la position de l’Iran mais celle d’Israël dans sa politique territoriale expansionniste démesurée visant à s’agrandir aux dépens de la Palestine (Gaza et Cisjordanie).
CONCLUSIONS
1/ Selon Jacques PORTE [51], Franklin Delano ROOSEVELT – à partir du New Deal et de la seconde guerre mondiale suivie de la construction d’un nouvel ordre international fondé sur le Droit et, avec la création de l’ONU, la résolution pacifique des conflits – est resté dans la mémoire des américains et plus largement celle des hommes en dominant, pendant plus de douze ans, une période essentielle pour son pays et pour le monde. L’historien des États-Unis de Roosevelt considère qu’il n’est pas rare de faire de 1945 la date fondatrice des États-Unis contemporains qui se tournent vers le monde moderne et composent avec lui, sortant de leur isolationnisme ombrageux et égoïste.
2/ Certes, par la suite l’Amérique changea progressivement de visage car les successeurs de ROOSEVELT (TRUMAN, etc.) aux prises idéologiques avec l’URSS, s’enlisèrent dans 50 ans de « guerre froide » concept inventé pour rendre compte de la terreur résultant de la menace d’une troisième guerre mondiale, laquelle contenait néanmoins les ardeurs expansionnistes et de domination des deux Grands. Mais cette période ne remit pas en cause les acquis de 1945 auxquels les américains continuaient à être attachés car ils constituaient un môle commun de références et d’exigences, notamment en matière de paix, elle-même bien utile au développement économique et social.
3/ La fin de la guerre froide célébrée dans les deux camps originellement antagonistes, avec toutefois le maintien de l’anomalie que constitue la survivance de l’OTAN, a été suivie d’une expansion du bloc occidental – dans son expression d’une économie libérale – vers l’Est aux frontières de la RUSSIE au point de faire naître des tensions nouvelles malgré l’effacement idéologique de la RUSSIE due à l’implosion de l’ex-URSS.
4/ Aujourd’hui, comme nous l’avons vu, avec TRUMP, les USA manifestent de nouveaux appétits territoriaux – d’autant plus surprenants qu’ils sont caractéristiques d’une époque que l’on considérait comme révolue – sur des aires géographiques considérées comme recelant certaines richesses naturelles nécessaires à la poursuite du développement économique autour de la dernière révolution informatique dont l’IA est la plus forte expression du moment.
En ce qui concerne TRUMP, quoi que nous puissions en penser, il est le Président des États-Unis, choisi par des millions d’américains, et il faut donc nous libérer de cette tendance lourde à la personnalisation du pouvoir en psychologisant les hommes politiques pour en faire des individualités exotiques – certes parfois originales. En Amérique, comme dans certains pays d’Europe (Italie, Hongrie, Tchéquie), en CHINE ou en RUSSIE, il faut plutôt les considérer comme porteurs de l’expression d’un nouveau courant nationaliste – parfois xénophobe et chauvin en Europe – qui se répand un peu partout dans le monde et qui remet au goût du jour la grandeur de leur pays (MAGA pour l’Amérique) dont l’épopée fut, comme on l’a vu, pour l’Amérique, celle d’un impérialisme conquérant.(cf. notre article du 17 février 2026 : LES ÉTATS-UNIS : UNE HISTOIRE CONSTANTE D’EXPANSIONNISME TERRITORIAL DE LA NATION AMÉRICAINE CONSIDÉRÉE COMME « ÉLUE DE DIEU« , https://ideesaisies.deploie.com/les-etats-unis-u…-par-louis-saisi/).
La méthode du « bâton » de TRUMP est assez habituellement utilisée par l’Exécutif américain pour convaincre ses protagonistes. Souvenons-nous de la tragédie irakienne de 2003 à laquelle la France du président Chirac et de Dominique de Villepin refusa d’apporter son concours aux forces destructrices liguées autour de l’Amérique de BUSH.
Allons-nous revivre le même scénario que celui de la destruction de l’Irak, en 2003, où estimant que les conditions de coopération avec l’Irak n’étaient pas remplies (comme aujourd’hui le fait TRUMP avec l’Iran), George W. BUSH fils (2001-2009), à la tête d’une armada de plus de 41 nations « civilisées », donna le signal, le d’une invasion militaire de l’Irak en vue de renverser le régime en place de Saddam HUSSEIN. La victoire militaire fut acquise rapidement, dès le au prix de ce que devait être la destruction de l’Irak. Ensuite, comme on le sait, George W. BUSH adopta le décret 13303 donnant l’immunité totale aux compagnies pétrolières en Irak, tout procès à leur encontre étant immédiatement considéré comme nul et non avenu aux États-Unis.
Certes, le régime autocratique iranien qui opprime son peuple ne fait rêver personne et surtout pas les démocrates. Mais l’Iran est un Etat souverain membre de la société internationale régie par les principes de la Charte de l’ONU qui condamne l’emploi de la force comme mode de règlement d’un conflit entre États souverains et égaux en droit.
Aujourd’hui, Donald TRUMP, sur la pression d’Israël (lui-même possesseur de la bombe atomique mais qui ne la veut pas pour les autres nations du Moyen-Orient), développe une agression aventuriste sur l’Iran qui a déjà embrasé tout le Moyen-Orient, sans que son action dite de « guerre préventive » ait suscité beaucoup de réprobation – au moins en tant que rupture de la paix et en dehors de toute autre considération -, sauf peut-être aux Etats-Unis où selon une première étude d’opinion réalisée par Reuters/Ipsos, entre le 28 février et le 1er mars 2026, 43 % des Américains désapprouvent les frappes militaires américaines contre l’Iran, tandis que 27 % les approuvent.
5/ Quant à ce nouvel impérialisme américain trumpien, pour s’exprimer et se réaliser, il a besoin de dénoncer le Droit – et notamment le droit international – devenu, comme l’ONU, un obstacle à cette soif de « grandeur américaine », de puissance et de domination fondées sur la force. La tentation peut être forte de vouloir redessiner les frontières du monde mettant en cause la souveraineté des États et la paix. TRUMP surfe également sur l’apathie de la société internationale… Car, à l’exception d’un certain nombre d’États du continent africain, la société internationale, notamment européenne, fait montre d’une grande indulgence… Ainsi pour les européens, l’invasion de l’Ukraine est contraire au droit international, mais pas l’attaque de l’Iran… Deux poids deux mesures dans l’attachement au droit international qui est à géométrie variable selon la géopolitique des conflits…
Louis SAISI
Paris, le 3 mars 2026
NOTES
[1] Yoann STIMPFLING : « Exceptionnalisme américain : prophétie ou mythe fantasmagorique ? » in Revue en ligne Le Parrhésiaste, Revue qui se positionne comme voulant pratiquer la libre parole et le franc-parler ou la « parrhèsia ». Selon le journaliste et essayiste Jean-Luc MARTIN-LAGARDETTE, « Foucault montre, dans Discours et vérité, que la franchise et la sincérité du parrèsiaste ne sont pas seulement des qualités psychologiques, mais qu’elles peuvent revêtir des dimensions politique (en interrogeant le rapport entre démocratie et vérité), éthique (le rapport de soi avec la vérité) et enfin philosophique (débouchant sur les Lumières et l’attitude critique). » (in, Le « dire vrai » : une exigence à haut risque) », voir « Le “dire vrai” : une exigence à haut risque, selon Michel Foucault », par Jean-Luc MARTIN-LAGARDETTE (23/03/16), in Ouvertures, le temps du citoyen (en ligne).
[2] Dont il deviendra le 50e État de l’Union en 1959.
[3] Donald TRUMP persiste et signe. Le Washington Post a dévoilé récemment le plan détaillé du projet de « Riviera du Moyen-Orient » à Gaza du président américain. Un document d’une quarantaine de pages pour préparer l’après-guerre dans l’enclave palestinienne qui vise notamment à déplacer 2 millions d’habitants de Gaza.
Le plan, évoqué pour la première fois en février, prévoit notamment de donner5.000 dollars en cash et quatre ans de loyer à tout habitant qui accepte de partir. À cela s’ajoute un an de nourriture. C’est le deal proposé aux Gazaouis pour quitter leurs terres qui passeraient sous contrôle américain. En échange de leurs parcelles, ils obtiendraient un jeton qui leur permettrait de financer leur vie ailleurs ou le droit de revenir dans les villes construites sur la bande de Gaza. Selon le document, ces villes seront futuristes, basées sur l’intelligence artificielle. Le projet comporte même une carte montrant les différents nouveaux quartiers. Une partie de la ville serait nommée « Zone Industrielle intelligente Elon MUSK« . Lors du lancement du Conseil de la paix, à Davos (Suisse), le 22 janvier 2026, le gendre du président américain, Jared KUSHNER, présente un plan de développement pour Gaza. Exhibant une esquisse comprenant des dizaines de tours d’appartements avec des terrasses surplombant des allées ombragées, il a promis que ce paysage remplacerait les ruines laissées par la guerre. « Au Moyen-Orient, ils construisent des villes comme ça, pour deux ou trois millions de personnes, ils le font en trois ans », a-t-il dit. « C’est faisable en trois ans si nous voulons que ce le soit. »
[4] Le Monde, les décodeurs, Guerre en Ukraine, 27 février 2025 : » Les contre-vérités de Donald Trump sur les aides à l’Ukraine, pour faire pression au moment de l’accord sur les ressources minières ».
[5] Le Monde, ibid.
[6] Kiev et Washington ont scellé le 30 avril 2025 un accord prévoyant que les Etats-Unis investiront dans l’exploitation de minerais, de pétrole et de gaz de l’Ukraine, alors que les autorités américaines cherchent à réduire leur aide militaire fournie à ce pays ravagé par l’invasion russe. Les deux Etats doivent mettre en place un fonds d’investissement financé et géré à parts égales pour la reconstruction de l’Ukraine.
L’Ukraine apportera au fonds des redevances tirées de « nouvelles » licences sur ses matières premières (pétrole, gaz, minerais rares) tout en conservant le contrôle de toutes ses ressources naturelles et infrastructures. L’accord couvre 57 types de ressources minérales, notamment gaz, pétrole, titane, lithium et des minerais rares.
[7] S’étant traduites par l’épisode douloureux pour l’Ukraine de l’humiliation de ZELENSKY dans le bureau ovale de la Maison Blanche en février 2025.
[8] Le Vatican n’est-il pas un lieu qui incarne la recherche de la paix et du dialogue et d’où le Saint-Siège développe une active présence apostolique partout dans le monde ?
[9] Kiev et Washington ont scellé le 30 avril 2025 un accord prévoyant que les Etats-Unis investiront dans l’exploitation de minerais, de pétrole et de gaz de l’Ukraine, alors que les autorités américaines cherchent à réduire leur aide militaire fournie à ce pays ravagé par l’invasion russe. Les deux Etats doivent mettre en place un fonds d’investissement financé et géré à parts égales pour la reconstruction de l’Ukraine.
L’Ukraine apportera au fonds des redevances tirées de « nouvelles » licences sur ses matières premières (pétrole, gaz, minerais rares) tout en conservant le contrôle de toutes ses ressources naturelles et infrastructures. L’accord couvre 57 types de ressources minérales, notamment gaz, pétrole, titane, lithium et des minerais rares.
[10] Ainsi, le 21 janvier 2025, quelques jours après la visite très controversée de Donald TRUMP, le Danemark a aboli les « tests de compétences parentales » jugés discriminatoires car sur leur base ils permettaient aux services sociaux de retirer aux parents issues de familles inuites la garde et l’éducation de leurs enfants (Le Parisien week-end du 27 février 2026 : « Groenland-Danemark, de l’union forcée au mariage de raison », par Chloé BELLERET, p. 25.
[11] Henry CLAY (1777-1852), avocat et un homme d’État américain, contribua à faire entrer les États-Unis dans la guerre de 1812 (1812-1815). En 1810, CLAY qui avait acquis une base de soutien suffisamment solide dans le Kentucky, se présenta au Congrès américain, à la Chambre des représentants, préférant la « turbulence » de cet organe populaire au « calme solennel de la chambre du Sénat ». En 1811, il se rendit à Washington, D.C., pour siéger au douzième Congrès. À l’époque, la guerre se préparait entre les États-Unis et le Royaume-Uni à la suite du fait que les Britanniques avaient enrôlé de force des marins américains dans la Royal Navy et soutenaient des nations autochtones hostiles, des actes que les États-Unis considéraient comme une menace pour leur souveraineté et leur honneur national. Il fit également partie de la délégation américaine chargée de négocier le traité de Gand (24 décembre 1814), qui mit fin au conflit et rétablit les frontières d’avant-guerre.
[12] John Caldwell Calhoun (1782 -1850), avocat, théoricien politique et homme d’État américain, fut le premier vice-président des États-Unis à être né après la Déclaration d’indépendance, ce qui fit de lui le premier citoyen américain de naissance à exercer cette charge, tous ses prédécesseurs étant nés sujet de l’Empire britannique. Il fut le théoricien de l’idéologie sudiste dont une grande partie de son œuvre politique visait à justifier le mode de vie des citoyens des États du Sud (qui formèrent par la suite la Confédération) et à protéger leurs droits vis-à-vis du Gouvernement fédéral. Élu comme républicain démocrate au Congrès des États-Unis du 4 mars 1811 au 3 novembre 1817, il se distingua, durant cette période, comme un membre influent du groupe nationaliste dirigé par Henry CLAY appelant à la guerre contre l’Angleterre.
[13] Cette bataille se déroule alors que le traité de Gand mettant fin à la guerre était déjà signé depuis le 24 décembre 1814, bien qu’il ne sera ratifié par le Sénat des États-Unis que le 16 février 1815.
[14] The Conversation (site) : « Les États-Unis ont passé des décennies à faire pression pour mettre la main sur le pétrole vénézuélien », Publié le 17 janvier 2026 (James TRAPANI, Associate Lecturer of History and International Relations, Western Sydney University).
[15] L’’OPEP – qui a été créée le 14 septembre 1960 – est une organisation intergouvernementale de pays producteurs de pétrole visant à négocier avec les sociétés pétrolières pour tout ce qui touche à la production de pétrole, son prix et les futurs droits de concession. Son siège, depuis 1965, est à Vienne en Autriche. Les membres, qui constituent un cartel, se mettent d’accord sur la quantité et le prix du pétrole exporté. C’est lors de la Conférence de Bagdad, principalement à l’initiative du chah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi qu’avec le ministre saoudien du Pétrole et des Ressources minérales Abdullah Tariki et le ministre vénézuélien des Mines et des Hydrocarbures Juan Pablo Pérez Alfonso est décidé la création de l’OPEP pour pallier la baisse du prix du baril (moins de 5 dollars américains à l’époque). La prise de contrôle de la production de pétrole se fit par une politique de nationalisation. Étant maîtres de leur production, les pays producteurs peuvent de cette manière influencer le cours du baril de pétrole et ainsi augmenter leurs revenus. À l’origine, seuls cinq pays en étaient membres : l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Venezuela (aujourd’hui 12 pays).
[16] Hugo Chavez commence sa carrière comme officier militaire en fondant, au début des années 1980, le Mouvement révolutionnaire bolivarien-200 au sein de l’armée et en donnant des conférences enflammées contre le gouvernement en place.
[17] Hugo CHAVEZ – qui se réclamait du bolivarisme – avait pour objectif l’établissement du « socialisme du XXIe siècle », grâce à la mise en place d’un ensemble de réformes, désigné sous le nom de « Révolution bolivarienne. » Ces réformes portaient sur la promulgation d’une nouvelle Constitution, une politique de « démocratie participative » et la nationalisation des industries clés. Les ressources naturelles du Venezuela – premières réserves de pétrole au monde – et la hausse du prix des matières premières des années 2000 lui permirent de financer un ensemble de politiques sociales, permettant notamment une réduction drastique du taux de pauvreté dans le pays et suscitant l’enthousiasme d’une partie de la gauche et des nationalistes-révolutionnaires à l’échelle internationale.
[18] Lors du coup d’État de 2002 au Venezuela, les États-Unis se sont empressés de reconnaître le gouvernement de Pedro CARMONA contre Chávez. Après son retour au pouvoir, Chávez a affirmé qu’un avion de la Force aérienne américaine avait survolé la base aérienne de l’île de la Orchila, où il était emprisonné.
[19] En 2015, OBAMA classa le Venezuela comme une « menace extraordinaire pour la sécurité nationale » et imposa des sanctions contre plusieurs responsables politiques vénézuéliens.
[20] Extrait de son discours sur la guerre prononcé à la Société des Amis de la Constitution, le 2 janvier 1792 : Source : Œuvres de Maximilien Robespierre, Tome VIII, Édition du Centenaire de la Société des études robespierristes, Éditions du Miraval à Enghien-les-Bains, p. 48 et 49.
[21] Le Courrier International, 10 janvier 2026 : « Déjà à genoux, Cuba se rapproche du gouffre »
[22] Considéré comme la Bible des milieux d’affaires, The Wall Street Journal , selon Le Courrier International, publie des enquêtes et reportages de grande qualité, avec un souci de neutralité. Toujours selon la même source, il a par ailleurs évolué vers une formule plus généraliste afin de rivaliser avec The New York Times. Avec 468 000 abonnés papier à la fin du premier semestre 2024, The Wall Street Journal a le plus grand tirage des quotidiens aux États-Unis. Et même s’il est derrière The New York Times en termes d’abonnés en ligne, il comptait tout de même, à cette date, près de 4,3 millions d’abonnés au total (papier et web).
[23] Voir nos articles « LES ÉTATS-UNIS : UNE HISTOIRE CONSTANTE D’EXPANSIONNISME TERRITORIAL DE LA NATION AMÉRICAINE CONSIDÉRÉE COMME « ÉLUE DE DIEU » » (notamment II/ L’idéologie impérialiste américaine du 20ème siècle, C/ L’idéologie impérialiste américaine héritière de la vision du monde des présidents Theodore Roosevelt et Woodrow Wilson (1949-1989), 2/ La nouvelle frontière de John F. KENNEDY (1961), ce site, 17 février 2026, https://ideesaisies.deploie.com/les-etats-unis-u…-par-louis-saisi/ ) ; Il était une fois l’OTAN, notamment VI/ Retour sur les temps chauds de la « guerre froide » : l’OTAN d’hier et son grand silence dans un monde bipolaire (1949-1991), B/ La crise de Cuba, 2/ La crise des fusées de CUBA (14-28 octobre 1962), ce site 27 juin 2022, https://ideesaisies.deploie.com/il-etait-une-foi…-par-louis-saisi/.
[24] France 24, 12 février 2026 : « Cuba : le Mexique envoie de l’aide humanitaire, le Chili et la Russie à la rescousse »
[25] La Presse, 24 février 2026 : Cuba « Un convoi international d’aide humanitaire arrivera en mars ».
[26] Source AFP.
[27] David ADLER avait été impliqué dans la flotille « Sumud » (qui signifie « résilience » en arabe), une mission humanitaire qui a transporté des fournitures essentielles à GAZA en août et septembre 2025. ADLER a été également coordinateur général de l’Internationale progressiste et a été libéré par les autorités israéliennes après cette mission humanitaire pacifique sur GAZA.
[28] La Déclaration des Nations unies, signée le 1er janvier 1942 à Washington, est un texte dans lequel 26 nations s’engagèrent ensemble à poursuivre la guerre contre les puissances de l’Axe. Les « représentants de 26 pays s’engageaient à contribuer de la façon la plus complète à l’effort de guerre commun et à ne pas signer de paix séparée ». Parmi les nations signataires – toutes en état de guerre déclarée avec le Reich allemand – l’on trouve les « quatre gendarmes » (États-Unis, Royaume-Uni, URSS et Chine).
[29] Vie publique, 20 février 2026 : Première réunion du « Conseil de paix » de Donald TRUMP : les européens en observateurs.
[30] LeParakois : « La France dit non au Board of Peace ».
[31] Selon l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique), l’Iran serait le seul Etat non doté d’armes nucléaires à enrichir de l’uranium au niveau de 60 %, ce qui serait proche du seuil de 90 % nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique. Fondée en 1957, l’AIEA a normalement pour mission de promouvoir le développement pacifique de l’énergie nucléaire et de s’assurer que le nucléaire civil soit utilisé de manière responsable. Elle est également connue pour son rôle dans la coopération internationale dans le domaine du nucléaire au sein des Nations Unies. Mais, comme nous le verrons, l’AIEA ferme délibérément les yeux du côté de l’armement nucléaire d’Israël, ce qui doit nous conduire à relativiser son diagnostic.
[32] France Culture : « Comment Israël a secrètement acquis la bombe nucléaire ?» par Yann LAGARDE, publié le
[33] Ibid.
[34] Wikipédia : « Programme nucléaire israélien ».
[35] Ibid.
[36] MultiPol 360 : « Les installations nucléaires d’Israël devraient être placées sous le contrôle de l’AIEA ».
[37] Ibid.
[38] Ibid.
[39] IFRI 13/06/2025 : Sylvain GAILLAUD : « Les négociations États-Unis/Iran sur le nucléaire : les limites de la méthode Trump ».
[40] Cf. Le Diplomate (site) 22.06.2025 : « ANALYSE – Iran, Gabbard, et la doctrine Trump 2.0 : entre tension, dissonance et stratégie », par Angélique Bouchard .
[41] Ibid.
[42] Ibid.
[43] TN (Tunisie Numérique) International : « Les Etats-Unis et Israël frappent l’Iran : le Moyen-Orient bascule dans une nouvelle phase de guerre ».
[44] Le Monde (en ligne) 28 février 2025 : Le discours de Donald Trump annonçant les frappes américaines : « Nous veillerons à ce que l’Iran n’obtienne pas d’arme nucléaire ».
[45] Public Sénat, 24/02/2026 : « Pas d’amélioration pour le chef de l’Etat en termes de confiance, après un léger rebond le mois dernier dans une actualité de tensions avec les Etats-Unis. Seuls 23 % des Français le considèrent comme un bon président de la République, selon le baromètre Odoxa réalisé pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, publié ce 23 février. La cote de popularité du président de la République reste durablement, depuis la dissolution du mois de juin 2024, sous la barre des 30 % de bonnes opinions. Emmanuel Macron est toutefois remonté depuis le trou d’air d’octobre, où il était tombé à 20 % de popularité.»
[46] France 24, 2 mars 2026 : « Emmanuel Macron annonce que la France va augmenter le nombre de ses têtes nucléaires ».
[47] L’Orient le Jour, AFP 28 février 2026
[48] Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir d’urgence le samedi 28 février 2026 à 22 heures (heure française).
[49] IFRI 13/06/2025 : Sylvain GAILLAUD : « Les négociations États-Unis/Iran sur le nucléaire : les limites de la méthode Trump ».
[50] Comme on l’a vu, à partir de mars 2025 le QATAR met en cause le programme nucléaire israélien et fustige la passivité complice de l’AIEA. Mais le QATAR c’est aussi la base militaire américaine d’Al–Udeid implantée sur son territoire, qui est la base militaire la plus grande du Moyen-Orient. En 2018, elle hébergeait environ 10 000 soldats américains (sur environ 60 000 déployés au Moyen-Orient), un contingent de la Royal Air Force britannique ainsi qu’une part significative des Forces armées qatariennes et françaises, pour un total d’environ 13 000 hommes.
[51] Jacques PORTE : Histoire des Etats-Unis, Chapitre 7 – Les États-Unis de Roosevelt (1933-1945), Pages 201 à 256, Collection U, Ed. Armand Colin, Paris, 2013, 424 pages.