Présidentielles 2022 : ceux qui font le « premier », et la posture conditionnée de « second » par Louis Saisi

Présidentielles 2022 : ceux qui font le « premier », et la posture conditionnée de « second »

par Louis Saisi

 

Sondagiomania! C’est ainsi que nous pourrions qualifier les prédictions auxquelles se livrent de plus en plus, et avec délices, nos savants instituts de sondages avant toute consultation électorale. Dans notre pays réputé « démocratique », les sondages sont en train d’écrire abusivement les résultats de la prochaine présidentielle, comme si, celui des candidats, donné comme « premier » du prochain 1er tour des présidentielles, avait déjà été démocratiquement présélectionné par le suffrage universel… Mais ces sondages sont eux-mêmes le reflet de la propagande centrale d’Etat et des canaux périphériques d’information-désinformation que sont les médias dont la proximité avec le pouvoir politique n’est plus à démontrer… Le pouvoir politique et les médias façonnent ainsi insidieusement mais avec constance l’opinion de nos concitoyens. Les sondages ne font plus qu’exprimer ensuite le résultat de ce façonnage pour l’imposer comme une « vérité » scientifique ou technique aux partis politiques et candidats qui, souvent, en prennent leur parti et perdent alors le goût de la bataille politique, convaincus qu’ils ne représentent mécaniquement que telle portion plus ou moins substantielle du découpage de l’opinion en portions de camembert, et estimant que tout est déjà joué avant l’élection qui est ainsi transformée en une caisse enregistreuse de ce  déterminisme, lequel est, au contraire, très socialement construit.

I/ Ceux qui font le « premier »

Tous les sondages nous disent que « Macron décolle », alors que depuis longtemps nous savons que, outre sa posture avantageuse de « président sortant », il est devenu aussi le « candidat officiel » adoubé par des médias trop complaisants au service d’intérêts puissants. Il est ainsi donné en tête par les officines de sondage, dépassant largement tous les autres candidats qui, loin derrière lui, font pâle figure. Ce sont donc les sondages qui font de lui le « premier » de tous les candidats au 1er tour en termes d’intentions de vote. Et ce, bien qu’un sondage ne soit pas un vote et que nous soyons encore à quelques semaines de l’élection présidentielle.

A/ L’utilisation abusive de la présidence de l’Union européenne et son irruption dans l’élection présidentielle française

Les médias et ses partisans tressent des lauriers à notre Président et l’encensent en ne cessant, par exemple, d’invoquer sa stature  prédominante de président de l’Union européenne, comme si cette fonction résultait d’une élection particulière ou d’un sacre alors qu’il s’agit d’une présidence tournante, à la fois institutionnelle et automatique, ne demandant pas des qualités exceptionnelles, et cela d’autant plus que c’est la France – avec, à sa tête, son Président en tant que Chef de l’Exécutif français – qui a pris pour 6 mois (janvier à juin 2022) la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Après le Portugal, qui a assumé cette fonction de janvier à juin 2021, puis la Slovénie au semestre suivant, c’est désormais la France qui assure la présidence tournante de l’institution depuis le 1er janvier 2022. Par ailleurs, on n’a jamais autant parlé de cette « présidence tournante » dans nos médias, comme si c’était la première fois que la France assumait cet office dont on sait par avance qu’à cette place et dans ce rôle, le président MACRON ne fait que représenter les intérêts très divers, multiples et complexes, des 27 États membres de l’UE face à la Commission et au Parlement européens.

En 1959, la France avait pris, pour la première fois, la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Une fonction qu’elle a occupée 12 fois, au total, dont la dernière fois en 2008.

C’est le 19 janvier 2022 qu’Emmanuel Macron a présenté devant le Parlement européen son projet pour la présidence française de six mois du Conseil de l’Union européenne (PFUE), et a répondu ensuite aux eurodéputés.

L’exercice ne va pas sans contradictions par rapport à la doxa de l’Union européenne sur laquelle notre Président a construit sa vision néolibérale de la société française. Ainsi la course frénétique à l’instauration du grand marché européen n’est pas exempte d’ambigüités en matière de protection des libertés et droits individuels.

Certes, sur le plateau positif, il y aura la conduite à leur terme  des projets de règlements Digital Services Act (DSA) et Digital Markets Act (DMA), que la Commission européenne a publiés le 15 décembre 2021 qui devraient permettre la mise en œuvre d’un nouveau cadre de régulation destiné à mettre fin à l’irresponsabilité des géants du numérique (le Parlement européen s’étant prononcé à la suite de la Commission, ce sera au Conseil de l’UE sous la présidence française de se prononcer à son tour).

Mais il reste qu’en appelant de ses vœux l’émergence d’un « véritable marché unique du numérique, permettant de créer des champions européens » – au sein duquel la « start-up » nation française sera probablement appelée à se fondre, sur fond de simplification du droit européen – l’on est en droit de s’interroger sur la pertinence d’un tel « marché » du Numérique au niveau européen, notamment par rapport aux abus actuels d’un certain nombre d’applications numériques.

Même contradiction quant à l’idée d’avancer vers un « salaire minimum décent » dans les pays de l’Union européenne au cours de la présidence française de l’UE au premier semestre 2022. Ici aussi, la tension entre le principe de la concurrence interne à l’intérieur du grand marché européen entre tous les Etats membres de l’Union européenne et la juste rémunération du travail avait considérablement favorisé certains Etats membres tardivement arrivés à l’intérieur de l’Union et pratiquant une certaine forme de « moins disant social ».

C’est ainsi que l’écart de salaires entre les pays d’Europe de l’Ouest et de l’Est crée, comme on le sait, un déséquilibre au sein de l’UE. Mais l’institution d’un « SMIC européen » ne se traduira pas par un alignement des pays d’Europe centrale et orientale sur celui de la France. En effet, au prix de tractations laborieuses au sein de l’UE, on a fini par se mettre d’accord sur un texte posant l’émergence d’un salaire minimum dit « adéquat » et « juste » pour tous les pays européens​.

Il s’agirait seulement d’un salaire minimum dans chacun des pays européens défini à partir d’un pourcentage fixe du salaire médian dans le pays en question, ce qui ne mettra donc pas fin aux disparités salariales entre les pays de l’Union européenne.

De manière assez alambiquée, MACRON a défendu l’idée d’un salaire minimum, moins comme une avancée sociale dans les pays en étant actuellement dépourvus que comme la solution mettant fin à l’inconvénient d’une forme de concurrence entre les travailleurs des différents pays européens pouvant nourrir une certaine défiance à l’égard du bloc européen.

Déjà, la directive sur des salaires minimums « adéquats » – qui avait été présentée en octobre 2020 – avait obtenu l’accord du Parlement européen, puis, à la fin de 2021, du Conseil représentant des États membres.

Cette « directive sur les salaires minimums » dans l’Union européenne définit non pas un SMIC européen mais une moyenne destinée à tirer tous les bas salaires vers le haut grâce à un salaire minimum décent.

Mais cette réforme ne manque pas d’opposants au sein de l’Union européenne : les plus libéraux du point de vue économique, les pays d’Europe centrale et orientale – comptant le plus grand nombre d’Etats au sein de l’UE depuis leur intégration – craignent de perdre leur avantage de compétitivité lié aux bas salaires… Mais ils ne sont pas les seuls opposants car les pays nordiques rechignent de voir une loi européenne leur imposer un salaire minimum qui les empêcherait de continuer à pratiquer la négociation collective, clé de voûte de leur modèle social national.

On est encore loin d’un modèle social européen dont la construction n’a pas été prioritaire mais pragmatique et progressive. Ainsi, au départ, le traité de Rome ne définissait pas de politique sociale mais s’était fixé comme objectifs sociaux fondamentaux : la promotion de l’emploi, la lutte contre l’exclusion, l’amélioration des conditions de travail. Aujourd’hui, sans jamais aboutir à un modèle unique – car ce secteur relève toujours de la compétence des Etats -, le droit communautaire a progressivement conduit à des harmonisations et à des transferts de compétences vers les institutions européennes.

B/ Et si l’on ramenait cette présidence de l’UE à ses justes limites ?

Au cours de sa présidence, le président MACRON incarnera “plus la position d’un faiseur de compromis que d’aiguillon”, comme le rappelait récemment Florent PARMENTIER, secrétaire général du CEVIPOF, et enseignant à Sciences Po (structure pourtant rarement avare de compliments à l’égard de ceux qui exercent le « pouvoir », notamment Exécutif).

Pour le moment, il est encore bien trop tôt pour dire ce que sera cette présidence tournante d’Emmanuel MACRON et ce que seront ses éventuels aspects positifs ou, au contraire, négatifs ou contestables.

Il reste qu’en France, sur un fond de macromania quasi permanente (manie et déviation consubstantielle à la fonction présidentielle qui affecta également la pratique de ses prédécesseurs avec la cour de leurs fidèles et obligés), l’on est dans du vent communicationnel soufflant les louanges de notre Président à propos de tout ce qu’il affirme dans ses discours, sans se préoccuper de l’efficience et du résultat !

C/ Le dossier russo-ukrainien

Pour n’évoquer que ce dossier brûlant, dans la crise russo-ukrainienne, par exemple, notre Président, versant dans une approche purement factuelle et émotive, n’a jamais formulé au sein d’un bloc occidental – qui ne fut jamais aussi monolithique – aucune proposition de compromis à partir de laquelle les deux belligérants auraient pu s’asseoir autour d’une même Table pour rechercher un accord de paix.

D/ Le culte très peu républicain de la personnalité et de l’homme providentiel et la propagande d’Etat

La France est une « République » dont l’originalité est de se donner un Chef – le président de la République – qui se distingue à la fois de tous les autres gouvernants et plus encore de ses concitoyens en étant doté d’attributions constitutionnelles importantes dans l’exercice desquelles il échappe à tout contrôle politique. Il ne peut être politiquement atteint qu’indirectement et à travers le gouvernement – avec à sa tête un Premier Ministre qu’il nomme et révoque – responsable devant l’assemblée nationale. Le culte extravagant de la personnalité au bénéfice de tout détenteur de l’autorité est un phénomène ayant perverti de nombreux systèmes politiques en véritables dictatures au profit et à la gloire d’un dirigeant politique. C’est ainsi que ce culte de la personnalité fut brocardé par l’incomparable HERGE dans les années 50 dans l’album de Tintin consacré à l’affaire Tournesol dans laquelle l’auteur de bande dessinée belge mettait en scène le Maréchal Plekszy-Gladz qui exerçait un pouvoir absolu sur la Bordurie, Etat imaginaire. Le culte de la personnalité dont il était l’objet rappelait celui dont bénéficiait Staline qui, rappelons-le, en décembre 1954, quand débuta dans le « Journal Tintin » la prépublication de L’Affaire Tournesol, était mort quelques mois auparavant, le 5 mars 1953. L’on pensait la France à l’abri de telles dérives autocratiques autour du culte de la personnalité se portant sur l’un de ses dirigeants placé au sommet de l’Etat.

En France, la révolution culturelle de Mai 68 – dénonçant, entre autres, une société patriarcale fondée sur le culte de l’autorité abusive et sans contrôle – s’est aujourd’hui bien éloignée de nous sur le plan politique. En effet, la vénération de l’autorité, antérieure à la révolution de 68 précitée, généra le culte de la personnalité – subrepticement instauré en France en 1958 avec la mise en place des institutions de la 5ème République autour de la personne du général de GAULLE – qui survécut constitutionnellement à l’évolution de notre société vers un modèle culturellement moins rigide au niveau des mœurs ainsi que dans les relations intergénérationnelles. Malgré ses ravalements chroniques de façade (pas moins de 24 réformes constitutionnelles depuis 1958), notre Constitution consacrant la forte prééminence de l’Exécutif est devenue notre modèle immuable depuis plus de 60 ans. Elle constitue un carcan s’éloignant de plus en plus d’un modèle démocratique et génère depuis plusieurs décennies le phénomène d’une abstention politique chronique attestant, aujourd’hui, de l’existence d’une grave crise de notre système de représentation. Si notre classe politique n’est pas exempte de reproches dans cet affaissement de notre démocratie représentative, les médias portent également une large part de responsabilité dans ce déclin général car ils ne s’intéressent qu’aux puissants en place et préfèrent en général se pencher plutôt sur les gouvernants et acteurs du landerneau politique que sur le peuple, les idées, les structures et leurs contradictions, en mettant l’accent sur des choses conjoncturelles, factuelles et souvent anecdotiques. Leur narration de l’actualité à travers leurs textes assez pauvres est une simple photographie instantanée d’une réalité réduite à sa plus simple expression sans aucun effort rationnel pour en remonter jusqu’aux causes. Cette sphère médiatico-politique bat son plein d’arrogance et de suffisance. Elle est faite de complicités et de connivences entre tous ceux qui, de près ou de loin, partagent le même intérêt pour conserver et pérenniser le système politico-social actuel qui profite à une minorité de dominants. Elle aboutit tout naturellement à mettre l’esprit civique en veilleuse avec un temps fort de régression citoyenne tous les 5 ans destiné à nous faire prendre la surface des choses pour une lecture rigoureuse de leurs multiples facettes en occultant la profondeur et la complexité des racines des problèmes politiques du moment.

Ensuite, avec l’élection du Président, et le phénomène majoritaire aidant, nous tombons, sous couvert de « communication » de l’Exécutif, dans de la propagande officielle d’Etat relayée quotidiennement par des radios du service public ou d’autres radios périphériques – guère plus objectives – ainsi que par des interviews TV respectueuses jusqu’à la déférence envers notre très « Illustrissime » occupant du palais de l’Elysée…

La propagande d’État, loin d’être l’apanage de certains États en délicatesse avec la démocratie, se répand ainsi en France, certes de manière plus subtile, avec la coupable complicité d’un certain nombre de journalistes accommodants sinon complaisants rattachés à des médias pourtant en principe réputés « libres » et « indépendants » mais ayant oublié, depuis trop longtemps, leur travail d’information et d’éclairage des citoyens pour leur permettre d’exercer leur liberté de choix…

Le conditionnement des esprits et le façonnage de la pensée conforme et unique atteignent un niveau insoupçonné et l’on s’étonne ensuite des résultats de certains sondages qui attestent seulement que la propagande d’Etat et collatérale a fait son œuvre et « fonctionne » bien…

II/ La curieuse posture enviée de « second »

Face à MACRON, tous les candidats à la présidence ont curieusement intériorisé une posture de « second ».

A priori au moins, si MACRON est invariablement donné comme « le premier » par les sondages, ce devrait être le travail de tous les autres candidats de le mettre normalement en difficulté et même en mauvaise posture, au lieu de se comparer et de s’affronter entre eux pour savoir qui sera « le second », et ainsi en acceptant de ne s’affronter à lui seulement qu’au 2ème tour. Mais, alors, il sera trop tard pour la majorité d’entre eux car un seul d’entre eux l’affrontera.

Et d’ailleurs, même celui qui sera sélectionné comme « second », pour l’affronter au 2ème tour, partira trop tard avec un handicap certain sur le président sortant qui aura largement développé ses thèmes politiques de campagne au 1er tour.

Or, actuellement, comme au palmarès des « César » du cinéma français, c’est à une guerre du « meilleur second rôle » que se livrent tous les autres candidats pour pouvoir être dans cette posture de « second ». Chacun des candidats étripe les autres candidats rivaux pour la 2ème place, à l’exception de MACRON, qui, étant donné « premier », est dans un statut à part, celui d’invulnérabilité.

A/ Mais quel est donc celui qui a gouverné pendant 5 ans ?

C’est MACRON, bien sûr, qui est en fin de mandat aujourd’hui.

C’est lui qui gouverna pendant cinq ans, et qui prit, au cours de son quinquennat, un certain nombre de mauvaises décisions.

Et sans être ici exhaustif, rappelons que c’est lui qui, entre autres, fit descendre les « gilets jaunes » dans la rue pendant plus d’un an (jusqu’alors du jamais vu en France),

 

 

 

C’est sous MACRON que furent élaborées les ordonnances « travail » mettant en cause les grands principes du Code du Travail en lui substituant des accords d’entreprise entre salariés et employeurs s’avérant globalement régressifs pour les travailleurs et générant des inégalités entre salariés quant aux conditions générales de leur emploi en France à ls suite de l’effacement de la loi. C’est encore lui qui privatisa la SNCF devenue une curieuse « société anonyme », avec l’Etat comme seul actionnaire, depuis le 1er janvier 2020, en marquant la fin de l’épopée du service public du rail.

 

C’est aussi lui qui proposa une retraite dite « systémique » très opaque ayant mis les organisations syndicales et les travailleurs dans la rue au point qu’il dut l’abandonner en cours de route. Mais, attention, il y revient encore aujourd’hui en chaussant le petit bout de sa lorgnette pour préconiser, dans son mini programme de 2022, l’allongement de la durée du travail à 65 ans.

C’est enfin encore lui qui supprima l’impôt sur la fortune, etc.

Et pourtant, assez paradoxalement, tous les candidats prétendants fichent une « paix royale » au président MACRON ou, en tout cas, sont assez discrets sur son bilan, lui permettant de faire une promenade de santé dans ces présidentielles au point de le dispenser de conduire une campagne électorale de premier tour (ce que certains appellent « enjamber » l’élection) …

Mais, à qui la faute ?  En tout cas, moins au président sortant qu’aux candidats eux-mêmes qui ne nous donnent guère le sentiment de se battre avec conviction pour être, chacun, « le premier » en contestant radicalement le bilan social et politique de MACRON !

B/ Le conditionnement des candidats dans leur rôle de « second »  

C’est une grave erreur de tactique de laisser le président en position de « favori »…  En effet, presque tous les candidats ont une tactique de 2ème tour en adoptant la modeste posture de « seconds » ou de « soumis » face au mâle dominant la tribu politique.

Certes, le pouvoir politique en place rêve d’un « remake » de 2017 : MACRON contre LE PEN (Marine) au 2ème tour donnant à nouveau toutes ses chances d’une réélection au président sortant… Et dans l’empressement de François BAYROU d’apporter son propre parrainage à la responsable du RN [1] l’on peut se demander si cela ne relève pas d’un calcul politicien plutôt que du simple jeu d’un attachement au pluralisme des idées et du débat démocratique. Certains n’ont pas hésité jusqu’à aller parler du « coup de Pau pour Marine Le Pen »[2]…

C’est dire combien au sein de la coalition partisane dominante LREM/MoDEM l’on ne doute guère de la position hégémonique d’Emmanuel MACRON sur les autres candidats.

Mais pourquoi les autres candidats représentant pourtant des courants de pensée et d’opinion bien ancrés dans notre histoire nationale se sont-ils tous laissés à ce point démobiliser par les sondages donnant MACRON largement en tête au 1er tour, comme si nous l’avions déjà élu, et, pire, ne songent même plus à le détrôner à la première place, ne s’attaquant eux-mêmes qu’aux prétendants à la 2ème place.

Or, en politique, il faut croire en la force propulsive des idées et du projet qu’on défend, non pour faire bonne figure et être simplement au « tableau d’honneur », mais pour conquérir le pouvoir et gouverner.

Et pour cela, dans notre élection à la présidence de la République, il faut être le premier dès le premier tour pour être ensuite une force conquérante et attractive au 2ème tour susceptible de mobiliser les hésitants ou ceux s’étant portés sur d’autres candidats du premier tour…

Qui aura enfin l’audace de détrôner MACRON dans son statut sondagier de « premier », aussi incertain qu’aléatoire, car ne résultant pas d’une élection qui est encore à venir ?

En démocratie, c’est le peuple qui est seul souverain et non les sondages.

Il agit collectivement comme un acteur politique majeur au moment de chaque élection qui constitue pour lui un moment privilégié du choix de ses représentants.

Ce ne sont pas les instituts de sondage qui sont chargés de nous dire qui seront demain nos représentants en nous enfermant dans un déterminisme pseudo scientifique ou technique prédictif nous dictant implicitement nos choix en nous laissant croire que tout est déjà joué à l’avance, et en nous privant ainsi de notre liberté de choix et d’appréciation.

Il faut donc oser affirmer, malgré les sondages et même contre eux, que la bataille du qui sera le « premier » du premier tour est toujours ouverte et n’est pas encore gagnée pour MACRON ni perdue pour les autres, pour peu que ceux-ci aient enfin envie de la gagner au lieu de réduire leur ambition à ne se vouloir que comme « second » ou à ne se compter seulement qu’en terme d’audience ou enfin en se bornant à ne vouloir faire de cette élection qu’une simple caisse de résonance de leurs idées.

Nos concitoyens attendent une confrontation de choix politiques et un projet de société et non une énième kermesse « présidémentielle » d’égos (« Moi, je »), comme celles de 2007, 2012 et 2017, pour ne pas remonter plus haut…

Sortons enfin de ce jeu préélectoral démobilisateur du « premier » et du « second »!

C’est à ce prix que nos concitoyens auront envie d’aller voter le 10 avril prochain.

Louis SAISI

Paris, le 15 mars 2022

NOTES

[1] Rappelons que François BAYROU est maire de PAU.

[2] Cf. InBefore : Parrainages : François Bayrou vole au secours de Marine Le Pen – InBefore.

 

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